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La CAQ, « un vieux parti dans un jeune corps », dit Manon Massé

La campagne selon Manon Massé
Radio-Canada

Le désir de changement est tel, dans la présente campagne électorale, que certains électeurs hésiteraient entre Québec solidaire (QS) et la Coalition avenir Québec (CAQ), malgré le fait que les deux formations sont diamétralement opposées sur l'échiquier politique québécois.

Un texte de Joëlle Girard

C’est du moins ce qu’a affirmé la co-porte-parole de Québec solidaire en entrevue à l'émission 24/60 mercredi soir. « C’est fou hein? Mais je vous dirais que sur le terrain, partout où je vais au Québec, ce n’est pas rare que les gens me disent : "Écoute Manon, moi j’hésite entre vous et la CAQ." »

Manon Massé ne cache pas une certaine surprise, étant donné le fossé idéologique qui sépare les deux partis. Par exemple, d’un côté, Québec solidaire souhaite interdire la vente de voitures à essence dès 2030 et, de l’autre, la CAQ ouvre la porte à l’exploitation des hydrocarbures. Cet exemple en est un parmi tant d’autres qui illustre les valeurs et les idéaux très différents qui animent les deux partis.

« Ce que je comprends de ça, c’est que les gens sont tannés des vieux partis. Mais ils n’ont comme pas encore découvert que la CAQ, c’est un vieux parti dans un jeune corps, si je peux dire ainsi, parce qu’ils proposent les mêmes recettes et ils s’en vont dans le même sens [que les vieux partis]. »

La dernière projection brossée par l’agrégateur de sondage Qc125 indique que la CAQ pourrait récolter 51 sièges, contre 47 pour le Parti libéral (PLQ), 21 pour le Parti québécois (PQ) et 6 pour QS, ce qui résulterait en un gouvernement caquiste minoritaire.

L’appel au vote stratégique dénoncé

La veille, le chef péquiste Jean-François Lisée a pour sa part interpellé les électeurs solidaires lors de son passage sur le plateau d’Anne-Marie Dussault.

« Venez, et je m’engage à modifier le mode de scrutin dès la première année », a-t-il laissé tomber, estimant que les solidaires souhaitent à tout prix éviter un autre règne libéral ou encore un gouvernement caquiste.

La CAQ, le PQ et QS se sont tous engagés au printemps dernier à mettre en place un scrutin proportionnel mixte dès les élections de 2022, une idée qui est particulièrement chère à Québec solidaire puisque ce changement lui permettrait de faire élire plus de députés, en accord avec son pourcentage d’appui au sein de la population.

Manon Massé affirme que la sortie de M. Lisée était « dérangeante ».

« Si M. Lisée est honnête, ce n’est pas Québec solidaire qui a fait le plus de mal [à la gauche] ces dernières années. Regardez les comtés que le Parti québécois est en train de perdre aux mains de la CAQ. Alors un instant, des électeurs, ce n’est pas des cartes de hockey. »

Québec solidaire a présenté 125 candidats, donc un pour chacune des circonscriptions québécoises, pas question de faire d'alliance, a tranché Manon Massé. Le projet de convergence des deux partis avait été rejeté en bloc par QS en mai 2017. Il s'agissait d'un pacte électoral où l'on aurait laissé la voie libre au candidat de l'un ou l'autre des deux partis dans certaines circonscriptions afin de favoriser son élection et donc d'éviter celle d'un candidat libéral ou caquiste.

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