•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les discussions sur l'ALENA se poursuivent, aucune information ne filtre

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland s'entretient avec des journalistes à Washington.
La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a brièvement parlé aux médias mercredi avant de rencontrer le représentant américain au Commerce. Photo: Associated Press / Alex Brandon
Radio-Canada

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland poursuit mercredi, à Washington, ses discussions avec le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, sur l'avenir de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Fidèle à son intention de ne pas négocier en public, Chrystia Freeland n’a rien laissé entendre de ce qu’elle attend de cette nouvelle rencontre ni indiqué sur quels aspects d'un éventuel accord renouvelé porteraient ses discussions avec M. Lighthizer.

Elle a cependant souligné le « travail acharné » des négociateurs canadiens ainsi que celui des journalistes, au terme de ce point de presse d’à peine quelques minutes.

Un peu plus tard, peu avant de retourner voir M. Lighthizer pour une seconde fois, Mme Freland a affirmé que les discussions étaient constructives et que tous travaillaient « vraiment, vraiment fort ».

« Nous sommes un pays doué pour trouver des compromis », a-t-elle ajouté, sans manquer de préciser que cela ne se ferait jamais au détriment de l’intérêt national.

Il reste « encore du travail » à accomplir pour que les négociateurs américains et canadiens trouvent un terrain d'entente sur la refonte de l'accord, a prévenu pour sa part le premier ministre du Canada, peu avant une réunion de son caucus à Ottawa.

Justin Trudeau a par ailleurs réitéré son intention de « défendre la gestion de l'offre », alors que les producteurs de lait de toutes les provinces du Canada se sont donné rendez-vous à Ottawa ce matin afin de s’assurer que le premier ministre tiendra parole.

La frustration croissante des républicains

Entre-temps, les pressions s'accentuent sur le Canada pour qu'il arrive à une entente avec les États-Unis sur la modernisation de l'ALENA.

Aux États-Unis, le whip de la majorité à la Chambre des représentants, le républicain Steve Scalise, a lancé un avertissement sévère à propos de la « frustration croissante » au Congrès au sujet des « tactiques de négociation » du Canada.

Dans un communiqué, il a indiqué que le temps presse pour que le Canada puisse adhérer à l'accord de principe déjà conclu entre les États-Unis et le Mexique le mois dernier.

Les membres [du Congrès] s’inquiètent du fait que le gouvernement canadien ne semble ni prêt ni disposé à faire les compromis nécessaires pour parvenir à un accord juste et de grande qualité.

Steve Scalise, whip de la majorité, Chambre des représentants

« Si le Canada ne coopère pas, menace-t-il, le Congrès n’aura plus le choix et devra considérer ses options afin d’aller de l’avant. »

Au Canada aussi

Des gens d’affaires et des politiciens canadiens ont aussi exprimé leur inquiétude et pressent le Canada de rapidement conclure un accord avec les États-Unis. Ils demandent à la ministre Freeland de cesser de répéter qu'il vaut mieux ne pas avoir d'accord qu'un mauvais accord.

Mais la ministre défend bec et ongles l’approche d’Ottawa et réplique que « tout négociateur qui entreprend des pourparlers en croyant qu’il doit obtenir une entente à n’importe quel prix sera forcé de payer le prix maximum ».

L’ancien ministre fédéral des Finances, John Manley, maintenant à la tête du Conseil canadien des affaires, soutient cependant que ceux qui pensent que la nouvelle mouture de l’ALENA serait meilleure que la précédente se trompent.

« Nous savions qu’il s’agit uniquement de nous enlever quelque chose », affirme-t-il.

Pour sa part, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, dont la province est au centre de l’industrie automobile canadienne, s’inquiète de la menace du président américain Donald Trump d'imposer des tarifs douaniers sur les automobiles si le Canada ne signe pas une nouvelle version de l’ALENA.

Il va donc rencontrer lui aussi les négociateurs canadiens mercredi pour leur faire part de ses inquiétudes.

« Nous y allons pour leur dire qu’ils doivent vraiment arriver à une entente », a déclaré lundi le ministre du Commerce de l’Ontario, Jim Wilson, en ajoutant qu’un million d’emplois ontariens dépendent directement de l’ALENA.

La semaine dernière, le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, avait aussi exprimé sa crainte que le Canada choisisse de ne pas signer d’accord.

« Nous ne pouvons pas aller de l’avant avec une mauvaise entente, avait-il dit, mais je ne suis pas certain que nous puissions aller de l’avant sans entente non plus. »

Un compromis est possible, selon Freeland

La ministre Freeland affirme pour sa part que le Canada a été « très coopératif » et « extrêmement engagé » tout au long du processus de négociations qui dure depuis treize mois. Elle doit reprendre mercredi ses pourparlers avec le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer.

La ministre ajoute que le Canada est « déterminé à arriver à une bonne entente pour les Canadiens » et qu’il est de « son devoir de faire ce qui est dans l’intérêt national ».

Même si elle répète qu’il « vaut mieux ne pas avoir d’accord qu’un mauvais accord », elle a ajouté, avant son départ pour Washington, qu’« il y a beaucoup d’enjeux dans cette négociation » et qu’« un compromis est toujours possible ».

Elle a aussi indiqué que les négociations se déroulent dans une atmosphère « cordiale » et qu’il y a de la « bonne volonté des deux côtés ».

Washington a fixé au 1er octobre la date butoir pour obtenir une réponse à ses exigences. Les dirigeants canadiens refusent de céder à l'urgence en raison de l'importance des enjeux.

Les deux pays s'opposent entre autres sur les mécanismes de résolution des conflits commerciaux et sur les demandes américaines pour obtenir un accès élargi au marché du lait canadien.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, Canadian Press, et La Presse canadienne

Accords commerciaux

Économie