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En kayak avec le chef du Parti vert du Québec

Alex Tyrrell pagaie à bord de son embarcation.
Le chef du PVQ, Alex Tyrrell, nous a accordé une entrevue après avoir fait du kayak sur le canal de Lachine. Photo: Radio-Canada / Daniel Blanchette Pelletier
Radio-Canada

À peine âgé de 30 ans, Alex Tyrrell a tenté de se faire élire à huit reprises. Le chef du Parti vert du Québec estime que son expérience politique éparpillée à travers la province lui a permis de faire connaître la formation politique. Entretien.

Un texte de Daniel Blanchette Pelletier

Alex Tyrrell a affronté le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, dans Outremont. Il a tenté de ravir Gouin à Québec solidaire en se présentant contre le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois.

La multiplication des élections partielles ces dernières années au Québec a été bénéfique pour le Parti vert du Québec (PVQ), selon lui.

« Pour moi, une élection partielle, surtout en région, c’est une opportunité de me faire connaître et de venir expliquer le programme dans des endroits où le parti est moins connu », estime-t-il.

Pour ses troisièmes élections générales, et sa neuvième tentative d’être élu, il s’oppose au chef du NPDQ, Raphaël Fortin, dans Verdun, la circonscription de la ministre sortante de l’Environnement, la libérale Isabelle Melançon.

Il ne s’en cache pas : le choix de Verdun est surtout statistique. « Le vote est divisé parmi plusieurs partis politiques. Un candidat pourrait recevoir de 20 % à 23 % du vote et gagner. »

Chef de parti à 25 ans

Alex Tyrrell a fait ses premiers pas en politique au NPD fédéral, charmé par le style de son défunt chef Jack Layton. Mais quand Thomas Mulcair lui a succédé, le parti a pris un « virage vers le centre », déplore-t-il

La politique a trop souvent été négligée par des gens à gauche, alors que c’est très important d’avoir des voix de gauche fortes en politique québécoise.

Alex Tyrrell

Celui qui a aussi vécu le mouvement étudiant du printemps 2012 au Québec s’est alors tourné vers le Parti vert et s’est présenté pour la première fois la même année, justement pour revendiquer la gratuité scolaire.

Il s’est lancé dans la course à la chefferie à peine six mois plus tard, avec 250 $ en poche. Son but : unir le parti autour d’idées progressistes et le positionner vers la gauche.

Alex Tyrrell a appelé chacun des membres du parti et a réussi à se faire élire avec une faible majorité : 13 votes.

Il est alors devenu le plus jeune chef sur la scène politique provinciale. « D’avoir eu la confiance des membres à 25 ans, c’est un privilège et un honneur », soutient-il, rappelant qu’il était alors encore à l'université.

Nous avons proposé aux trois partis qui n'étaient pas représentés à l’Assemblée nationale avant sa dissolution et qui présentent le plus de candidats lors du scrutin du 1er octobre de mettre de côté leurs événements de campagne le temps de nous rencontrer. Ils ont tous opté pour une activité en plein air.

« Bien plus qu’une couleur »

Une pancarte électorale avec le slogan « Bien plus qu'une couleur » du Parti vert du Québec.Alex Tyrrell se présente dans la circonscription montréalaise de Verdun. Photo : Radio-Canada / Daniel Blanchette Pelletier

Diplômé l’an dernier, Alex Tyrrell travaille depuis à temps plein pour le Parti vert du Québec. Il gagne un salaire de 1000 $ par mois. Ce n’est pas beaucoup, convient-il, mais il arrive à vivre simplement. Habitant en colocation, il arrondit ses fins de mois en « courant les cours à scrap » pour récupérer des pièces automobiles qu’il revend ensuite à l’étranger par Internet.

Au Parti vert, tous ses efforts sont cependant consacrés à la transformation de la formation politique, qui se veut désormais écosocialiste. « L’environnement va toujours être la priorité numéro un, mais il y a un consensus émergent dans le mouvement écologiste que la lutte pour la protection de l’environnement et la justice sociale sont entièrement reliées et non séparables », explique-t-il.

« Bien plus qu’une couleur » est d’ailleurs le slogan de campagne des verts.

Malgré quelques ressemblances avec la plateforme de Québec solidaire sur les plans environnemental et social, Alex Tyrrell rappelle que son parti est « résolument fédéraliste ».

Parmi les propositions du PVQ :

  • réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50 % d’ici 2030 et la congestion routière de 90 %;
  • bannir les tasses à usage unique et instaurer une tasse réutilisable universelle;
  • instaurer un revenu minimum garanti de 1200 $ par mois et augmenter le salaire minimum à 15 $ l’heure d’ici le printemps 2019;
  • instaurer la gratuité scolaire totale du préscolaire à l’université;
  • procéder à la décriminalisation de toutes les drogues;
  • réduire la semaine de travail de 40 à 32 heures d’ici 2022;
  • développer le transport en commun et le rendre gratuit pour tous;
  • créer un ministère de la Condition animale.

Le Parti vert est présent depuis longtemps dans le paysage politique québécois. Son nombre de candidats et ses intentions de vote varient d’un scrutin à l’autre.

« Notre but, pour cette élection, c’est d’augmenter le pourcentage du vote le plus possible, soutient Alex Tyrrell. Ce serait une grosse victoire. »

« Chaque fois que quelqu’un vote pour le Parti vert, ça démontre que nos idées résonnent. Ça nous aide à prendre de la place dans le débat public et ça contribue aussi à notre financement. »

Il calcule qu’en récoltant 2 % des intentions de vote, le Parti vert obtiendrait 1 million de dollars de financement public si un gouvernement majoritaire est élu. « Imaginez quelle sorte de mouvement citoyen sur le terrain dans toutes les régions nous serions en mesure de faire avec cet argent-là », lance-t-il.

On essaie de représenter le projet d’une génération qui veut voir les choses faites autrement.

Alex Tyrrell
Deux d'entre elles pagaient sur le canal Lachine.Quatre candidats et candidates du Parti vert ont accompagné leur chef en kayak. Photo : Radio-Canada / Daniel Blanchette Pelletier

Quant aux candidatures du parti, elles ont plus que doublé, passant de 44 en 2014 à 97 cette année. Elles couvrent la majorité de la province, de Montréal à Québec, en passant par l’Outaouais et le Saguenay.

Le Parti vert du Québec est aussi celui qui présente le plus de femmes. « On est même le parti avec le plus grand nombre de jeunes candidats », se réjouit Alex Tyrrell.

Et ça compte énormément pour lui, puisqu’il dirige bien plus qu’un parti, souligne le jeune chef. « Il y a un aspect de former la relève, non seulement du Parti vert, mais aussi du mouvement écologique. »


Ces petits partis : candidats de la relève

L’âge moyen des 940 candidats aux élections du Québec est de 45 ans. Mis à part Québec solidaire, ce sont les petits partis qui ont l’âge moyen le moins élevé. Ce sont aussi eux, par contre, qui présentent le moins de candidats.

Avec 34 ans comme âge moyen, et 97 candidatures, le Parti vert du Québec a l’équipe la plus jeune.

Par ailleurs, les deux petits partis qui ont la moyenne la moins élevée et la plus élevée n’ont qu’un seul candidat, leur chef : la Voie du peuple (27 ans) et le Parti culinaire du Québec (65 ans).

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