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Les patients qui reçoivent des soins palliatifs vont moins souvent aux urgences

Un médecin pratique des soins à domicile auprès d'une vielle femme.
Les patients qui reçoivent des soins palliatifs à domicile ont 2,5 plus de chances de mourir à la maison, d'après les données de l'Institut canadien d'information sur la santé. Photo: iStock
Radio-Canada

La plupart des Canadiens qui reçoivent des soins palliatifs n'en bénéficient qu'au cours du dernier mois de leur vie, indique un nouveau rapport de l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS). L'étude indique aussi que les patients qui reçoivent ce type de soins plus rapidement sont moins susceptibles de visiter les salles d'urgences des hôpitaux.

Un texte de Michaële Perron-Langlais

L’Institut révèle également que l’âge d’un patient et la maladie dont il souffre ont un rôle à jouer en ce qui concerne l’accès à ce type de soins.

Les soins palliatifs regroupent une variété de services visant à améliorer la qualité du quotidien de personnes qui sont souvent en phase de fin de vie. Il peut entre autres s’agir de soutien psychologique ou de traitements pour soulager la douleur.

Avec le vieillissement de la population canadienne, les besoins pour ce type de soins devraient augmenter dans les prochaines années, estime l’ICIS. Pour aider les responsables des services de santé du pays à s’y préparer, l’organisme a voulu dresser le portrait des soins palliatifs financés par le secteur public au Canada.

Mourir chez soi

Selon le rapport de l’ICIS, trois Canadiens sur quatre souhaitent mourir à la maison, et ceux qui bénéficient de soins palliatifs à domicile ont 2,5 fois plus de chance de voir cette volonté respectée.

L’étude démontre également que les patients bénéficiant de ce type de soins plus de 30 jours avant leur décès sont moins susceptibles de se rendre aux urgences ou de visiter les soins intensifs.

« Nos données révèlent que l’intégration précoce des soins palliatifs, en particulier à domicile, peut améliorer la qualité de vie [des patients] », indique dans un communiqué Kathleen Morris, la vice-présidente à la recherche de l’organisme. « Elle leur apporte un soutien durant leurs derniers jours à l’endroit où elles se sentent le plus à l’aise. »

Selon l'étude, 62 % des soins palliatifs dispensés au Canada sont actuellement offerts dans un hôpital de soins de courte durée.

L’ICIS souligne toutefois que le manque de données disponibles sur l’accès aux soins palliatifs en milieu communautaire limite les conclusions du rapport.

Accès plus difficiles pour les plus jeunes et les plus âgés

D’après les données étudiées par l’ICIS, les patients de moins de 45 ans et ceux de plus de 74 ans sont moins susceptibles de recevoir des soins palliatifs au Canada.

Ce type de soins serait également moins bien adapté aux besoins des jeunes patients, d’après Bronwen Garand-Sheridan, une patiente manitobaine consultée par l’ICIS.

Aujourd’hui âgée de 33 ans, elle a reçu des soins palliatifs au début de la vingtaine, alors qu’elle combattait un cancer. « J’ai vécu une expérience pénible en raison du manque de connaissances quant à mes besoins de jeune adulte », a-t-elle confié à l’organisme.

En plus de l’âge du patient, la maladie dont il souffre a aussi un rôle à jouer en ce qui concerne les soins visant à améliorer sa qualité de vie.

Le rapport de l’ICIS souligne que les Canadiens atteints d’un cancer ont trois fois plus de chance de recevoir des soins palliatifs que ceux atteints d’un autre type de maladie, même si des recherches ont démontré les bienfaits de ces services pour ceux qui souffrent notamment d’insuffisance cardiaque, de démence ou de maladies pulmonaires.

En plus d’améliorer la qualité de vie des malades, les soins palliatifs peuvent aussi soulager leurs proches, qui vivent souvent beaucoup de stress. Un rapport publié l'été dernier en Colombie-Britannique révèle d’ailleurs que près d’un tiers des aidants naturels de la province souffrent de détresse psychologique.

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