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Comment convaincre les étudiants de voter?

Le chef de Québec solidaire et sa candidate dans Taschereau, Catherine Dorion, discutent avec des étudiants.

Gabriel Nadeau-Dubois fait de la mobilisation au cégep de Sainte-Foy, le 20 septembre.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le vote par anticipation en vue des élections du 1er octobre commence vendredi matin dans 172 universités, cégeps, collèges et centres de formation professionnelle du Québec.

Un texte de Ximena Sampson

Cette année, le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) a mis en place toute une offensive pour rejoindre environ 400 000 jeunes sur les campus québécois.

En plus d’un affichage dans les cégeps et universités, Élections Québec fait de la publicité sur les sites web consultés par les jeunes ainsi que sur les médias sociaux, répond aux textos et a fait appel à des influenceurs très suivis sur les médias sociaux, tels qu’Alanis Désilets, ancienne participante de l'émission Occupation double, Sébastien Toutant, médaillé d’or aux Jeux olympiques d’hiver 2018, et l’humoriste Yannick De Martino, pour les convaincre de prendre part à l’exercice électoral.

Des moyens « inusités » ont été mis en place, reconnaît Julie St-Arnaud Drolet, du DGEQ. Des moyens qui ne ciblent pas seulement les étudiants, mais plutôt les jeunes en général.

Un panneau publicitaire sur lequel est écrit : « appartgratuitpendantunan.com »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une publicité du DGEQ vise à attirer l'attention des étudiants pour ensuite leur transmettre de l'information sur le vote.

Photo : Directeur général des élections du Québec

Tous les efforts qu’on déploie visent à inverser la tendance pour amener les jeunes générations à exercer leur droit de vote.

Une citation de : Julie St-Arnaud Drolet, porte-parole du DGEQ

En 2014, rappelle-t-elle, seuls 55,7 % des 18-24 ans ont voté, contre 71 % de la population en général. Dans deux régions, Abitibi-Témiscamingue et Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, le taux de vote des jeunes était même en dessous de 40 %.

Dans cette même optique, le DGEQ a mis en place des initiatives pour sensibiliser les enfants, tels que le programme Électeurs en herbe, qui leur permet de faire une simulation d’élection dans les écoles, et les petits bureaux de vote, le jour du scrutin.

« On essaie d’aller chercher les électeurs en bas âge pour assurer une relève électorale », précise Mme St-Arnaud Drolet.

Les stratégies des partis

Les partis font-ils des efforts particuliers pour convaincre cet électorat?

Québec solidaire est certainement le plus actif auprès des étudiants. Le parti mène des opérations de mobilisation « très intenses » sur les campus collégiaux et universitaires, assure le co-porte-parole du parti, Gabriel Nadeau-Dubois. Cette opération est en marche depuis des mois.

Lui-même a déjà visité plusieurs campus afin de rencontrer des électeurs potentiels. « On a toujours eu une présence, mais là on parle d’une opération de mobilisation et de sortie de vote ciblée », a soutenu M. Nadeau-Dubois.

Le parti mise sur le vote de la population étudiante, qui lui est spécialement sympathique.

Des étudiants marchent sur le campuséAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

C'est jour de rentrée au Cégep de Sherbrooke

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau

On est très conscients que le vote des jeunes peut faire la différence pour nous le 1er octobre.

Une citation de : Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire

« Nos idées sont populaires chez les jeunes, ajoute-t-il. Mais, malheureusement, ma génération a la mauvaise habitude de ne pas aller voter. Alors, on fait un effort particulier cette année pour leur parler de nos idées et les identifier sur les campus pour pouvoir les mobiliser le jour du vote. »

Les enjeux que QS juge prioritaires sont aussi ceux qui touchent les étudiants, soutient Gabriel Nadeau-Dubois. Que ce soit la lutte contre les changements climatiques ou la gratuité scolaire, les engagements du parti parlent particulièrement aux jeunes. « On n’a pas besoin de creuser très loin dans notre programme pour trouver des idées qui plaisent à ma génération », croit-il.

Le PQ s'active aussi

La responsable de la stratégie campus du Parti québécois, Frédérique St-Jean, soutient que son parti est, lui aussi, très présent auprès des étudiants. Kiosques, affiches, distribution de tracts… tous les moyens sont bons pour intéresser les jeunes à la politique, leur parler des engagements du parti et les inciter à aller voter.

« On se promène sur le campus et on discute des enjeux qui leur tiennent à coeur », mentionne Frédérique St-Jean.

On connecte la politique avec leur quotidien.

Une citation de : Frédérique St-Jean, responsable de la stratégie campus du Parti québécois
Un mannequin et des étudiants en arrière-planAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des étudiants en soins infirmiers dans une salle de classe

Photo : Radio-Canada

Pour rejoindre ces électeurs, le PQ mise aussi sur des thèmes qui les touchent de près. Le parti s’est ainsi engagé à lancer un chantier sur la rémunération des stages, un enjeu majeur pour les étudiants, et à adopter une loi offrant une meilleure protection juridique aux stagiaires.

« Les étudiants s’endettent beaucoup pendant leur période de stage, nous on veut offrir une compensation financière pour le travail qu’ils réalisent et ainsi réduire la précarité qui se développe pendant cette période-là », précise Frédérique St-Jean.

En ce qui concerne la Coalition avenir Québec (CAQ), une porte-parole, Nadia Talbot, indique que l’aile jeunesse du parti est en tournée depuis la rentrée dans les cégeps et universités.

Ils font un vrai travail de terrain dans les campus pour aller rencontrer les jeunes, leur présenter les idées de la CAQ et leur présenter leur candidat local.

Une citation de : Nadia Talbot, attachée de presse de la CAQ

Le Parti libéral du Québec soutient avoir mis en place des journées d’action en coordination avec l’aile jeunesse du parti ainsi qu’une campagne publicitaire. Le parti est toutefois avare de détails, précisant qu’il s’agit d’une question « stratégique ».

Quels sont les enjeux qui préoccupent les jeunes?

Alors que, pour l’ensemble de la population, l’enjeu le plus important est la santé (30 % des gens), les 18-34 ans s'inquiètent plutôt d’environnement (27 %) et d’éducation (23 %). La santé arrive troisième (20 %), selon les données de la Boussole électorale. Ces données proviennent des réponses de 53 542 utilisateurs de la Boussole compilées du 24 au 28 août, et ont été pondérées avec les données du dernier recensement de Statistique Canada.

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