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L’opposant russe Piotr Verzilov a probablement été empoisonné

Le reportage de notre correspondante à Moscou, Tamara Altéresco

Les médecins allemands qui soignent le membre du groupe punk Pussy Riot hospitalisé depuis une semaine brisent le silence et avancent qu'il a probablement été empoisonné par une substance neurotoxique.

Piotr Verzilov, qui a la double citoyenneté russe et canadienne, avait d’abord été hospitalisé pendant quatre jours dans un état grave à Moscou. Il avait ensuite été transféré dans un hôpital de Berlin, où son état s’est amélioré et n’inspire plus l’inquiétude.

« Il est hautement probable qu’il ait été empoisonné », a déclaré le Dr Kai-Uwe Eckardt, de l’hôpital universitaire de la Charité à Berlin.

Le médecin a toutefois précisé qu’il y avait peu de probabilités de déterminer la substance en question.

Le 11 septembre dernier, quelques heures après un procès où sa compagne comparaissait pour désobéissance envers un policier, l’opposant russe avait temporairement perdu la vue, la parole et l’usage de ses jambes.

C'est grâce à sa citoyenneté canadienne que Piotr Verzilov a pu rapidement être transféré en Allemagne.

« Une tentative d’assassinat », dit son ex-femme

Pour sa mère et son ex-femme, une des fondatrices de Pussy Riot, Piotr Verzilov a été la cible d’un complot du gouvernement russe, qui voulait se venger de l’embarras provoqué par l’invasion de la pelouse du stade de Moscou par un groupe de militants, sous les yeux du président Vladimir Poutine, lors de la finale de la Coupe du monde de soccer en juillet.

« Il s’agit probablement d’une tentative d’assassinat, ou au moins d’intimidation », soutient son ex-femme, Nadejda Tolokonnikova.

L'activiste de 30 ans est aussi le fondateur d'un site Internet anti-Kremlin.

Son avocat explique que le militant est très rassembleur, ce que le pouvoir russe ne lui pardonne pas, selon lui. Il est pour sa part convaincu que cet empoisonnement présumé est un sérieux avertissement que lui lance le régime russe.

Le Canada est préoccupé

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a indiqué mardi que le gouvernement canadien est préoccupé par le constat des médecins et qu’il suit de très près le dossier de l’opposant russe.

Il est aussi citoyen canadien. Nous avons assuré à sa famille que le Canada est là pour l’appuyer.

Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères du Canada

La ministre ajoute que le Canada est prêt à « agir de façon appropriée », même si pour l’instant, elle ne fait aucune allusion au gouvernement russe ni à la possibilité qu'il soit impliqué dans cette affaire d'empoisonnement.

Avec les informations de Associated Press, et Reuters

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