•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Premières Nations : des chefs dénoncent le racisme contre les élèves autochtones

Des personnes qui marchent

Des dizaines de personnes ont pris part jeudi à une manifestation contre les racisme envers les élèves autochtones à l'île Manitoulin.

Photo : Twitter/@AnishNation

Radio-Canada

Des chefs autochtones nord-ontariens déclarent de manière unanime qu'un incident survenu la semaine dernière dans une école secondaire de l'île Manitoulin, dans le Nord de l'Ontario, est un signe du racisme dont font souvent l'objet les élèves issus de communautés autochtones.

À l’issue d’une altercation entre des élèves vendredi où est intervenue la Police provinciale de l’Ontario (PPO), des accusations ont été portées contre une femme de 38 ans et cinq adolescents tous originaires de la Première Nation de M'Chigeeng.

Dans un communiqué, sa chef, Linda Debassige, indique qu’elle a appris que l’altercation a pris naissance entre des élèves non-autochtones de Little Current avant de s’étendre à des élèves autochtones.

Le directeur de l'école secondaire de Manitoulin, Jamie Mohamed, confirme que le conflit n'était pas relié au départ à la race, mais que des propos racistes ont été échangés après le début de la bagarre.

Selon Mme Debassige, environ une centaine d'élèves ont été impliqués dans l'incident et elle est frustrée de voir que les seules accusations dans le cas ont été portées contre des élèves autochtones.

Cet incident est un indicateur d’une réalité plus troublante, soit le racisme sous-jacent qui se manifeste encore une fois. C’est une situation qui doit être reconnue et un problème qui doit être combattu si on ne veut pas qu’il réapparaisse comme cela a été le cas au cours des quelques dernières décennies.

Linda Debassige, chef de la Première Nation de M’Chigeeng

La chef Debassige se dit également trahie par l’échec, de la part du conseil scolaire public Rainbow [dont fait partie l’école où a eu lieu l’altercation], de ne pas reconnaître le racisme et de ne pas susciter une meilleure compréhension de l’histoire des peuples autochtones.

Mme Debassige explique que le racisme est présent depuis des générations : Je l'ai subi quand j'étais moi-même à l'école et maintenant c'est au tour mon fils.

Il n'y a pas suffisamment de représentation des Premières Nations au conseil, croit Linda Debassige. Ils ont tenté trop souvent de minimiser le racisme systémique.

Le directeur Mohamed a affirmé qu'il est prêt à s'asseoir avec la chef Debassige et la communauté de M'Chigeeng pour discuter des meilleurs façons d'améliorer la situation.

Glen Hare est le grand chef du conseil de la Nation anichinabée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le mandat du nouveau grand chef du conseil Anishinabek est d’une durée de trois ans.

Photo : Nation Anishinabek

Pour sa part, le grand chef du conseil de la Nation anichinabée, Glen Hare, abonde dans le même sens que Mme Debassige.

Nous avons vécu et continuons de vivre avec le legs de l’ère des pensionnats autochtones. Il est honteux de voir que le système d’éducation au Canada et en Ontario continue d’être dysfonctionnel.

Glen Hare, grand chef du conseil de la Nation anichinabée

Les deux chefs autochtones prendront part jeudi matin à une manifestation publique contre le racisme qui aura lieu devant les bureaux administratifs de la Première Nation de M’Chigeeng.

Les six personnes visées par les accusations de la PPO comparaîtront en cour les 26 septembre et 31 octobre.

Nord de l'Ontario

Forces de l'ordre