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Des centaines de pièces de pipeline ne respectent pas les standards de l’ONE

Des coudes de pipeline incandescent en raison de la chaleur.
Ces raccords de pipeline sont en train d'être chauffés à très haute température. Ils sont ensuite refroidis dans une solution chimique pour assurer leur dureté. Photo: Office national de l'énergie
Radio-Canada

Une enquête de l'Office national de l'énergie (ONE) a conclu que des centaines de raccords de pipeline ne respectaient pas les normes canadiennes sur la résistance à la chaleur et à la pression. L'organisme de réglementation ne pense cependant pas que le risque soit suffisamment élevé pour justifier leur remplacement.

Les raccords sont des morceaux de tuyaux dont le diamètre peut atteindre 1 mètre. Ils s’apparentent à des pièces de plomberie telles que des coudes et permettent de joindre d’autres morceaux du pipeline.

Les enquêteurs de l’ONE ont découvert que des centaines de raccords, actuellement installés sur des pipelines et des gazoducs, pourraient potentiellement se déformer ou se rompre sous l’effet d’une assez forte pression.

L’Office estime tout de même que les raccords sont suffisamment solides pour transporter du pétrole et pour résister à la pression accrue causée par des catastrophes naturelles comme des tremblements de terre, des inondations, des orages ou encore des changements rapides de température.

Les conclusions de l’organisme ont été rendues publiques dans un rapport (Nouvelle fenêtre), publié au début du mois d’août.

« L’acier est un matériau formidable. Il pardonne beaucoup et donne de nombreux signes avant-coureurs avant de rompre, affirme l’ingénieur en chef de l’ONE, Ian Colquhoun. Les standards de sécurité sont très prudents, Alors, il faudrait que les défectuosités soient vraiment considérables pour qu’il y ait un risque. »

Des années d’enquête

L’ONE dit avoir, pour la première fois, pris connaissance du problème après la découverte de pièces de pipeline s’étant déformées aux États-Unis.

En 2013, un gazoduc de TransCanada s’est rompu à proximité de Fort McMurray. Un rapport du Bureau de la sécurité des transports (Nouvelle fenêtre) avait conclu que deux coudes s’étaient déformés à l’endroit de la rupture. Cette déformation n’était cependant pas la cause première de la rupture.

Les enquêteurs de l’ONE ont alors entrepris d’étudier le mode de fabrication des raccords par différents manufacturiers à travers le monde. Ils s’étaient même rendus en Italie pour observer la façon dont ces pièces étaient construites.

Des pièces de pipeline dans un four industriel.Les entreprises devront également cataloguer les fournisseurs qui ont fabriqué les raccords qu’elles utilisent. Photo : Office national de l'énergie

Les ingénieurs ont découvert des problèmes dans les processus de fabrication, notamment la température à laquelle le métal est chauffé puis refroidi pour assurer sa solidité.

« Nous comprenons maintenant parfaitement la physique à l'origine de ce phénomène, explique Ian Colquhoun. Les manufacturiers sont très au courant du problème. »

Certains des raccords ont été renforcés, mais la majorité d'entre eux demeureront tels quels. « Les raccords dans le sol devront être inspectés plus méticuleusement, explique Ian Colquhoun. Nous voulons être proactifs, mais ça ne représente pas un danger imminent. »

Des sondes peuvent être envoyées à l’intérieur de la canalisation pour détecter des déformations.

Les entreprises devront également cataloguer les fournisseurs qui ont fabriqué les raccords qu’elles utilisent. Elles auront aussi la responsabilité d’effectuer des vérifications pour s’assurer que le processus de fabrication des raccords est conforme aux normes canadiennes.

L’ONE dit vouloir continuer de travailler avec les entreprises de pipeline pour améliorer l’inspection des raccords avant et après leur installation.

Avec les informations de Kyle Bakx, de CBC News

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