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Manon Massé, « pas gênée » devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Manon Massé s'exprime sur une scène.
Manon Massé a pris la parole mercredi devant 200 convives issus du milieu des affaires, à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Photo: La Presse canadienne / Ryan Remiorz
Radio-Canada

Manon Massé a profité de son passage devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain pour présenter sa vision d'une économie plus juste, où le partage de la richesse est au centre du développement.

La co-porte-parole de Québec solidaire (QS) a pris la parole devant quelque 200 convives, mercredi, afin d’expliquer la vision économique de son parti, connu pour ses positions plus à gauche que celles de ses adversaires.

Mme Massé a abordé la nécessité d’augmenter le salaire minimum. Avec la pénurie de main-d’œuvre, c’est le bon moment pour le faire, a-t-elle soutenu, arguant d’ailleurs que les bénéficiaires de cette augmentation feront rouler l’économie locale, contrairement aux grandes entreprises qui font dormir les surplus dans leurs coffres.

Elle a aussi longuement critiqué les salaires des dirigeants d’entreprises qui croissent rapidement, comparativement à ceux des travailleurs qui n’arrivent pas à soutenir l’augmentation du coût de la vie, ce qui l'a amenée à annoncer que son parti créerait un salaire maximum pour les hauts dirigeants dont les entreprises reçoivent des fonds de l’État.

Mme Massé a donné l'exemple de Bombardier. Après avoir reçu une aide de 1,3 milliard de dollars de l’État québécois en 2015, les dirigeants de l'entreprise ont vu leur salaire bondir de 50 % l’année suivante. Une situation inacceptable pour le parti. « Pour nous, c'est simple : si une entreprise a besoin de l’aide de l'État pour fonctionner, elle ne devrait pas verser des millions en bonis à ses dirigeants. »

« Ce sont de gros morceaux. Je me suis dit : pas gênée, je vais le dire en partant », a dit Manon Massé en rigolant, après avoir abordé ces deux aspects de la politique économique de QS devant un auditoire issu du milieu des affaires.

L’aspirante au poste de première ministre a ensuite évoqué différents thèmes chers à son parti, dont la gratuité scolaire « du CPE à l’université », les transports en commun et l’urgence d’agir pour contrer les changements climatiques.

« Si dans 30 ans, 40 ans, il ne nous reste plus rien que le mur, eh bien, je suis désolée, mais l’économie, quelle qu’elle soit, elle n’aura plus sa place », a-t-elle dit en référence au point de non-retour que la planète pourrait atteindre si rien n’est fait pour lutter contre le réchauffement climatique.

La co-porte-parole a ainsi mis la table pour évoquer son vaste plan de transition qui vise à « moderniser » l’économie québécoise pour lutter contre les changements climatiques. L’objectif de ce plan de transition économique est de diminuer les gaz à effet de serre (GES) de 48 % par rapport au niveau de 1990, d’ici 2030, et de 95 % d’ici 2050.

On est en 2018, pas dans les années 50. La politique des petits bouts de route de Maurice Duplessis, c'est peut-être encore bon pour gagner des votes, mais quand on connaît l'effet structurant du transport collectif, c'est un énorme pas en arrière pour notre développement économique.

Manon Massé, co-porte-parole de QS

En outre, le parti compte créer 300 000 emplois verts et durables d'ici 2030, notamment grâce à des investissements massifs dans le transport en commun et à la nationalisation des mines de lithium pour développer la production de batteries, leur réutilisation et leur éventuel recyclage.

Vers une révolution socialiste?

Après son allocution, Mme Massé a pris part à un échange avec le président de la Chambre, Michel Leblanc, qui lui a notamment demandé si Québec solidaire était un parti révolutionnaire socialiste. « Révolutionnaire, certes », mais pas nécessairement socialiste, a répondu la co-porte-parole, bien qu'elle mette l'accent sur l'importance de distribuer plus équitablement la richesse.

Mme Massé a, en somme, précisé qu'il fallait impérativement distinguer le programme de son parti, qui est basé sur une vision à long terme, des engagements pris dans l'éventualité d'un premier mandat, donc sur une période de quatre ans.

Elle a également voulu rassurer le milieu des gens d'affaires. « Québec solidaire n'a pas du tout envie de laisser tomber la petite ou moyenne entreprise, pas plus que la grande, [bien qu'on] impose que la richesse redescende vers le bas. L'économie privée a sa place dans le projet économique de Québec solidaire », précisant que le parti aiderait les entreprises à effectuer la transition économique et environnementale qu'il propose d'amorcer.

« On ne veut pas pénaliser les industries qui utilisent les hydrocarbures du jour au lendemain. On se voit dans un rôle d'accompagnateur », a-t-elle ajouté.

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