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Interdiction du cannabis dans les lieux publics : « Pas une prohibition », dit la CAQ

Le candidat de la CAQ Ian Lafrenière

La CAQ propose d'interdire le cannabis dans les lieux publics.

Photo : Radio-Canada / Cimon Leblanc

Radio-Canada

Interdire la consommation de cannabis dans les lieux publics ne « constitue pas une prohibition », se défend la Coalition avenir Québec. Alors que la marijuana sera légalisée dès le 17 octobre dans l'ensemble du Canada, la CAQ promet de faire respecter le règlement qu'elle veut imposer avec la création d'une infraction pénale.

Un texte de Romain Schué (Nouvelle fenêtre)

Comme elle l’avait déjà annoncé au début de la campagne électorale, la CAQ compte augmenter l’âge légal de consommation du cannabis. Alors que le gouvernement libéral sortant avait opté pour 18 ans, la CAQ propose un âge minimum de 21 ans.

Cette disposition pourrait cependant prendre quelques mois avant d’être mise en place en raison des délais parlementaires, convient le parti. « On va enclencher rapidement les processus pour ramener l’âge légal à 21 ans », a détaillé l’ex-procureure de la commission Charbonneau, Sonia LeBel.

Le montant de l’infraction n’a pas été dévoilé. C’est un « détail » qui devra être débattu en commission parlementaire, a précisé la candidate caquiste dans Champlain, en Mauricie.

Les propositions de la CAQ :

  • Interdiction de fumer dans les lieux publics
  • Âge légal à 21 ans
  • Pas de point de vente à proximité d’un établissement scolaire

La CAQ a balayé l’idée d’un flou auprès de la population, puisque la réglementation entrera en vigueur le 17 octobre avec un âge minimum à 18 ans et une possibilité de fumer dans les lieux publics, selon les décisions prises par les municipalités.

« Il n’y a pas de cachette, on annonce nos couleurs », a prévenu Ian Lafrenière, ancien porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et candidat dans Vachon, en Montérégie.

« Comme père de famille, je me déplace pour voir un spectacle, puis ma jeune fille de 8 ans me dit : "Papa, j’ai mal au cœur". C’est là que ça devient problématique », soutient-il.

Ce dernier, pressenti pour occuper le poste du ministre de la Sécurité publique en cas de victoire électorale de la CAQ, n’a cependant pas voulu confirmer si les policiers appliqueront bel et bien ce règlement envisagé par le parti de François Legault, absent de cette conférence de presse. Ce dernier se préparait pour le dernier débat prévu jeudi, selon les indications de son entourage.

On n’envoie pas une commande aux policiers. On ne s’ingérera pas, a mentionné Ian Lafrenière. Il y a des règlements, c’est aux policiers de les appliquer. Mais oui, ça va être ce règlement qui va exister. Comment il va s’appliquer, ce n’est pas à nous de le dire.

Ian Lafrenière

Il y aura « toujours » de la contrebande

Concernant la consommation du cannabis dans les résidences privées, la CAQ laisserait le choix aux propriétaires et aux assemblées de copropriétés.

« Le droit de fumer du cannabis n’est pas un droit inaliénable », a soutenu le député sortant Simon Jolin-Barrette, en réponse à la question d’un journaliste lui demandant les possibilités pour un citoyen s'il lui était interdit de fumer dans les lieux publics et dans son domicile.

« Ça ne constitue pas une prohibition », a-t-il ajouté, en précisant qu’un gouvernement caquiste n’interviendrait pas sur la consommation d’alcool ou du tabac.

Ian Lafrenière a également renié les affirmations de Philippe Couillard. Le chef libéral avait déclaré, fin août, qu’augmenter l’âge légal pourrait pousser les jeunes à se tourner vers les Hells Angels.

« Il va toujours y avoir de la contrebande et le crime organisé ne fermera pas au Québec », a-t-il affirmé.

Uniformité

Comment ce règlement sera-t-il perçu auprès des municipalités? À plusieurs reprises, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, tout comme son prédécesseur Denis Coderre, s’était montrée ouverte à une telle consommation dans les lieux publics, tout en fixant des interdictions aux endroits où le tabac est interdit.

La CAQ nie toute idée d’ingérence avec le pouvoir des Villes. « On n’empiète pas du tout sur l’autonomie des municipalités », a assuré Simon Jolin-Barrette. L’idée, a-t-il détaillé, serait « de ne pas se retrouver avec des disparités importantes ».

« C’est important que sur l’ensemble du territoire québécois, ce soit le même règlement qui soit appliqué », a repris le candidat caquiste.

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