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Philippe Couillard en a assez des « quiz » électoraux

Philippe Couillard parle dans un micro dans la verrière du Palais des congrès.
Philippe Couillard est d'avis que les échanges pendant la campagne électorale doivent plutôt être concentrés sur les projets, les mesures et les déclarations que les résultats des chefs à des jeux-questionnaires. Photo: Radio-Canada / Dany Pilote

Pris de court une nouvelle fois par une question de connaissance générale en point de presse, François Legault s'est peut-être trouvé un allié aussi temporaire qu'inattendu : le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard, qui, dans un appel à la raison, a invité tous les acteurs de la campagne électorale à ne pas transformer les points de presse en un jeu-questionnaire.

Un texte de Yannick Donahue

Philippe Couillard a fait cette sortie en mêlée de presse, mardi, après avoir été invité à réagir au refus de répondre du chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, à une question sur les langues officielles au Canada.

M. Legault s'est fait demander mardi par un journaliste combien de provinces canadiennes sont bilingues. « Je ne veux pas embarquer dans ces questions-là. Au Québec, la langue officielle, c'est le français », a-t-il rétorqué.

Le journaliste a enchaîné en lui reposant la question : « Savez-vous combien il y en a? »

« Je vais prendre en délibéré votre question », a indiqué M. Legault.

« Il y en a une, c’est le Nouveau-Brunswick », a répondu le journaliste.

Le chef caquiste a répliqué : « Mais il n’y a pas de débat en français au Nouveau-Brunswick », faisant référence à la tenue d’un seul débat électoral, en anglais, dans la seule province bilingue du pays.

Ne pas tout savoir

Invité à commenter la performance de M. Legault, le chef libéral a refusé de le faire.

« Écoutez, je ne veux pas trop aller là-dessus. Je ne taperai pas sur M. Legault. Si les points de presse deviennent des quiz, ça va devenir particulier. Des fois, on est en situation de tension dans les points de presse. Je ne serai pas celui qui lui lancerait la pierre là-dessus », a affirmé Philippe Couillard.

M. Couillard a évoqué les dangers potentiels de ce glissement dans les échanges entre politiciens et journalistes. « Je ne voudrais pas commencer à embarquer là-dedans, parce que là, on va commencer à avoir des quiz quotidiens. Le soir, aux nouvelles, vous allez faire un tableau avec les résultats de chacun », a-t-il dit.

Le chef du PLQ a admis du même coup qu’il ne maîtrisait pas tous les sujets en détail.

Moi, je ne sais pas tout. Je ne suis pas omniscient. Je suis certain qu’il y a des questions auxquelles je ne trouverai pas la réponse.

Philippe Couillard, chef du Parti libéral

Se concentrer sur la politique

Philippe Couillard croit cependant que les échanges doivent plutôt être concentrés sur les projets, les mesures et les déclarations des opposants.

« Je pense quand même qu’il faut faire en sorte que les communications qu’on a ensemble soient surtout dédiées à la situation politique, aux propositions qu’on met sur la table, à nos réactions par rapport aux propositions des adversaires », a-t-il dit.

M. Couillard considère avoir critiqué de façon justifiée le chef caquiste en fin de semaine, parce que ses commentaires portaient sur les engagements de son adversaire.

Aujourd’hui, il a continué à s’interroger sur le besoin d’imposer un test des valeurs au Québec.

« Pourquoi faire un test alors qu’il existe déjà des tests? Pour menacer d’expulsion des gens qui sont ici en situation totalement légale. Il parle du test fédéral, mais ce test, si les gens l’échouent, ils ne sont pas expulsés. Ils vont juste échouer. Ils ne peuvent pas avoir leur citoyenneté tout de suite », a-t-il affirmé.

Lisée en profite

Pour sa part, le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, a continué à lancer des flèches contre François Legault, concentrant ses tirs sur sa culture générale.

Il ne s’est pas gêné pour l’attaquer sur sa méconnaissance présumée du statut bilingue du Nouveau-Brunswick.

Lorsqu’on veut être premier ministre du Québec, ne pas savoir que sa province voisine, le Nouveau-Brunswick, est bilingue, après avoir traité de menteuse la première ministre de l’Ontario, ça part mal.

Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

Le chef péquiste a indiqué que les nouveaux citoyens, eux, connaissent le statut linguistique de chaque province.

« J’apprendrais à M. Legault qu’il ne sait peut-être pas que, lorsqu’un résident permanent, après trois à cinq ans, passe son test pour devenir citoyen, c’est exactement le type de questions qu’on pose; nommez les provinces canadiennes, lesquelles sont bilingues, nommez les capitales des provinces. J’ai aidé, moi, un immigrant à remplir ça, je sais ce que c’est », a-t-il dit.

Legault serait recalé

Le chef du PQ estime que son adversaire de la CAQ ne réussirait pas lui-même le test de connaissances générales imposé par le gouvernement fédéral.

« Monsieur Legault ne passerait pas le test pour devenir citoyen canadien. Heureusement, ceux qui ne passent pas le test ne sont pas expulsés. Ils peuvent rester résidents permanents pour toujours », a-t-il opiné.

M. Lisée a également réagi à la déclaration de Philippe Couillard qui a comparé le test des valeurs de la CAQ à la Charte des valeurs du Parti québécois.

« Il n’y a rien de pire que de dire à des gens qu’ils vont être expulsés. Il n'y a rien de pire [...] que de quitter son pays d’origine pour venir dans un endroit qu’on choisit et de se faire dire : ça se peut que dans trois ans, on demande au gouvernement fédéral de vous déporter », a-t-il répondu.

Il a ajouté : « La volonté de la CAQ d’expulser des gens après trois ans, c’est pire que les pires choses que le Parti libéral a faites depuis quatre ans dans ses compressions ».

Toutefois, M. Lisée a semblé connaître des ennuis dimanche lorsqu’il a été interrogé par la presse sur la façon dont il s'y prendrait pour baisser le seuil d’immigration au Québec.

Il a refusé de dire s'il réduirait le nombre d'immigrants reçus au Québec dans le premier mandat d'un éventuel gouvernement péquiste et, surtout, comment il le ferait, reconnaissant que le gouvernement fédéral a un droit de regard, voire un « pouvoir de désaveu », en matière d'immigration.

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