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Aide à mourir : les conditions poussent une Néo-Écossaise à vouloir partir plus tôt

Audrey Parker lit sur un ordinateur, couchée dans son lit.
Audrey Parker, 57 ans, est atteinte d'un cancer incurable. Photo: CBC/Kayla Hounsell
Radio-Canada

Audrey Parker est une Néo-Écossaise de 57 ans atteinte d'un cancer du sein de stade 4. Elle a décidé de se prévaloir de la loi fédérale sur l'aide médicale à mourir plus tôt qu'elle l'aurait souhaité à cause des limites prévues par la loi.

Selon ces conditions, la personne qui demande l’aide à mourir doit notamment pouvoir donner un consentement éclairé, non seulement au moment de présenter la demande, mais aussi immédiatement avant d’obtenir l’aide qui mettra fin à ses jours.

Mme Parker répond à tous les critères : sa maladie est grave et irrémédiable et, dans son état actuel, elle a pu choisir l’aide à mourir en toute connaissance de cause.

La procédure a donc été approuvée dans son cas, mais elle craint que cette approbation soit retirée plus tard.

À partir du moment où j’ai signé les papiers [...] la décision devrait être finale. Mais je crains tout de même que si je perds mes facultés mentales, ils ne me la donnent pas [l’aide à mourir]. Je ne pourrai alors mourir dans la dignité.

Audrey Parker

Le cancer de Mme Parker s’est répandu à ses os et à son cerveau. Elle craint que sa progression lui fasse perdre à un certain moment sa lucidité et qu’ainsi l’aide à mourir lui soit refusée.

Pour ne pas courir ce risque, elle a choisi de mourir plus tôt que tard.

Un choix déchirant

Elle n’est pas la seule à devoir faire ce choix déchirant, selon Jim Cowan, président du conseil d’administration de l’organisme Dying with Dignity Canada, qui milite pour le droit des Canadiens qui souffrent de maladies incurables de mourir dans la dignité.

Il estime qu’Ottawa devrait modifier la loi fédérale pour autoriser l’aide à mourir plus tôt. Actuellement, la loi précise que le malade doit en être à un point où [sa] mort naturelle est devenue raisonnablement prévisible.

Selon M. Cowan, les puissants médicaments donnés aux personnes en fin de vie pour atténuer leurs souffrances nuisent parfois à leurs facultés mentales.

Pour que la personne soit admissible à l’aide à mourir, ces médicaments doivent être retirés et, alors, les douleurs reviennent et les capacités [se détériorent]. Ça me semble inhumain, déplore-t-il.

Une révision

Le gouvernement fédéral a mandaté le Conseil des académies canadiennes, un groupe d’experts, de faire une révision de certains types de demandes d’aide à mourir : celles de mineurs considérés comme matures, celles où la maladie mentale est la condition qui motive la demande, et les demandes de mort précoce.

Selon la présidente du groupe de travail formé pour étudier ce dernier type de demande, Jennifer Gibson, du Centre de bioéthique de l’Université de Toronto, la révision devrait permettre de s’assurer que les patients obtiennent une réponse à toutes leurs questions, qu’ils sont bien renseignés, qu’ils choisissent l’aide à mourir en connaissance de cause et que la décision ultime leur revient.

Le rapport de son groupe sera déposé en décembre. Selon un porte-parole de Santé Canada, les parlementaires s’en inspireront pour une révision future de la loi.

Audrey Parker n’est toutefois pas prête à attendre. Elle a choisi de mourir le 1er novembre dans sa maison à Halifax, avec sa mère à ses côtés.

D'après un reportage de Kayla Hounsell, CBC

Avec les informations de CBC

Nouvelle-Écosse

Aide médicale à mourir