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La croissance mondiale pourrait avoir atteint son pic, selon l'OCDE

Un navire chargé de containers.

Un porte-conteneurs chinois s'apprête à prendre la mer à destination des ports de la côte ouest américaine.

Photo : Reuters / Beck Diefenbach

Reuters

L'OCDE a prévenu jeudi que la croissance de l'économie mondiale pourrait avoir passé son pic et a revu en légère baisse ses prévisions pour 2018 et 2019, dans un contexte de tensions commerciales accrues et d'incertitudes croissantes sur les marchés émergents.

À l'occasion de la publication de ses perspectives économiques intermédiaires, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) plaide donc une nouvelle fois pour un renforcement des réformes structurelles pour soutenir cette croissance à l'avenir, d'autant plus que les risques baissiers se multiplient.

Si les économistes de l'OCDE s'attendent toujours à ce que le rythme de croissance de l'économie mondiale atteigne en 2018 et 2019 son plus haut niveau depuis 2011, ils ne tablent plus désormais que sur une progression de l'activité de 3,7 % cette année comme l'an prochain, après 3,6 % en 2017.

Dans leurs précédentes prévisions globales, en mai, ils évoquaient encore une accélération à 3,8 % en 2018 et à 3,9 % en 2019. Ces révisions à la baisse, qui concernent la plupart des pays du G20, s'avèrent particulièrement marquées dans plusieurs pays émergents soumis à des turbulences financières.

Les économistes de l'OCDE n'ont que marginalement modifié leurs attentes pour les États-Unis, dont l'économie devrait continuer à court terme d'être stimulée par la réforme fiscale de l'administration Trump. Ils prévoient toujours une croissance de 2,9 % cette année, même s'ils ont revu en baisse de 0,1 point de pourcentage leur prévision pour 2019, à 2,7 %.

Autre économie pour laquelle la trajectoire n'a été que légèrement revue : le Royaume-Uni, dont la croissance, toujours pénalisée par les incertitudes persistantes concernant les modalités du Brexit, devrait s'établir à 1,3 % cette année et à 1,2 % l'an prochain, soit une diminution de 0,1 point de pourcentage chaque fois.

Net ralentissement dans plusieurs pays émergents

Les économistes de l'OCDE ont également confirmé leurs anticipations pour le Japon (1,2 % sur les deux exercices), ainsi que pour la Chine (6,7 % en 2018 et 6,4 % en 2019) et la Russie (1,8 % en 2018 et 1,5 % en 2019).

Les révisions ont été plus importantes dans la zone euro, avec une baisse de 0,2 point de pourcentage en 2018 comme en 2019, et l'OCDE y anticipe désormais une croissance de 2,0 % cette année (dont 1,9 % en Allemagne et 1,6 % en France) et de 1,9 % l'an prochain (avec 1,8 % en France comme en Allemagne).

Mais les plus fortes dégradations des perspectives (dont l'ampleur oscille de 0,4 à 4,5 points de pourcentage) pour 2018 et 2019 ont concerné des économies émergentes en difficulté comme l'Afrique du Sud et surtout l'Argentine (attendue en récession à -1,9 % cette année) et la Turquie (qui devrait afficher une croissance limitée à 0,5 % en 2019 contre 7,4 % en 2017).

L'Inde devrait en revanche être le pays du G20 connaissant la croissance la plus rapide, avec 7,6 % prévu cette année et 7,4 % l'an prochain. Pour l'OCDE, « la croissance est devenue moins généralisée, avec des perspectives divergentes dans les principales économies, en particulier parmi les marchés émergents » et cette désynchronisation pourrait s'accentuer en cas d'accroissement des risques baissiers.

Le protectionnisme en ligne de mire

L'escalade des tensions commerciales, qui s'est déjà soldée par un ralentissement de la croissance des échanges mondiaux et une détérioration de la confiance et des investissements des acteurs économiques, constitue toujours un risque sérieux, note l'organisation, qui renouvelle l'avertissement déjà lancé aux États-Unis en mai, toujours sans les citer nommément.

« Un nouvel essor des tensions commerciales, par exemple sous la forme d'un élargissement des produits concernés par des droits de douane supplémentaires [...] exercerait des conséquences néfastes sur le commerce et nuirait à la production et aux revenus des ménages dans les économies imposant de telles restrictions » et pénaliserait les perspectives de croissance à moyen terme en entravant les futurs gains de productivité, notent les économistes de l'OCDE.

Ils jugent ainsi indispensable d'enrayer immédiatement la montée du protectionnisme et de renforcer le système commercial multilatéral fondé sur des règles par un dialogue multilatéral, afin de restaurer la confiance des investisseurs et d'éviter de pénaliser les perspectives de croissance à plus long terme.

Car l'accroissement des tensions commerciales - de même qu'une normalisation plus rapide que prévu dans les grandes économies développées - pourrait par ailleurs accentuer les vulnérabilités financières des émergents, et favoriser une contagion des turbulences, pour l'instant relativement circonscrites à la Turquie et à l'Argentine.

En ce qui concerne l'Europe, l'OCDE évoque des inquiétudes persistantes sur la stabilité financière et budgétaire, notamment en lien avec la politique menée en Italie et l'issue des négociations sur le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Globalement, l'organisation juge nécessaire un renforcement des efforts de réformes structurelles à la fois dans les économies avancées et émergentes, ce qui permettrait d'améliorer le niveau de vie, d'améliorer les perspectives de moyen terme pour l'investissement et la productivité et de permettre une redistribution plus large des fruits de la croissance.

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