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Simone Boilard veut jouer toutes ses cartes en Autriche

Simone Boilard lors des Mondiaux 2017 en Norvège
La Québécoise Simone Boilard a pris la 8e place lors des championnats du monde juniors de cyclisme sur route en Norvège en 2017. Photo: Canadian Cyclist / Rob Jones
Radio-Canada

Simone Boilard a frappé un grand coup l’an dernier en terminant 8e lors des championnats du monde juniors de cyclisme sur route. Satisfaite du résultat, l’athlète de Québec est repartie malgré tout avec l’impression de ne pas avoir poussé la machine à sa limite cette journée-là et elle compte bien se reprendre lors des Mondiaux 2018 qui débuteront la semaine prochaine en Autriche.

Un texte de Jean-Philippe Martin

À Bergen en Norvège en 2017, Simone Boilard a franchi le fil d’arrivée 12 secondes seulement derrière la gagnante, l’Italienne Elena Pirrone.

La Québécoise participait non seulement à ses premiers championnats du monde, il s’agissait de sa toute première course en sol européen.

« L’an passé, je n’avais pas assez d’expérience au point de vue tactique, explique-t-elle. J’avais l’impression après la course d’avoir encore mes jokers en poches, de ne pas avoir tout donné. »

Arrivée depuis le 12 septembre à Innsbruck, où seront présentés les Mondiaux du 22 au 30 septembre, la cycliste de 18 ans a eu le temps de se reposer et de chasser les effets du décalage horaire.

Simone Boilard accompagnée de son entraîneuse Christine GillardSimone Boilard, accompagnée de son entraîneuse Christine Gillard, profite de plusieurs jours de préparation en Autriche avant le début des épreuves des championnats du monde junior. Photo : Courtoisie

Elle a aussi eu l’occasion de bien évaluer le terrain de jeu du contre-la-monde (24 septembre) et de la course sur route (27 septembre) et s’estime en mesure d’offrir une performance à la hauteur de ses attentes cette année.

« C’est sûr que je viens ici avec de gros objectifs. C’est tellement difficile d’évaluer où je me situe parce que ce ne sera pas les mêmes filles, pas le même parcours. Mais je sais qu’en ce moment, je suis au top de moi. C’est ce que je voulais. »

Parlant du parcours, celui d’Innsbruck, qui se conclut avec l’ascension d’un col de 8 km, sera des plus ardus et Simone ne s’en plaindra pas.

Si je voulais me tracer un parcours, ce serait un parcours comme celui-là. J’aime ça quand c’est difficile. J’ai une grande capacité à aller puiser dans mes ressources. La forme physique et les watts vont parler.

Simone Boilard, membre de l'équipe canadienne junior de cyclisme sur route

Winston-Salem et les ennuis

Encore une fois dominante durant toute la saison, Simone Boilard a néanmoins connu sa part de moments difficiles cet été.

Lors de la Classique Winston-Salem en Caroline du Nord, elle a été victime d’une chute et elle a subi une commotion cérébrale.

Son retour en selle trois semaines plus tard s’est conclu par une victoire sans équivoque lors des championnats canadiens juniors.

Mais après avoir franchi la ligne d’arrivée avec plus de six minutes d’avance sur sa plus proche rivale, Simone Boilard a été disqualifiée parce qu’elle avait utilisé une pièce d’équipement non réglementaire.

Tu fais la course. Tu lèves les bras et tu pleures avec ta famille. Et après ça, on te dit que ton vélo ne passe pas. Ça ne m'était jamais arrivé.

Simone Boilard, au sujet de la disqualification lors des championnats canadiens

L’athlète jure ne jamais avoir eu l’intention de tricher.

Elle raconte qu'à la Classique Winston-Salem, un braquet exceptionnellement installé sur sa roue arrière lui permettait d’atteindre une plus grande vitesse de pointe, ce qui est permis lors des épreuves seniors.

Après la chute qui l’a blessé à la tête, toute l’attention a été portée à sa remise en forme et les roues qu’elle utilise uniquement lors des courses ont été rangées sans que le fameux braquet, plus performant et interdit dans la classe junior, n’ait été remplacé.

« La première course que j’ai faite [après Winston-Salem], c’était les championnats canadiens. Mon père a tout pris le blâme, parce que c’est lui qui installé mes roues sur mon vélo avant la course, mais c’était à moi d’y penser. J’avais honte et j’étais fâchée. »

Championne dans la tête

Le lendemain, avec un équipement conforme, elle est revenue en force pour remporter l'épreuve du critérium.

« Ç’a fait du bien. Ça m’a permis de tourner la page. Je suis repartie sur une bonne note. OK, je ne porterai pas le maillot de championne canadienne, mais dans ma tête, je sais que je le suis. »

Simone Boilard espère conclure sa saison avec un bon résultat aux Mondiaux.

Mais avec toute la sagesse qui l’habite, elle est bien consciente qu’elle n’a que 18 ans et que chaque évènement qui marque son parcours d’athlète fait partie de ce qu’on appelle: l’apprentissage.

« C’est sûr qu’on rêve tous d’un podium, mais c’est une course d’un jour, on ne sait pas ce qui peut se passer. Il faut que tout s’aligne. Je pense que le processus est plus enrichissant que la course », conclut-elle.

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