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Il élève la culture du cannabis au rang d’art

Bill Vasilakakos porte un filet sur les cheveux sourit à la caméra dans une serre. Il tient des plants de cannabis dans ses mains gantées.

Bill Vasilakakos est maître producteur de cannabis, un spécialiste de la plante.

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

Radio-Canada

Ils sont seulement une centaine au Canada. Ils sont les oenologues, les maîtres fromagers du cannabis. La qualité de la drogue, mais aussi les profits de leur employeur dépendent en grande partie d'eux. Rencontre avec un maître producteur de cannabis.

Un texte de Tiphanie Roquette

Quand Bill Vasilakakos touche les plants de marijuana sagement alignés dans leur pot, ses doigts caressent les feuilles vertes. Il y a beaucoup d’amour dans ses yeux. On a une relation avec nos plantes, on est très intimes, avoue-t-il.

Il a étudié la botanique à l'Université McGill, à Montréal, mais son expertise lui vient avant tout de ses années passées à élever cette plante.

« On a une relation avec la plante. »

Ce Canadien d’origine grecque a toujours été passionné d’agriculture, mais il est « tombé en amour » avec le cannabis il y a 20 ans. Avec mon cousin, pour nous assurer que nous avions un produit qui ne soit pas dangereux à consommer, nous avons commencé à faire pousser notre premier plant de pot, explique le cultivateur. Cette première pousse est-elle légale ou illégale? Bill Vasilakakos plaide l’oubli.

Une plante exigeante

Il devient beaucoup plus dissert quand vient le temps de parler des caractéristiques de la plante. Le cannabis est « unique » dans le paysage agricole, dit-il.

La proportion de temps, d’efforts, d'argent et la méthode de croissance que l’on sacrifie pour ces plantes-là est inégale en agriculture.

Bill Vasilakakos, maître producteur à Boaz Pharmaceuticals

La culture du cannabis est en effet un art complexe. Bill Vasilakakos travaille aujourd’hui pour l’entreprise Boaz Pharmaceuticals, installée à Calgary. Pour la compagnie, il a dû sélectionner les plantes mères, les plants laissés à l’état de feuilles et qui fourniront les boutures. Seules les plantes femelles sont gardées. (Oui, les plantes ont un sexe!)

Contrairement à certains concurrents, l’entreprise ne multiplie pas les souches. Bill Vasilakakos veille sur deux types de plantes : l’une forte en THC et l’autre plus forte en CBD.

Du cannabis comme du « bon fromage et du bon vin »

Dans la pièce d’à côté, il montre fièrement les boutures, autant de bébés qu’il doit nourrir. Chaque pousse est arrosée à la main et taillée aux ciseaux. Quelque 700 plantes doivent être arrosées tous les jours pendant les neuf semaines de croissance.

Une fois arrivées à maturité, les fleurs, les espèces de petits cônes poilus qui contiennent les principes actifs du cannabis, sont récoltées à la main et affinées dans des pots en acier inoxydable.

Une fleur de cannabis.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les cocottes de cannabis sont récoltés à la main.

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

Pas le droit à l'erreur

L’art est aussi fragile. Les plantes sont conservées dans des conteneurs. Une alarme sonne si la porte reste ouverte plus de 10 secondes pour s’assurer qu’aucun contaminant n’entre. Chacun est un écosystème en vase clos où la température et l’humidité sont extrêmement contrôlées.

Un mauvais fonctionnement du système de ventilation a ainsi diminué la température dans l’environnement de croissance des boutures. Le rythme cardiaque de Bill Vasilakakos a fait un bond. Il a passé des heures à essayer de sauver les miniplantes.

Un homme coiffé d'un filet tient un plant de cannabis. Il est entouré de rangées de plantes de marijuana.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Bill Vasilakakos a développé une passion pour les particularités du cannabis.

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

Bill dit que son style est celui de la vieille école, mais il y va surtout à l’instinct.

Je n’ai pas besoin d’instruments. J’ai juste à regarder les plantes et je sais si elles vont bien.

Bill Vasilakakos, maître producteur

En 20 ans dans le métier, le cultivateur a vu l’industrie changer, mais pour le mieux, dit-il. Les nouveaux venus ont acquis une formation et une passion pour l’industrie. Ils ont embarqué dans notre culture et ils sont passionnés par cette industrie qui est encore un bébé, affirme-t-il.

Son métier fait encore sourciller de temps en temps, notamment du côté des forces de police. Mais le reste des gens sont plutôt impressionnés. J’ai le métier le plus cool du monde. Mon employeur m’envoie des photos de pot le matin, cela sent la marijuana et personne ne dit rien. On a beaucoup de plaisir, conclut-il.

Alberta

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