•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Plus l'accent est familier, plus il inspire confiance

Sur la rue, une femme demande à un homme de lui indiquer une direction.
L’accent d’une personne influence la perception de sa fiabilité. Photo: iStock
Radio-Canada

Si une personne parle avec un accent étranger, son interlocuteur aura tendance à juger ses propos avec moins de confiance qu'il ne le fera à l'égard d'une personne de son propre groupe de référence, montre une expérience menée par des chercheurs de l'Université McGill.

Ainsi, en règle générale, les gens ont un préjugé favorable envers les personnes aux antécédents linguistiques et culturels similaires aux leurs.

L’importance du ton

Mais l’expérience menée par le chercheur Xiaoming Jiang et ses collègues de l’Université McGill apporte un bémol à cette première conclusion, puisque les chercheurs ont aussi établi que le ton utilisé influe également sur le degré de confiance.

En effet, les préjugés négatifs tombent lorsqu’une personne ayant un accent s'exprime d'un ton assuré. Elle sera alors considérée comme tout aussi crédible qu’un locuteur d’un même groupe.

L’expérience

Les participants (tous canadiens et anglophones) ont écouté une série de courts énoncés neutres exprimés sur différents tons (certains très assurés et d’autres moins) avec divers accents, parfois très connus (anglais canadien), parfois moins (anglais australien ou anglais parlé par un francophone du Canada).

Ils devaient ensuite évaluer la crédibilité de chaque énoncé. Pendant l’expérience, l’équipe de recherche enregistrait l'activité cérébrale des participants à l’aide d’imageries par résonance magnétique.

Un cerveau, deux réactions

L’équipe a constaté que les régions cérébrales qui s’activent lors de ce processus décisionnel ne sont pas les mêmes selon que l’accent d’une personne est connu ou pas.

Dans le cas d’un accent étranger, le cerveau doit effectuer des opérations supplémentaires pour résoudre le conflit entre le préjugé défavorable causé par l’accent et l’assurance qui se dégage des propos de l’interlocuteur.

L’équipe a aussi constaté qu’en présence d’un locuteur ayant un accent identique au sien, l’auditeur se fie uniquement au ton de voix pour déterminer s’il a affaire à une personne crédible ou non.

Dans ce cas, les aires cérébrales activées étaient celles qui permettent de faire des déductions à partir d’expériences antérieures.

En revanche, pour prendre cette même décision à l’égard d’un interlocuteur étranger, le cerveau s’en remettait davantage aux zones assurant le traitement des informations auditives.

Il semble donc que, pour déterminer s’ils pouvaient accorder leur confiance à un interlocuteur étranger, les personnes devaient suivre un processus en deux étapes, à savoir prêter attention non seulement aux sons produits, mais également au ton de voix.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue NeuroImage (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Psychologie

Science