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Les chefs ont-ils dit toute la vérité lors du débat en anglais?

Les 4 chefs discutent après le débat.
Philippe Couillard, à gauche, Jean-François Lisée, au centre, François Legault et Manon Massé. Photo: La Presse canadienne / Ryan Remiorz
Radio-Canada

Certaines des affirmations des chefs lors du débat en anglais, lundi soir, ont été soumises à l'épreuve des faits. Retour sur cinq déclarations des aspirants au poste de premier ministre du Québec.


Un texte de Thomas Gerbet avec CBC

1. Lisée : le premier à dire oui

Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, a affirmé qu'il était le premier chef de parti à avoir accepté de participer à un débat en anglais

C'est vrai. En mai, le chef péquiste a déclaré : « Je veux participer à un débat en anglais, je souhaite que Philippe Couillard, François Legault et Manon Massé acceptent également. » Il ajoutait qu'il y avait « beaucoup à dire à la population anglophone du Québec, qui est tenue pour acquise par les libéraux ». Le débat des chefs en anglais était une première à la télévision québécoise.


2. Le nombre d'émigrants

Jean-François Lisée a déclaré : « Nous perdons 30 000 personnes par année qui quittent le Québec. »

C'est n'est pas le bon chiffre. Des données de Statistique Canada compilées par l'Association d'études canadiennes démontrent qu'entre 2011 et 2016, la province a perdu environ 7000 Québécois au profit des autres provinces. Pour ce qui est des Québécois partis à l'étranger, l'Institut de la statistique du Québec établit le nombre à 15 000 personnes pour l'année 2016.

3. « Acheter des votes en Gaspésie »

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a accusé les gouvernements libéral et péquiste d'avoir « acheté des votes en Gaspésie. »

Ces deux partis [PQ et PLQ] ont investi 400 millions de dollars dans une cimenterie en Gaspésie. Ça a créé 200 emplois, donc c'est 2 millions de dollars par emploi.

François Legault, chef de la CAQ

En janvier 2014, la première ministre Pauline Marois a annoncé le projet de construction de la cimenterie McInnis, à Port-Daniel–Gascons, en Gaspésie. Puis, Philippe Couillard a continué de soutenir le projet à son arrivée au pouvoir. Initialement, l'entreprise promettait de créer 400 emplois, mais quand la cimenterie a été inaugurée l'an dernier, il n'était plus question que de 200 emplois.

Le projet a coûté 450 millions de dollars de plus que le budget initial prévu de 1 milliard de dollars. La province, en incluant Investissement Québec et la Caisse de dépôt, a injecté 575 millions de dollars en prêts et investissements au partenaire privé. Ce qui donne plus précisément une estimation de 2,8 millions de dollars d'argent public pour chaque emploi créé.


4. Retenir les immigrants

Le chef libéral, Philippe Couillard, a affirmé que la proportion d'immigrants qui quittent le Québec est semblable à celle des autres provinces.

Ce n'est pas exact. En fait, le Québec n'est pas la pire province, mais elle n'est pas non plus la meilleure en ce qui concerne la rétention des immigrants. Une étude de l'Institut du Québec, publiée mardi, démontre que 15,7 % des immigrants arrivés au Québec en 2010 ne vivaient plus dans la province en 2015. C'est mieux qu'à l'Île-du-Prince-Édouard (84,2 %), mais moins bien qu'en Ontario (9,3 %).


5. Une fonction publique représentative

Manon Massé de Québec solidaire (QS) promet d'imposer des quotas de minorités visibles dans la fonction publique pour atteindre 13 % afin de représenter leur proportion dans la société québécoise.

Effectivement, 13 % des Québécois font partie des minorités visibles. La fonction publique québécoise en compte 9 %, ce qui était l'objectif du Conseil du Trésor, atteint en 2017.

Épreuves des faits

Politique