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L’aspirine au quotidien sans réel effet préventif pour les aînés

Le reportage de Normand Grondin.
Radio-Canada

Une faible dose quotidienne d'aspirine ne prévient pas les crises cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux, la démence ou l'incapacité physique chez les aînés, montrent trois études publiées dans le New England Journal of Medicine (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Un texte d'Alain Labelle

En fait, les personnes âgées qui prennent une faible dose quotidienne étaient plus susceptibles de souffrir d'hémorragies internes graves que ceux qui ont pris un placebo.

En outre, les chercheurs ont même observé plus de décès parmi ceux qui prenaient de l'aspirine, bien que ce résultat ne soit pas statistiquement significatif.

Ces résultats ont été obtenus grâce à l’étude ASPREE (Aspirine in Reducing Events in the Elderly) à laquelle ont participé près de 20 000 personnes âgées de 70 ans et plus aux États-Unis et en Australie.

La moitié de ces aînés a pris au hasard 100 milligrammes d'aspirine par jour tandis que l'autre moitié a pris un placebo pendant environ cinq ans.

L’étude a commencé en 2010 et était supervisée par le Dr John McNeil de l’Université Monash de Melbourne, en Australie.

Le saviez-vous?

L'acide acétylsalicylique (aspirine) est le médicament le plus couramment consommé sur la planète, et son efficacité contre la fièvre, la douleur, l'inflammation et comme antiagrégant plaquettaire est bien connue.

L'aspirine est aussi un traitement bien établi pour la prévention d’un second événement cardiovasculaire (maladies coronariennes, infarctus, AVC, accidents ischémiques cérébraux).

Toutefois, son rôle dans la prévention primaire des maladies cardiovasculaires et d’autres problèmes de santé n'était pas clairement établi, en particulier chez les personnes âgées, qui présentent un risque accru.

Dans l'ensemble de la population étudiée, le traitement de 100 mg d'aspirine à faible dose par jour n'a pas influé sur le taux de survie sans démence ni incapacité.

Ainsi, 90,3 % de ces personnes âgées demeuraient en vie à la fin du traitement sans incapacité physique persistante ou démence, comparativement à 90,5 % pour celles qui prenaient un placebo.

Le risque de décès

Le groupe prenant de l'aspirine présentait un risque accru de décès comparativement au groupe placebo : 5,9 % des participants prenant de l'aspirine et 5,2 % des participants prenant le placebo sont décédés pendant l'étude.

Cet effet de l'aspirine n'a pas été noté dans des études antérieures, et il faut interpréter ce résultat avec prudence, notent les auteurs.

Selon les chercheurs, le taux de mortalité plus élevé dans le groupe traité avec de l'aspirine était principalement attribuable à un taux plus élevé de décès par cancer. Cette différence pourrait être due au hasard.

Et pour le cœur?

C’est un fait établi, lorsque quelqu’un a déjà subi un accident cardiaque, les effets de l’aspirine sont incontestés. De nombreux travaux ont montré que l'aspirine à faible dose réduit considérablement les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux subséquents chez ces patients.

Les présents travaux ont permis d’établir que les taux d'événements cardiovasculaires majeurs (maladies coronariennes, infarctus et accidents ischémiques cérébraux) étaient semblables dans les deux groupes étudiés pour les personnes qui n’avaient jamais eu d’événement.

Dans le groupe recevant de l'aspirine, 448 personnes ont subi des événements cardiovasculaires sérieux, comparativement à 474 dans le groupe placebo.

L’étude se poursuit

Les chercheurs vont continuer de suivre les participants pour étudier les effets à long terme de la prise d’aspirine. Selon eux, les données concernant le cancer et la démence pourraient différer à long terme de ceux observés à ce jour.

Médecine

Science