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À vélo avec le chef du Parti conservateur du Québec

Adrien Pouliot sur son vélo au bord du canal Lachine.
Le chef du PCQ, Adrien Pouliot, nous a rejoints à vélo dans Griffintown pour son entrevue. Photo: Radio-Canada / Daniel Blanchette Pelletier
Radio-Canada

Ancien adéquiste, Adrien Pouliot s'est opposé à la fusion du parti avec la Coalition avenir Québec. Le chef du Parti conservateur conçoit sa formation politique comme la seule option « à droite du centre » au Québec. Rencontre.

Un texte de Daniel Blanchette Pelletier

Adrien Pouliot avait rencontré François Legault dans sa résidence d’Outremont, avant qu’il ne transforme son manifeste en parti politique en 2011. Il n’avait pas été convaincu.

« La CAQ, ce n’est pas un parti de droite », résume Adrien Pouliot.

Celui qui avait travaillé à élaborer le programme de l’Action démocratique du Québec aux côtés de l’ex-député Gérard Deltell s’est donc fermement opposé à sa fusion avec le parti de François Legault.

« Beaucoup d’adéquistes sont restés dans les rangs de la CAQ, mais ils se sont rapidement rendu compte que M. Legault n’avait pratiquement rien pris du programme de l’ADQ », raconte-t-il.

En 2013, l'homme d'affaires opte donc pour le Parti conservateur du Québec (PCQ) et est rapidement choisi pour diriger la formation politique, fondée quatre ans plus tôt.

Nous avons proposé aux trois partis qui n'étaient pas représentés à l’Assemblée nationale avant sa dissolution et qui présentent le plus de candidats lors du scrutin du 1er octobre de mettre de côté leurs événements de campagne le temps de nous rencontrer. Ils ont tous opté pour une activité en plein air.

Un vide à droite

« Je pense qu’il y avait un vide à droite au Québec », poursuit-il. Même qu’avant l’ADQ il n’y avait rien, selon lui.

Pourtant, beaucoup de Québécois sont « conservateurs sans le savoir », assure Adrien Pouliot.

Est-ce qu’il y a trop de gaspillage? Oui. Est-ce qu’il y a trop de taxes? Oui. Est-ce que les services sont mauvais? Oui. C’est ça la droite. C’est d’avoir moins d’État, mais plus d’efficacité dans les services.

Adrien Pouliot

« Ce n’est pas de couper les services. Au contraire. C’est d’éliminer le gaspillage, les redondances et les redoublements, poursuit M. Pouliot. Et avec l’argent qui est épargné, d’avoir de meilleurs services ou de baisser les impôts. »

Il propose entre autres de réduire l’impôt des entreprises de 40 % pour attirer les investisseurs étrangers au Québec, et ainsi « créer de l'emploi et faire décoller l’économie. »

« Je veux que le Québec soit un acteur proactif dans la fédération canadienne, ajoute Adrien Pouliot. Qu’on joue la même game que les anglophones, la game de l’argent et des finances, et qu’on gagne. »

Parmi les propositions du PCQ :

  • mettre fin au monopole de la SAQ;
  • abolir Revenu Québec et instaurer la déclaration de revenus unique;
  • rémunérer les hôpitaux par épisodes de soins, établir un palmarès basé sur leur performance et ouvrir leur gestion au privé;
  • abolir les commissions scolaires francophones, mais conserver les anglophones;
  • abolir le ministère des Relations internationales, fermer toutes les délégations du Québec à l'étranger et rapatrier leur personnel;
  • mettre fin progressivement sur 3 ans aux subventions versées à Télé-Québec;
  • supprimer la TVQ sur les biens usagers et les produits culturels (musées, spectacles, cinéma, CD et DVD, notamment);
  • abolir les consignes de 5 cents sur les cannettes et de 10 cents sur les bouteilles et encourager leur recyclage.

Bien ancré au fédéral

Une affiche électorale en anglais.Le PCQ croit pouvoir faire des gains auprès de la communauté anglophone, désillusionnée par les libéraux, selon Adrien Pouliot. Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Le Parti conservateur du Québec a des « connexions » avec le fédéral, surtout au niveau des militants. Mais ce n’est ni son petit frère ni son cousin, assure le chef québécois.

« Il y a une certaine ressemblance au niveau économique, mais nous ne sommes pas des conservateurs sociaux », précise Adrien Pouliot. Le mariage gai et l'avortement ne sont pas du ressort du gouvernement, ce sont des « choix individuels », prend-il soin de souligner.

Adrien Pouliot en est à sa deuxième élection comme chef du parti. Il tentera de se faire élire pour une deuxième fois dans Chauveau, une circonscription de la Capitale-Nationale.

« Les libéraux sont en difficulté partout dans la région de Québec. C’est une lutte contre la CAQ, et je pense qu’on a de bonnes chances », estime-t-il à propos de Chauveau.

Les gens ne voteront pas pour la CAQ. Ils vont voter contre les libéraux. Nous, on leur dit qu’ils ont le choix de voter pour le Parti conservateur, un choix qui les rejoint.

Adrien Pouliot

Il croit d’ailleurs que son parti serait en mesure de faire des gains dans la région de Québec, en Beauce et même dans l’Ouest-de-l’Île de Montréal.

Les anglophones, selon lui, ne sont plus acquis aux libéraux. Ils n’ont plus peur non plus de diviser le vote et de favoriser ainsi le Parti québécois.

Son objectif : faire élire au moins un député le 1er octobre pour avoir une voix à l’Assemblée nationale. Il souhaite aussi augmenter le nombre de votes recueillis par le parti. Le PCQ a récolté 0,39 % des voix en 2014 et à peine 0,18 % en 2012.

Avocat de formation, hommes d’affaires aujourd’hui

Avant de s'investir en politique, Adrien Pouliot a notamment contribué au lancement de la chaîne TQS et à la création de l'Institut économique de Montréal.

« Je suis un homme d’affaires. J’ai réussi dans la vie au niveau financier », soutient celui qui travaille bénévolement comme chef du Parti conservateur à temps plein. S’il est élu, Adrien Pouliot versera son salaire de député à des oeuvres de charité.

L’homme d’affaires assure aussi qu’il placera ses actifs dans des fiducies sans droit de regard, pour éviter tout risque de conflit d’intérêts.

Est-il en faveur des paradis fiscaux? « Il y a des paradis fiscaux parce qu’il y a des enfers fiscaux », répond-il du tac au tac.

Le conservateur fait le pari qu’en diminuant les impôts des particuliers et des entreprises, ils ne chercheront plus des façons de réduire leur fardeau fiscal et cette richesse, qui échappe présentement au Québec, serait ainsi rapatriée.

Cette vision économique est partagée par le parti, comme par les candidats de son équipe. « Ce sont tous des candidats qui sont convaincus. Ça, ça me fait chaud au cœur », dit-il.

L'affiche électorale d'une candidate du Parti conservateur du Québec. Caroline Orchard est l'une des rares candidates conservatrices. Photo : Radio-Canada / Daniel Blanchette Pelletier

Le Parti conservateur du Québec présente 101 candidats à travers le Québec et est même représenté pour la première fois au Saguenay‒Lac-Saint-Jean.

Fier de son équipe diversifiée, il admet cependant avoir plus de difficulté à recruter des femmes. « Ça a toujours été un défi pour les conservateurs », soutient-il.

Contrairement à Québec solidaire, Adrien Pouliot ne croit pas que la question de l’urne le 1er octobre soit l’environnement. Pas plus que l’immigration, comme le suggèrent les autres grands partis.

« Moi, je pense que c’est le changement, la question de l’urne. Qui peut nous débarrasser des libéraux? Qui peut vraiment apporter du changement au Québec? »


Ces petits partis atteignent-ils la parité?

Mis à part les quatre principaux partis, seules trois autres formations politiques atteignent la zone paritaire (de 40 % à 60 % de candidatures féminines).

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