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  • Henryk Szeryng, un violoniste au destin remarquable

    Plan rapproché du violoniste Henryk Szeryng en performance avec des musiciens à l'arrière.

    Dans un studio de télévision, les musiciens de l'Orchestre de Radio-Canada et le violoniste mexicain d'origine polonaise Henryk Szeryng.

    Photo : Radio-Canada / André Le Coz

    Radio-Canada

    Il y a 100 ans naissait le musicien et intellectuel mexicano-polonais Henryk Szeryng. Le violoniste virtuose a été un ambassadeur de la culture mexicaine et un défenseur de la cause juive pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Découvrez son parcours exceptionnel.

    Comme s’il était destiné à devenir un des virtuoses les plus prolifiques du 20e siècle, Henryk Szeryng naît à deux pas de la maison de Frédéric Chopin, en Pologne, le 22 septembre 1918.

    Dès sa plus tendre enfance, sa mère lui enseigne le solfège et le piano. Mais c’est avec le violon qu’il trouve sa voie. Il apprend à jouer de l’instrument auprès des plus grands noms du milieu classique européen.

    Il étudie en Pologne, en Allemagne et France. Pendant ses études, il apprend les différentes langues des pays où il séjourne. À la fin de sa vie, il en parle 11.

    Sa longue carrière de violoniste concertiste est lancée en 1933. Elle durera 55 ans.

    En peu de temps, sa renommée le fait connaître à l’extérieur de l’Europe, et il se produit dans des salles du monde entier. En 1960, Henryk Szeryng est de passage à Montréal et s'y produit en concert avec le pianiste Charles Reiner.

    Le spectacle est retransmis sur les ondes de Radio-Canada. Avant le concert, il s’entretient avec la journaliste Janine Paquet pour l’émission Ce soir du 1er février 1960.

    Il ne tarit pas d’éloges pour l’accueil que Montréal lui réserve. Il présente également son violon à « la sonorité spécialement prenante et humaine », un instrument exceptionnel fabriqué en 1742.

    Ce soir, 1er février 1960

    Pendant l’entrevue, il évoque son affection pour le Mexique, sa terre d’accueil depuis 1943. En effet, pendant la Seconde Guerre mondiale, Henryk Szeryng s’exile d’Europe et s'installe d’abord au Brésil avant de se rendre au Mexique.

    Souhaitant s’impliquer dans l’effort de guerre, il devient un agent de liaison du général Sikorski, premier ministre polonais en exil.

    Ensemble, ils interviennent auprès du Mexique pour demander l’accueil de 4000 réfugiés polonais. Ce qui leur est accordé. Henryk Szeryng décide également de s'y établir de manière permanente.

    Dans cette nouvelle patrie, Henryk Szeryng adopte une nouvelle vie. Il obtient la nationalité le 21 octobre 1948.

    Dans ces mêmes années, soit de 1945 à 1956, il enseigne le violon à l'Université de Mexico.

    À cette époque, en plus des tournées de concerts qu’ils continuent d’effectuer, il s’engage ardemment à promouvoir la culture du Mexique. Il se fait ainsi « l’apôtre de la musique mexicaine ».

    En 1956, il est nommé ambassadeur officiel de la culture mexicaine et devient ainsi le premier artiste à obtenir un passeport diplomatique.

    Le 5 mai 1970, il devient un conseiller culturel pour la Délégation permanente du Mexique auprès de l'UNESCO.

    Henryk Szeryng jouant du violon devant un orchestre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

    Dans un studio de télévision, le violoniste soliste d'origine polonaise Henryk Szeryng accompagné des musiciens de l'Orchestre de Radio-Canada.

    Photo : Radio-Canada / Henri Paul

    Toutes ces années, il poursuit sa carrière de concertiste, voyage à travers le monde et joue les plus grandes pièces de musique classique.

    Le violoniste meurt subitement à Kassel le 3 mars 1988.

    Deux jours avant sa mort, il jouait le Concerto pour violon et orchestre de Brahms, la première œuvre qu’il avait interprétée publiquement en 1933.

    Quelques années auparavant, il avait émis le souhait, prophétiquement, que cette œuvre constitue sa dernière prestation.

    Le virtuose a ainsi terminé sa vie sur sa note préférée.

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