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Immigration : Legault ne veut pas négocier « à court terme » avec Ottawa

L'entrevue de Céline Galipeau avec François Legault, chef de la CAQ
Radio-Canada

S'il affirmait, il y a un peu moins de deux semaines, que les présentes élections lui permettraient d'obtenir un « mandat » et une « légitimité » pour négocier avec le gouvernement fédéral et obtenir davantage de contrôle sur l'immigration, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, semble maintenant vouloir d'abord se concentrer sur le champ d'action que possède déjà la province.

Un texte de Marc-Antoine Ménard

En entrevue au Téléjournal avec Céline Galipeau, mardi soir, M. Legault a surtout parlé des changements qu’il veut apporter à la sélection des immigrants économiques, la seule des trois catégories (les autres étant la réunification familiale et les réfugiés) sur laquelle le Québec exerce sa compétence.

À court terme, on ne veut pas rien négocier avec Ottawa.

François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

« On veut, à l’avenir, qu’il y ait des conditions avant que le gouvernement du Québec donne le certificat de sélection, a expliqué le chef de la CAQ. Donc, on n’est pas en train de parler, comme le dit M. Couillard en faisant peur au monde, d’expulsion. »

Le parti de François Legault exigerait, s’il était porté au pouvoir, que les immigrants réussissent des tests de français et de valeurs trois ans après leur arrivée au Québec. Sinon, « c’est comme un travailleur qui a un permis temporaire et le permis est échu. La personne se retrouve sans statut, illégale, appelez ça comme vous voulez », a résumé le chef caquiste mardi soir, alors qu’il avait eu davantage de difficulté à expliquer la mécanique de ses propositions dans les jours précédents.

M. Legault promet de réduire le seuil global d’immigration à 40 000 personnes par année, pour mieux les intégrer et éviter que 26 % d'entre elles quittent la province, comme le chef caquiste le répète sans cesse depuis le début de la campagne. « Toutes proportions gardées, à 40 000, le Québec va recevoir plus d’immigrants que les États-Unis ou la France », a-t-il illustré.

Le chef de la CAQ souhaiterait y arriver en diminuant d’environ 20 % le nombre d’immigrants dans les trois catégories, dont deux où Ottawa a une compétence exclusive.

« Je pense que je vais avoir toute la légitimité pour aller négocier avec Ottawa », disait-il le 7 septembre, lors d’un point de presse à Trois-Rivières. « Je veux avoir un mandat, avait déclaré le chef de la CAQ. Je l’ai répété assez souvent que je voulais aller chercher des pouvoirs à Ottawa. »

L'argument économique

Interrogé sur d’éventuelles discussions à ce sujet avec Québec, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, affirmait, le 11 septembre à Winnipeg, qu’il avait toujours été prêt à travailler avec les provinces sur leurs priorités.

Tout en disant ne pas vouloir s’ingérer dans le débat électoral québécois, M. Trudeau avait tout de même souligné qu’il demeurait « en faveur fortement de l’immigration comme source de croissance économique ».

À ce propos, lorsque l’animatrice Céline Galipeau a cité l’exemple de la Beauce pour expliquer l’importance de l’immigration pour les employeurs dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, François Legault a répondu qu’il souhaitait justement, par les changements qu’il propose, favoriser l’intégration des nouveaux arrivants à l’extérieur des grands centres.

« Ils n’y vont pas, en Beauce, les immigrants viennent tous à Montréal avec le modèle libéral, a-t-il lancé. Il y a des entreprises en Beauce qui me disent : j’ai même identifié des immigrants à l’étranger qui seraient prêts à venir travailler chez moi, mais ils sont pris dans la bureaucratie, ça prend des années avant de les avoir. »

Moi, ce que je veux, c’est que ces immigrants-là passent en premier, qu’on dise : ceux qui sont capables de prendre des emplois demain matin, qu’on les accueille rapidement, c’est ça que je souhaite, mais actuellement, ça ne fonctionne pas.

François Legault, chef de la CAQ

L’enjeu de l’immigration pourrait-il nuire à la campagne de la CAQ? « Je pense que les gens sont beaucoup plus intelligents que ce que pense M. Couillard, et ce n’est pas vrai que la question de l’urne va être seulement autour de l’immigration », a répondu François Legault.

Avec la collaboration de Romain Schué

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