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Édifice Louis-Saint-Laurent : une facture qui dépasse déjà 30 M$

Les dommages sont impressionnants depuis la façade de l’édifice. Une partie de la toiture s'est affaissée et des fenêtres sont brisées.

L'édifice Louis-Saint-Laurent est situé au 555, boulevard de la Carrière, à Gatineau (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Marier

Jean-Sébastien Marier
Laurie Trudel

Les travaux de décontamination à l'intérieur de l'édifice Louis-Saint-Laurent, à Gatineau, ont finalement commencé, lundi, plus de deux ans après l'incendie qui a fortement endommagé le bâtiment. Selon des chiffres obtenus par Radio-Canada auprès de Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC), la facture pour réhabiliter l'immeuble atteint déjà près de 33 millions de dollars, sans compter les travaux de réparation à venir.

Fait particulier : le ministère de la Défense nationale était locataire de l’édifice au moment du sinistre et, même si son contrat de location est venu à échéance après l’incendie, c’est le gouvernement fédéral qui doit gérer le laborieux processus de remise en état de l’immeuble, en vertu des dispositions du bail.

[Un ensemble de circonstances] font en sorte que l’enjeu est de plus en plus complexe, a expliqué à Radio-Canada le secrétaire parlementaire de la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, Steven MacKinnon. Nous devons agir pour restaurer, remettre à niveau l’immeuble pour que l’immeuble soit en état fonctionnel.

On parle d’un dossier tordu.

Steven MacKinnon, secrétaire parlementaire de la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement

La facture de quelque 33 millions encourue jusqu’à présent inclut 27 millions de dollars pour les travaux de stabilisation de l’immeuble, complétés en mars 2017, de même que le peaufinage de l’étude et la conception du projet de réparation. Les travaux de décontamination lancés cette semaine coûteront près de 5,8 millions dollars. Ils devraient être complétés d’ici l’été prochain.

Or, il est impossible dans l’immédiat de savoir combien coûtera précisément la facture totale pour compléter la remise en état. Dans un courriel à Radio-Canada, SPAC a indiqué que les plans et devis nécessaires pour la réparation de l’immeuble sont en voie d’être complétés.

Steven MacKinnon en entrevue sur la colline du Parlement, à l'extérieur, devant la pelouse.

Steven MacKinnon est le secrétaire parlementaire de la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement du Canada.

Photo : Radio-Canada

L’opposition officielle veut des réponses

Le député MacKinnon a précisé que le gouvernement fédéral travaille de concert avec son assureur. Toutefois, M. MacKinnon n’était pas encore en mesure de dévoiler combien d’argent Ottawa pourra se faire rembourser.

Cette situation fait bondir le lieutenant politique du Parti conservateur du Canada au Québec, Alain Rayes. Il est d’avis qu’Ottawa ne prend pas la situation suffisamment au sérieux. Il croit que le gouvernement devrait pouvoir donner une meilleure idée de la situation financière du projet.

On ne sent pas qu’il y a un plan. On n’a pas vraiment les estimés des coûts. [...] On a l’impression que l’argent n’est pas un problème pour le gouvernement libéral.

Alain Rayes, lieutenant politique du Parti conservateur du Canada au Québec

La facture atteint déjà presque la valeur de l’édifice Louis-Saint-Laurent au rôle d’évaluation foncière de la Ville de Gatineau pour 2018 à 2020, qui est évaluée à 37, 5 millions de dollars. Toutefois, il était hors de question de simplement raser l’immeuble, a souligné M. MacKinnon, puisqu’il n’est pas la propriété du fédéral.

Alain Rayes en entrevue à Radio-Canada devant l'édifice du Centre du Parlement, à Ottawa.

Le lieutenant politique du Parti conservateur du Canada au Québec, Alain Rayes.

Photo : Radio-Canada

Aucun plan pour la réintégration des fonctionnaires

Interrogé à savoir quand les fonctionnaires fédéraux pourront réintégrer l’édifice Louis-Saint-Laurent, M. MacKinnon a laissé entendre qu’il est possible que ce ne soit jamais le cas. Il a indiqué que toutes les options sont à l’étude une fois qu’Ottawa aura rempli ses obligations quant à la réhabilitation de l’immeuble. Il a souligné qu’Ottawa et l’entreprise propriétaire de l’édifice ont fait appel à la justice pour régler certains différends.

M. MacKinnon n’a pas exclu que les quelque 1800 fonctionnaires qui travaillaient dans l’édifice soient affectés ailleurs. Il se fait néanmoins un devoir, comme député de Gatineau, de s’assurer que ces travailleurs restent sur la rive québécoise de la rivière des Outaouais.

Un édifice en état « critique »

La condition physique de l’édifice Louis-Saint-Laurent est qualifiée de critique dans le Répertoire des biens immobiliers fédéraux. Selon une définition fournie par le Secrétariat du Conseil du Trésor, la classification critique signifie généralement que : « Les coûts de fonctionnement sont élevés, et les activités d’entretien et les réparations d’urgence ont souvent lieu. Le risque d’une défaillance des systèmes du bien immobilier ou de l’immeuble lui-même est élevé. Cette catégorie représente normalement la nécessité d’un investissement de plus de 30 % de la valeur de remplacement ».

Avec les informations de Pascal Charlebois

Ottawa-Gatineau

Politique fédérale