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Manque criant de pilotes à l’Aviation royale canadienne

L'avion prend son envol.
Un chasseur CF-18 Hornet des Forces armées canadiennes. Photo: Getty Images / AFP/Geoff Robins
Radio-Canada

L'Aviation royale canadienne fait face à une pénurie d'environ 275 pilotes, en plus d'un manque de mécaniciens, d'opérateurs de capteurs et d'autres membres du personnel qualifiés pour répondre à la demande croissante de missions nationales et internationales.

Les Forces canadiennes reconnaissent que la situation se répercute sur le corps d’aviation et va représenter un véritable défi à l'avenir. L’Armée de l’air dit travailler afin de remédier à la pénurie, mais que celle-ci n’a pas eu d’impact négatif sur les opérations.

« En ce moment, nous faisons tout ce que nous pouvons pour nous assurer de recruter, de former et de retenir suffisamment de personnel pour accomplir notre mission actuelle », affirme le brigadier général Eric Kenny, responsable de la préparation aérienne.

Au cours des 20 prochaines années, il sera difficile d’accroître les Forces au rythme que nous le souhaiterions.

Brigadier général Eric Kenny

Un rapport interne, publié récemment par le ministère de la Défense nationale, mentionne le manque de pilotes et de mécaniciens. Il souligne également le sous-financement pour l’entretien des bases et d'autres infrastructures, ainsi que la réduction des temps de vol en raison des compressions budgétaires lorsque les conservateurs étaient au pouvoir.

Le gouvernement libéral a commencé à s’attaquer à ces problèmes avec une nouvelle politique de défense. La pénurie de personnel demeure toutefois une préoccupation majeure, étant donné que les pilotes et les autres membres du personnel doivent faire voler les différentes flottes d’avions militaires au pays et à l’étranger.

Les avions doivent aussi être entretenus.

Parmi ces appareils figurent notamment des avions et des hélicoptères participant aux missions militaires du Canada en Iraq, en Lettonie, au Mali et en Ukraine, un avion de recherche et de sauvetage national ainsi que des avions de chasse CF-18 déployés en Roumanie et assurant une défense contre une attaque étrangère en Amérique du Nord.

L'armée de l'air est autorisée à avoir 1580 pilotes, mais fait face à un manque de 17 %, soit 275 pilotes, selon Eric Kenny. Le corps d’aviation connaît aussi un manque en ce qui concerne les navigateurs et les opérateurs de capteurs qui travaillent à bord de différents types d’aéronefs ainsi que de mécaniciens.

Le système de formation actuel permet à l’armée de l’air de rendre opérationnels seulement 115 nouveaux pilotes chaque année. Selon les commandants, cela est insuffisant pour répondre aux besoins, compte tenu du nombre de pilotes qui quittent les Forces pour le secteur commercial, ces dernières années.

« C'est certainement un défi »

Eric Kenny estime qu’au cours des prochaines années surgira un défi supplémentaire lorsque l'armée de l'air recevra de nouveaux drones, avions de combat et autres avions, ce qui nécessitera encore plus de personnel pour faire fonctionner et entretenir les appareils.

Les efforts déployés pour remédier à cette problématique mettent l'accent sur la rétention des membres des forces notamment grâce à des allégements fiscaux et à un soutien et des services supplémentaires pour faciliter la vie des familles de militaires.

Plusieurs initiatives ont également été lancées pour accélérer le recrutement et la formation de nouveaux pilotes, et attirer d’anciens pilotes dans les Forces.

Le brigadier général Kenny affirme que la pénurie demeurera un défi, puisque le système de formation actuel restera en place pendant encore plusieurs années et qu'il faut de 4 à 8 ans pour former un pilote.

« Nous savons quelles capacités nous recevons et, maintenant, nous pouvons commencer à travailler pour nous assurer que notre personnel est formé pour être capable de répondre à ces exigences », dit-il. « Mais je ne vais pas mentir : c'est certainement un défi. »

Avec les informations de La Presse canadienne

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