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Marche des femmes sans peur : de #MoiAussi à une mobilisation sociale

Trois jeunes femmes dans une foule tenant des pancartes faisant la promotion des relations sexuelles consensuelles.

Plus d'une centaine de personnes ont pris part à la marche La rue, la nuit, femmes sans peur, à Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Claudine Richard

Radio-Canada

Des centaines de manifestants se sont donnés rendez-vous dans la région de la capitale nationale, jeudi soir, pour prendre part à une marche contre les agressions sexuelles et les violences envers les femmes. Ils voulaient aussi revendiquer le droit des femmes à occuper l'espace public la nuit, comme le jour.

Un texte de Pascal Gervais, avec la collaboration de Claudine Richard

L'événement La rue, la nuit, femmes sans peur, qui était dans le passé un cri du coeur des femmes pour sortir sans crainte seule le soir, prend maintenant une tournure différente : celle de passer de la dénonciation à l'action pour mettre un frein aux violences sexuelles.

Après la vague de dénonciations des derniers mois par le mouvement #MoiAussi, les centres d'aide aux femmes avouent être débordés. Cette marche était donc l'occasion d'inciter le public à prendre part au changement de culture pour vaincre les violences sexuelles.

Selon la porte-parole du Regroupement québécois des centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS), Stéphanie Tremblay, il faut mobiliser la population pour créer une action collective.

Ce qu’il faut pour vraiment enrayer le phénomène des violences sexuelles ce n’est pas uniquement offrir des services aux victimes d’agressions, c’est une mobilisation sociale et collective très large. C’est un engagement de la population, c’est un changement de culture qu’il faut entreprendre, a-t-elle affirmé.

Pour Émilie Grenon, intervenante sociale au Centre d'aide et de lutte contre les agressions sexuelles (CALAS) de l'Outaouais, le message de la marche se veut donc très simple. Comme d'autres centres québécois, son CALAS a adopté le crédo « Contre la violence sexuelle, #ToiAussi tu as un rôle à jouer ».

Avec le #ToiAussi tu as un rôle à jouer, nous disons aux gens qu’ils peuvent agir, qu’ils peuvent intervenir, et que nous pouvons soutenir les victimes de violences sexuelles.

Émilie Grenon, intervenante au CALAS

Nous avons un rôle à jouer comme membre de la société. Parfois, nous pensons que ça ne nous concerne pas, mais nous entendons tous des blagues à connotation sexiste où l’on banalise la violence sexuelle. Donc, nous invitons les gens à se positionner pour la prévenir, a fait valoir Mme Grenon.

Une marche à Ottawa aussi

Jeudi soir, les participants aux marches La rue, la nuit, femmes sans peur de Gatineau et d'Ottawa s'étaient rendez-vous dans le marché By, afin d'unir leurs voix. Ils se sont ensuite rendus devant l'hôtel de ville de la capitale fédérale.

À Ottawa, des bas au slogan « Bas dans l'action » étaient distribués lors de la marche. Josée Laramée, coordonnatrice des services de prévention et de sensibilisation au CALACS francophone d'Ottawa, précise que cette initiative vise à inviter les gens, un pas à la fois, à passer à l'action contre les violences sexuelles.

L’idée avec les bas est de parler de consentement entre tous les genres, les femmes, les hommes et les transgenres, puis d’égalité, de liberté et de sécurité pour tous, a-t-elle soutenu.

Les violences envers les femmes, un thème oublié dans la campagne au Québec

Nous sommes extrêmement étonnés de voir que même pas un an après le déclenchement du mouvement #MoiAussi, en pleine campagne électorale, nous n’avons pas encore entendu parler les chefs des partis politiques à propos de la lutte aux violences sexuelles et de la violence faite aux femmes, a expliqué Mme Tremblay du Regroupement québécois des CALACS.

Qu’est-ce que ça va prendre pour que les partis politiques s’engagent vraiment contre violences sexuelles? Nous sommes tous concernés, nous devons compter sur l’État, sur les partis politiques pour créer un changement de culture.

Stéphanie Tremblay, porte-parole du Regroupement québécois des CALACS

Selon Mme Grenon, les dénonciations publiques d'agressions sexuelles dans la foulée du mouvement #MoiAussi ont eu impact important sur les CALACS qui ont vu les demandes bondir, mais l'appui du gouvernement demeure un enjeu important.

Nous devons en parler plus dans le discours, nous devons faire des lois pour encourager les milieux à mettre en place des politiques de prévention et d’intervention en matière de violence sexuelle, a soutenu l'intervenante sociale.

Ottawa-Gatineau

Engagement communautaire