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Les travailleurs de l'ombre des campagnes électorales

Une bénévole répond aux appels dans le local électoral de la candidate libérale Maryse Gaudreault.
Une bénévole répond aux appels dans le local électoral de la candidate libérale Maryse Gaudreault. Photo: Radio-Canada / Benoit Roussel
Radio-Canada

Ils font les appels, installent les affiches, gèrent le calendrier de la campagne ou encore conduisent les électeurs au bureau de vote. Derrière les candidats bien visibles sur les pancartes et dans les médias se trouve une foule de travailleurs de l'ombre.

Un texte de Mathieu Gohier, de l’émission Les coulisses du pouvoir

Les équipes de campagne électorale ont à leur disposition plusieurs moyens technologiques pour les aider à faire sortir le vote le jour du scrutin. Mais outre ces outils, les bénévoles, le pointage ou encore le bon vieux porte-à-porte jouent toujours un rôle clé en 2018.

Rencontrée dans son local électoral, la candidate du Parti libéral du Québec (PLQ) et députée sortante de Hull, Maryse Gaudreault, vante le dévouement et la qualité de l’équipe de militants qui l’entoure.

« Je dirais qu’il y a à peu près une quarantaine de personnes qui transitent autour de notre local électoral. Parmi ces bénévoles, certains sont là depuis une trentaine d’années », explique celle qui représente la circonscription de l’Outaouais depuis 2008.

Le hasard a voulu que le local électoral du Parti québécois (PQ) dans Hull se trouve dans le même immeuble commercial que celui du PLQ, à quelques portes de distance. La candidate Marysa Nadeau abonde dans le même sens que son adversaire libérale.

« Je n'exagère pas en disant qu'il n'y a pas loin d'une centaine de personnes qui donnent du temps, certaines plus que d'autres, mais toutes font partie du succès du 1er octobre prochain », souligne celle qui brigue les suffrages pour la première fois.

Marysa Nadeau est la candidate du PQ dans la circonscription de Hull. Marysa Nadeau est la candidate du PQ dans la circonscription de Hull. Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

Les bénévoles du PLQ dans Hull ont pour la plupart beaucoup d’expérience et d’élections derrière la cravate. L’organisateur en chef, Pierre Philion, en est au moins à son 17e scrutin, tous ordres de gouvernement confondus. Cet ancien conseiller municipal reconnaît que certaines choses ont bien changé depuis ses débuts.

« Déjà, lorsqu'on commençait une campagne électorale, on avait toujours à l'intérieur des locaux une cinquantaine de personnes qui cherchaient les numéros de téléphone pour les transférer sur les listes électorales, explique-t-il. Maintenant, ça se fait automatique[ment] avec de l'informatique. »

Pierre Philion organise des campagnes libérales en Outaouais depuis des décennies. Pierre Philion organise des campagnes libérales en Outaouais depuis des décennies. Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

Les partis ont beau avoir à leur disposition des bases de données qui permettent de joindre plus facilement leurs sympathisants, M. Philion estime qu’au fond, les campagnes se mènent sensiblement de la même façon.

« La seule chose qui a changé, c’est le nombre de personnes. C’est le même travail », dit-il.

Dans le local péquiste d’à côté, on croise une autre génération de militants. Julie Brillant-Picard s’investit pour la première fois dans une campagne provinciale. Elle a pour rôle d’organiser des assemblées de cuisine où est invitée Marysa Nadeau.

« On essaie de faire en sorte que les gens invitent leurs réseaux, leurs voisins, leurs collègues, leurs amis et leur famille. [...] Ça peut être sous forme de brunch, de 5 à 7, de soirée, et c'est juste que le sujet de discussion est la politique », explique-t-elle.

Militante au Parti québécois, Julie Brillant-Picard s'investit pour la première fois dans une campagne provinciale.Militante au Parti québécois, Julie Brillant-Picard s'investit pour la première fois dans une campagne provinciale. Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

Enseignante au secondaire, Julie Brillant-Picard ne milite pas à temps plein, mais elle tenait à apporter sa contribution.

Je pense qu'il faut revenir à la base et faire une petite place, même si c'est quelques heures par semaine, dans notre emploi du temps qui est si chargé.

Julie Brillant-Picard, militante au PQ

Toujours en Outaouais, la Coalition avenir Québec (CAQ) compte une centaine de bénévoles qui prêtent main-forte aux candidats et se sert de bases de données mises à jour régulièrement pour mener sa campagne.

Du côté de Québec solidaire (QS), on préfère ne pas dire précisément combien de militants donnent de leur temps, mais le parti indique que les bases de données et l’outil « Mouvement », qui permet de situer sur une carte les activités partisanes, sont très utilisés.

Des campagnes technos, mais pas trop!

Les nouvelles technologies ont certes facilité l'organisation des campagnes, mais pour les candidats, le défi de rejoindre les électeurs demeure le même. Si bien qu’ils se servent d’un savant mélange de ces outils numériques et de méthodes éprouvées.

« Je visite tous les clubs d'âge d'or, je visite toutes les résidences de personnes âgées, mais, en même temps, nous sommes sur les réseaux sociaux. J'ai 5000 amis Facebook et ces gens-là suivent ma campagne de près, me font des commentaires. C'est très nouveau, on n’avait pas ce genre d'interactions avec les citoyens en 2014, lors de la dernière élection », précise Maryse Gaudreault.

La candidate libérale dans Hull Maryse Gaudreault.La candidate libérale dans Hull, Maryse Gaudreault Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

Les médias sociaux et les téléphones intelligents ont beau être devenus omniprésents, sa rivale péquiste Marysa Nadeau estime que ceux-ci ont creusé une distance supplémentaire entre citoyens et politiciens.

« Oui, on est un peu à l'ère des nouvelles technologies et tout ça, mais justement, parce qu'on est à l'ère des nouvelles technologies, les gens sont de plus en plus sur leur portable, de moins en moins sur un téléphone fixe et, donc, le pointage change aussi », soutient-elle.

« Il faut aller ironiquement plus en personne vers les gens que par [l’intermédiaire] de la technologie », ajoute Marysa Nadeau.

Le bon vieux porte-à-porte

Dans ce contexte, l'une des plus vieilles méthodes de campagne continue de faire ses preuves. Même s’il s’est adapté, le porte-à-porte ne semble pas près de disparaître, croit Maryse Gaudreault.

On a un logiciel qui est capable de faire des projections d'intentions des citoyens et de leur intention de vote pour le 1er octobre. Alors, maintenant, pour du porte-à-porte, on ne fait pas toutes les portes, on va plutôt aller cogner chez nos sympathisants.

Maryse Gaudreault, candidate du PLQ dans Hull

Malgré les logiciels et les campagnes nationales qui occupent beaucoup de place, le contact humain par le porte-à-porte est là pour rester, soutient également Marysa Nadeau.

« On va en faire le plus possible, comme on peut. On peut changer les formules aussi; certaines fois, on va par escouade, ce n'est pas toujours la candidate qui est là. Mais comme je suis proche des gens, les bénévoles m'appellent et on me dit : "OK, va-t'en à telle maison quand tu auras fini à telle porte" », explique Mme Nadeau.

Comme quoi le résultat du 1er octobre sera aussi gagné un électeur à la fois.

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