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Réduire ses déchets, un repas à la fois

De plus en plus d'écoles ontariennes organisent des lunchs sans déchet.
De plus en plus d'écoles ontariennes organisent des lunchs sans déchet. Photo: Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel
Radio-Canada

Le mouvement zéro déchet fait sa marque dans les écoles où de jeunes citoyens sont conscientisés aux effets de notre empreinte écologique. Parmi les initiatives populaires, on retrouve les repas sans déchet, qui nécessitent un certain ajustement pour les familles.

Un texte de Marie-Hélène Ratel

Tout doit être composté ou recyclé et ce qui ne peut être trié est retourné à la maison dans la boîte à lunch de l’élève.

Les repas sans déchet sont parfois organisés une fois par semaine ou par mois. Dans certains cas, l’établissement scolaire va même jusqu’à instaurer cette façon de faire tous les jours.

C’est le cas à l’École élémentaire Renaissance, à Burlington, en Ontario, où les élèves ont été les leaders du mouvement.

Les élèves disaient : on ne veut pas faire ça juste une ou deux fois, on veut que ça soit tout le temps ou jamais.

Kathleen Gagnon, enseignante et membre du club écologique les 5 R

Selon les évaluations du club écologique de l’école Renaissance, les 5 R, 80 % des déchets provenaient des repas des élèves, d’où l’importance de cibler la source du problème.

Les jeunes membres du club ne voulaient faire aucun compromis, raconte l’enseignante Kathleen Gagnon, alors que certains parents auraient préféré des lunchs sans déchet seulement quelques fois par année.

Depuis janvier 2016, tous les repas, sans exception, y sont sans déchet, ce qui a entraîné certains ajustements pour les familles.

Les parents sont encouragés à utiliser des contenants réutilisables pour les collations et repas de leurs enfants.Les parents sont encouragés à utiliser des contenants réutilisables pour les collations et repas de leurs enfants. Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

On a vu que les parents se sont vraiment impliqués et ont commencé à le faire naturellement. La majorité [des parents] essaie, ajoute l’enseignante.

Les repas sans déchet sont plutôt répandus au sein des écoles qui ont une certification ÉcoÉcoles, de l’organisme du même nom.

Près du quart des écoles de langue française de la province ont obtenu cette certification pour l’année 2017-2018.

Sensibiliser ses parents

Plusieurs élèves ont à coeur l'initiative, dont Claire, élève de sixième année qui fait partie du club écologique.

Elle prépare ses lunchs tous les jours parce qu’elle trouve que sa mère n’utilise pas suffisamment de contenants réutilisables.

Je fais mes propres lunchs avec les contenants réutilisables parce que c’est mieux pour l’environnement. [...] J’encourage tout le monde à apporter des contenants réutilisables.

Claire, élève de sixième année

La mère de famille Eve Gilroy a toujours appuyé l’initiative, mais a tout de même dû revisiter certaines habitudes. Maintenant, elle achète de plus gros contenants de yogourt pour transvider le liquide dans des pots réutilisables, et ses enfants n’apportent plus de bouteilles de jus jetables à l’école.

C’est une bonne initiative, parce que c’est un peu gênant [de recevoir des déchets]. Ça nous permet, en tant que parents, de réaliser qu’on a aussi quelque chose à apprendre là-dedans.

Eve Gilroy, mère de famille

Elle constate que même sa fille de cinq ans lui demande fréquemment si elle doit recycler ou composter ses différents contenants et emballages.

Ce qui ne peut pas être trié au recyclage ou au compostage est retourné à la maison.Ce qui ne peut pas être trié au recyclage ou au compostage est retourné à la maison. Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Jeter ses déchets à la maison

L’initiative ne réduit toutefois pas à 100 % la production de déchets, étant donné que ceux qui sont retournés à la maison finissent tout de même au dépotoir.

Même s’il y a des limites à la réalisation de l’objectif zéro déchet, le Conseil de recyclage de l’Ontario reconnaît l’importance d’initiatives communautaires de ce genre.

Plusieurs programmes sont sans déchet. Ça devient la norme. La plupart des produits et des emballages peuvent être recyclés.

Jo-Anne St. Godard, directrice générale, Conseil de recyclage de l’Ontario

Rahim Baba, professeur au Département des sciences sociales à l’Université d’Ottawa, croit pour sa part que des efforts doivent davantage être entrepris en amont, comme pour limiter les emballages, plutôt que d’effectuer des efforts de saupoudrage.

À mon avis, il manque une certaine volonté [politique]. Plus les décisions sont fortes, mieux on arrivera à avoir un impact sur la société.

Rahim Baba, professeur à l’Université d’Ottawa spécialisé en environnement

Au-delà des politiques gouvernementales, il ajoute qu’un autre grand défi est de convaincre les consommateurs de changer leurs habitudes, alors que nous vivons dans une société de consommation.

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