•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Un visage, un nom » : les Premières Nations invitées à identifier leurs ancêtres

Une photo d'archive.

L'équipe de hockey du pensionnat de Maliotenam. Plusieurs de ces jeunes demeurent non identifiés.

Photo : Bibliothèque et Archives Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Près de 12 millions de photographies d'Autochtones, certaines datant du 19e siècle, attendent toujours une légende à Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Grâce à un nouvel outil de recherche, l'établissement fédéral peut convier les Premières Nations à mettre un nom sur tous ces visages anonymes.

Un texte de Jean-Louis Bordeleau

Nous pensons que seuls 2 % [des photos d'Autochtones] ont une identification complète présentant le qui, le quoi, le et le quand, estime Normand Charbonneau, chef de l'exploitation à Bibliothèque et Archives Canada.

Le projet « Un visage, un nom » a débuté en 2002. D'abord axée sur les photographies des peuples inuits, la numérisation des archives permet peu à peu d'offrir le service aux Premières Nations et aux Métisses.

Pour compléter les légendes de toutes ces photos, BAC offre depuis peu une plateforme à la manière de Wikipédia. Les internautes peuvent ainsi naviguer parmi les archives numérisées, suggérer des informations et même traduire certains textes, indique Normand Charbonneau.

Il y a beaucoup d'Innus, précise-t-il.

Une photo d'archive3Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des Innus fabriquant des canots sur le bord de la rivière North West, vers 1920

Photo : Bibliothèque et Archives Canada

Des fonctionnaires du gouvernement fédéral, des missionnaires et des ethnologues ont réalisé l'essentiel de ces clichés.

À l'époque, dans un contexte colonial, souffle Normand Charbonneau, la personne était secondaire comparée au sujet qui intéressait le photographe. Les costumes, coutumes et modes de vie intéressaient ainsi davantage que l'identité de la personne.

Par exemple, femme innue avec ses enfants suffisait comme légende pour les photographes de l'époque.

Le volume des archives papier représente « 260 kilomètres d'épaisseur », indique par ailleurs Normand Charbonneau.

Ça ne finira jamais, parce qu'on va continuer à acquérir des choses et on va redécouvrir des documents.

Normand Charbonneau, sous-ministre adjoint et chef de l'exploitation, Bibliothèque et Archives Canada
Ces quatre Inuits, debout près du rivage à Baker Lake (Qamanittuaq), au Nunavut, n’ont toujours pas été identifiés.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ces quatre Inuits, debout près du rivage à Baker Lake (Qamanittuaq) au Nunavut, n’ont toujours pas été identifiés.

Photo : Bibliothèque et Archives Canada (BAC)

Projet commencé dans le Nord

Ce projet a été lancé il y a plus de 15 ans chez les Inuits du Nunavut, raconte Normand Charbonneau.

À l'époque, un professeur de l'Université Carleton encourage les étudiants venus du Grand Nord pour étudier à Ottawa à rapporter chez eux, l'été, des photocopies d'archives. De fil en aiguille, des réunions sont organisées avec les anciens Inuits. Ainsi, commence l'identification des personnes, des lieux, et des dates des archives canadiennes.

Barnabus Arnasungaaq, de Baker Lake, au Nunavut, en 1949.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Barnabus Arnasungaaq de Baker Lake au Nunavut, en 1949

Photo : S.J. Bailey / Canada, Affaires indiennes et du Nord Canada / Bibliothèque et Archives Canada

Puis, récemment, Ottawa a offert à Bibliothèque et Archives Canada un financement pour numériser l'essentiel de la collection autochtone. C'est dans ces conditions que « Un visage, un nom » a pu s'étendre aux Premières Nations.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !