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Lisée veut savoir « qui tire les ficelles à Québec solidaire », Massé perplexe

À gauche, le chef péquiste; à droite, le coporte-parole de Québec solidaire.

Qui est vraiment le chef de Québec solidaire?, a demandé Jean-François Lisée à Manon Massé, jeudi soir, lors du débat diffusé à TVA.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a vivement attaqué Manon Massé durant le dernier débat de la campagne électorale, en voulant savoir « qui tire les ficelles à Québec solidaire ». Cette question a « fait rire » la co-porte-parole de Québec solidaire qui, perplexe, a dit ne pas comprendre cette insistance.

Un texte de Romain Schué (Nouvelle fenêtre) et Jérôme Labbé (Nouvelle fenêtre)

« Les gens détestent les cachotteries » et ceux « qui tirent les ficelles dans l’ombre », a expliqué à l’issue de ce débat devant les journalistes Jean-François Lisée, tout en soulignant la « popularité » de Manon Massé.

Cette question est « d’intérêt public », a-t-il ajouté.

Le chef du Parti québécois a interpellé Manon Massé dès les premières minutes du débat organisé par le réseau TVA. Au bout de sept minutes, Jean-François Lisée a interrompu un échange portant sur la santé pour questionner la co-porte-parole de Québec solidaire.

« Moi, je dis, ma mère est féministe et a toujours demandé à ce qu’on soit traité à égalité. On est d’accord? […] Ici, c’est le débat des chefs », a-t-il assuré.

« Une fois, je vous ai demandé sur un sujet : "Qu’est-ce que votre parti va dire?" Vous m’avez répondu : "Je vais en parler à mon patron". Là, j’ai réalisé que c’est vrai, vous êtes la co-porte-parole, vous n’êtes pas le chef de Québec solidaire. Qui est le chef de Québec solidaire et pourquoi il n’est pas au débat des chefs? », a demandé le chef péquiste.

Cette question qui serait « au centre de la démocratie d’un parti politique » serait « essentielle », a clamé Jean-François Lisée, en demandant au « chef » d’accorder « une conférence de presse » aux médias.

Il n’a cependant pas voulu en dire davantage sur son « expérience personnelle », où « dans l’ombre, le chef déchire le document » signé par les co-porte-parole, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, qu’il dit par ailleurs trouver « formidables ».

Qui est le patron des porte-parole? Pour qui parlent-ils? Des questions doivent être posées. Le chef de Québec solidaire, c’est bizarre, on ne le connaît pas.

Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

Manon Massé ne comprend pas

« Il n'y a pas de chef, je vous le dis », a dit en riant l’intéressée devant les journalistes après l'événement.

Depuis la création du parti en 2006, a-t-elle fait savoir, Québec solidaire fonctionne d'une manière identique.

« Je pense que M. Lisée est probablement le seul au Québec à ne pas savoir que Québec solidaire n’a pas de chef, a-t-elle lancé. On a deux co-porte-parole, vous le savez très bien. Alors je ne sais pas pourquoi il a insisté sur cette question-là. »

Sans le dire lors du débat, M. Lisée faisait référence à l'échec de la convergence entre le Parti québécois et Québec solidaire, en vue des élections. Une décision, prise par les membres de QS, qui a déçu le PQ.

« En fait, ce qui est extraordinaire, c’est que nous, on a appris à partager le pouvoir. Et cette pratique-là, c’est une pratique démocratique nécessaire quand on veut changer le monde et quand on veut faire l’indépendance », avait-elle réagi durant le débat.

On est deux co-porte-parole : un homme, une femme. Savez-vous pourquoi? Pour toujours nous assurer qu’il y aura une femme et un homme qui sont les porte-parole de ce parti-là. Moi, je trouve ça extraordinaire.

Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire

Québec solidaire a bien un chef

Outre les deux co-porte-parole, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, qui ont été élus par les délégués du parti en mai 2017, Québec solidaire dispose bien d’un chef, en vertu de la loi électorale. Il s’agit de Gaétan Châteauneuf. Le parti dispose également d’une présidente : Nika Deslauriers.

Ce chef, a expliqué Jean-François Lisée dans une entrevue accordée à Radio-Canada, « a un réel pouvoir » et « il n’est pas montré ».

Pourquoi a-t-il attendu le 29e jour de la campagne électorale pour en parler? « Parce que c’est le jour où il y a le plus grand nombre de personnes qui écoutent. Et c’est le jour où on avait un format où je pouvais poser directement la question à Mme Massé », a-t-il détaillé.

Appel de Lisée aux électeurs solidaires

Par ailleurs, Jean-François Lisée a lancé dans la soirée un appel aux électeurs tentés de voter pour Québec solidaire.

« Dans quatre ans, les libéraux ne pourront pas profiter de la division, on aura réformé le mode de scrutin – un engagement solennel. Mais dans notre système actuel, dans 11 jours, si on veut éviter le retour des libéraux, il faut se rassembler autour du grand parti de coalition qu'est le Parti québécois », a-t-il lancé au cours de son discours de clôture.

Manon Massé, de son côté, n’a pas voulu parler des autres partis. « Mes adversaires, ce n’est pas ces trois personnes-là : c’est la peur. La peur. La petite voix intérieure, qui dit qu’il faut faire comme d’habitude, faut aller dans les mêmes tracks, faut jouer les mêmes règles du jeu. »

« Vous savez très bien que si l’un de ces trois-là est élu la prochaine fois, dans quatre ans, on se retrouve exactement à la même place, dans le même Canada, sans avoir les leviers pour pouvoir nous tenir debout dans le concert des nations », a-t-elle mentionné.

Avec la collaboration de Julie Marceau

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