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Un policier du SPVM blâmé en déontologie pour un message inapproprié

Un véhicule de police dans les rues de Montréal
Un véhicule de police dans les rues de Montréal Photo: Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Le Comité de déontologie policière blâme une fois de plus l'agent Éric Locas, du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), cette fois pour avoir contrevenu à son code de déontologie en tentant de communiquer avec une automobiliste qui avait porté plainte contre lui en 2016 et en faisant preuve de négligence quant à la sécurité de cette femme.

Un texte d'Éric Plouffe

Le matin du 11 février 2016, Nacéra Ziane est interceptée dans sa voiture peu avant 7 h sur la voie de desserte de l'autoroute métropolitaine par l'agent Éric Locas, qui lui reproche d'avoir éteint ses phares trop tôt. L'automobiliste lui demande à plusieurs reprises à quel moment elle aurait dû les éteindre.

Pour mettre fin à l'échange, le policier place sous un essuie-glace le constat d'infraction qu'il a rédigé, plutôt que de le lui remettre en mains propres. Il explique avoir agi ainsi pour éviter une nouvelle vague d'argumentation, estimant que l'infraction était claire et qu'il avait suffisamment informé l'automobiliste.

Selon le témoignage de Nacéra Ziane, le policier quitte les lieux avant qu'elle ne récupère le billet. Elle affirme avoir craint pour sa sécurité, puisqu'elle a dû sortir de son véhicule pour récupérer le constat alors que la circulation était rapide à l'heure de pointe.

Message dans la boîte vocale

Quelques mois plus tard, elle porte plainte contre le policier devant le Comité de déontologie policière. Peu de temps après avoir été cité à comparaître, l'agent Locas tente de communiquer avec la plaignante et laisse un message dans la boîte vocale du téléphone de son domicile, lui demandant de le rappeler.

La plaignante affirme avoir paniqué après avoir entendu ce message parce que, peut-on lire dans la décision du Comité de déontologie policière, « elle ne savait pas comment il avait obtenu le numéro de téléphone de son domicile ».

Le Comité de déontologie est d'avis que le policier, qui a 24 ans d'expérience, « savait ou aurait dû savoir qu'il était inapproprié » de communiquer avec la plaignante.

La faute était d'autant plus sérieuse que c'est l'agent Locas qui a pris l'initiative de communiquer avec la plaignante.

Pierre Drouin, juge administratif Comité de déontologie policière« »

Le 7 septembre dernier, le tribunal administratif a reconnu le policier coupable d'avoir tenté d'entrer en contact avec la plaignante et d'avoir été négligent à l'égard de sa sécurité. Des chefs d'accusation d'avoir manqué de respect et d'avoir porté une accusation sans justification ont été retirés. Les représentations sur la sanction à infliger au policier se tiendront le 7 novembre prochain.

5e comparution devant le comité

Depuis 2002, le policier Éric Locas s'est retrouvé cinq fois devant le comité et été déclaré à de nombreuses reprises coupable d'avoir contrevenu à son code de déontologie. Dans une autre décision rendue le 29 janvier dernier, la présidente du Comité de déontologie policière, Louise Rivard, observe une constante dans les reproches faits au policier, « soit une certaine difficulté dans ses rapports avec le public ».

Elle ajoute par ailleurs que « l'agent Locas ne semble pas être pleinement conscient de l'importance des renseignements confidentiels et son comportement démontre qu'il n'applique pas les règles fondamentales qui s'y rattachent ».

Le SPVM n'a pas voulu commenter la décision. Il n'a pas été possible de savoir si le policier travaillait toujours pour le corps de police, parce que « ces renseignements sont personnels et doivent donc demeurer confidentiels », nous a répondu une porte-parole du SPVM dans un courriel.

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