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L'Université York accusée de museler des étudiants  

Des représentants du syndicat canadien de la fonction publique, de l'association des étudiants et de l'association facultaire de l'Université York rassemblés à Queen's Park.
Le syndicat canadien de la fonction publique, l'association des étudiants et l'association facultaire de l'Université York unissent leur voix et dénoncent l'attitude de la direction. Photo: Radio-Canada

Plusieurs voix s'unissent pour dénoncer l'attitude de l'Université York, à Toronto, à l'égard d'étudiants qui se sont exprimés publiquement pendant la grève des chargés de cours. Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et l'association étudiante allèguent que huit étudiants ont été injustement ciblés puis accusés par la direction, en vertu du code de conduite.

Le code de conduite de l'Université York indique que les étudiants s'exposent à des amendes qui peuvent s'élever à 1000 dollars. L'expulsion est aussi l'une des sanctions possibles.

Le professeur Stefan Kipfer est le directeur de l'un des étudiants accusé d'un manquement au code de conduite. Il dénonce l'attitude de la direction de l'université, qui selon lui, brime la liberté d'expression sur le campus.

Le professeur Stefan Kipfer. Stefan Kipfer est le professeur d'un des étudiants accusés d'avoir enfreint le code de conduite de l'université. Photo : Radio-Canada

C'est une atteinte à la liberté d'expression, mais aussi une atteinte au droit des étudiants à mener des manifestations paisibles et légales.

Stefan Kipfer, professeur à la faculté d'études environnementales

La section locale du SCFP représente certains des étudiants accusés, qui sont aussi des employés de l'Université York. Le Syndicat estime que la direction de York tente par cette manoeuvre d'intimider la population étudiante en la muselant.

On tente ici d'envoyer le message selon lequel si vous parlez ou essayez de surveiller l'université, vous devez vous attendre à des conséquences. Ce n'est pas quelque chose que nous pouvons laisser aller, explique le représentant syndical Devin Lefebvre.

Photo d'une étudiante qui tient une affiche disant que les étudiants et les travailleurs sont unis.L'étudiante Olivia Horzempa venue donner son appui aux grévistes pendant le conflit de travail au printemps. Photo : CBC/Makda Ghebreslassie

Sur les huit étudiants accusés, trois sont inscrits à un programme de premier cycle. Aux dires de leur association étudiante, ils font partie des étudiants « qui ont été les plus actifs dans les médias tout au long de la grève ».

Des études en péril

Le groupe derrière l'action en justice craint aussi que la session universitaire des étudiants soient en péril. L'établissement post-secondaire a le pouvoir d'expulser les étudiants, ce qui voudrait dire pour certains la perte de leur visa canadien, note M. Lefebvre.

Ce sont des menaces très sérieuses qui se dressent devant ces étudiants, indique Devin Lefebvre.

Ils ont peur. Il n'y a que très peu de recours. Il n'y a pratiquement aucune structure d'appel.

Devin Lefebvre, local 3903 du syndicat canadien de la fonction publique

L'Association facultaire estime que les tensions sont encore vives sur le campus de l'université, moins de deux mois après la fin du conflit de travail et que ces accusations n'aident en rien la situation.

Ces actions-là ont déjà accentué les tensions au lieu d'essayer de les réparer, avoue Stefan Kipfer.

Espaces sécuritaires

Dans une déclaration écrite, la direction de l'Université confirme que des plaintes ont été déposées « contre un petit groupe d’étudiants » qui auraient enfreint le code de conduite.

L’Université n’a pas et ne cherchera pas à punir un étudiant ou un membre de la communauté simplement en raison de sa participation à la récente grève, écrit la porte-parole Janice Walls.

Elle ajoute que la direction va continuer de défendre le droit à la liberté d'expression, mais qu'il est aussi de son devoir d'offrir à la communauté étudiante « des espaces sécuritaires ».

La déclaration ne précise pas si le processus d'accusations contre les huit étudiants sera abandonné ou non.

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