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La bataille des Landry dans Bathurst-Est-Nepisiguit-Saint-Isidore

La pancarte du néo-démocrate est craquelée, celle du libéral a été aspergée de peinture orange.

La pancarte du néo-démocrate est craquelée, celle du libéral a été aspergée de peinture orange.

Photo : René Landry

Radio-Canada

Dans la circonscription de Bathurst-Est-Nepisiguit-Saint-Isidore, le député sortant, le libéral Denis Landry, doit faire face à Jean-Maurice Landry. Ils ont beau avoir le même nom de famille, tout semble les opposer.

Un texte de René Landry

L'un est élancé, porte de petites lunettes et détient une maîtrise en administration publique de l'Université Laval. Je suis perçu comme un intellectuel, reconnaît le néo-démocrate Jean-Maurice Landry.

L'autre est costaud, trapu et, quand il vous serre la main, vous avez l'impression de voir la vôtre disparaître. J'ai grandi sur une ferme, rappelle le libéral Denis Landry.

Après avoir été fonctionnaire fédéral pendant 25 ans, Jean-Maurice Landry s'est mis à travailler dans des champs de bleuets comme producteur.

Pour sa part, Denis Landry a travaillé pendant 25 ans comme bûcheron puis a gravi les échelons de la politique pour devenir ministre des Transports et ensuite de la Justice.

On a eu deux carrières différentes. Moi j'ai commencé dans le bois. Lui, il finit dans le bois. On fait un peu une vie à l'envers l'un de l'autre.

Denis Landry, candidat libéral dans la circonscription de Bathurst-Est-Nepisiguit-Saint-Isidore

Oui, nous sommes un peu à l'opposé l'un de l'autre, dit Jean-Maurice Landry. Mais les gens ici me connaissent. Ils savent que je suis un gars assez terre à terre.

Jean-Maurice Landry sait qu'il est perçu comme un intellectuel. « Mais je suis quand même terre à terre. »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jean-Maurice Landry sait qu'il est perçu comme un intellectuel. «Mais je suis quand même terre à terre.»

Photo : René Landry

Ils ont peut-être une chose en commun malgré eux : une partie de leurs pancartes électorales ont été vandalisées. Certaines pancartes ont été aspergées de peinture, découpées ou enduites de goudron.

Ça m'a fait rire un peu. Ça ne m'a pas fait sursauter parce que j'ai l'habitude de sortir de la bleuetière avec la face pas mal sale, affirme Jean-Maurice Landry.

Certaines pancartes du néo-démocrate Jean-Maurice Landry ne sont pas épargnées par des actes de vandalisme.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Certaines pancartes du néo-démocrate Jean-Maurice Landry ne sont pas épargnées par des actes de vandalisme

Photo : René Landry

Le néo-démocrate estime que son cousin éloigné est « un chic type », mais il n'est quand même pas tendre envers lui lorsqu'il vient le temps de parler de politique.

J'aime beaucoup la personne de Denis Landry, comme homme. Par contre, pour ce qui est de son petit jeu politique, ça vient toucher des cordes chez moi qui ne donnent pas une réaction positive.

Notre nom de famille, c'est à peu près tout ce qu'on a en commun.

Jean-Maurice Landry, candidat néo-démocrate dans la circonscription de Bathurst-Est-Nepisiguit-Saint-Isidore

M. Landry, malheureusement, est devenu un petit fonctionnaire du Parti libéral, a-t-il lancé.

Les bénévoles s'activent au quartier général de Denis Landry, à Saint-Isidore.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les bénévoles s'activent au quartier général de Denis Landry, à Saint-Isidore

Photo : René Landry

De son côté, son opposant libéral pense-t-il qu'il a des points en commun avec son adversaire, outre le nom de famille? Il hésite un peu, puis il laisse tomber : Il fait travailler du monde et il les paie bien, je lui donne ça à 100 milles à l'heure.

Jean-Maurice c'est un chic type aussi. Je le connais, il était libéral jusqu'à l'automne passé.

Denis Landry a-t-il changé?

Aux yeux de Jean-Maurice Landry, il ne fait pas de doute que la politique a transformé Denis Landry. Les mots du candidat néo-démocrate sont très durs à son égard.

Il a changé. C'est clair et net qu'il a travaillé contre les gens et les entrepreneurs de la Péninsule acadienne. Comme ministre des Transports, il n'est pas allé chercher notre juste part. C'est malheureux qu'il ait laissé tomber le monde de sa circonscription.

Denis Landry a depuis longtemps troqué ses vêtements de bûcheron contre la chemise blanche et la cravate.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Denis Landry a depuis longtemps troqué ses vêtements de bûcheron contre la chemise blanche et la cravate

Photo : René Landry

Ce sont des affirmations que le libéral rejette du revers de la main. Si tu savais ce que les gens me disent. Ils disent : "Denis, tu n'as jamais changé".

Son « style » de député semble apprécié, avance-t-il. Parler avec les gens et les écouter est agréable pour lui. Je pense que mon approche avec les gens, c'est inné. Les gens se sentent à l'aise avec moi.

Le député ministre souligne au passage que la politique peut mettre des relations amicales à l'épreuve.

Moi, quand je suis entré là-dedans, je ne voulais pas nécessairement perdre d'ami. Je ne dis pas que je n'en ai pas perdu, mais je n'en ai pas perdu beaucoup.

Le bleuet, « l'étincelle »

Jean-Maurice Landry n'hésite pas à dire que les actions du gouvernement provincial concernant l'industrie du bleuet ont été « l'étincelle » qui l'a incité à se lancer en politique.

Tout a commencé lorsque l'entreprise néo-écossaise Oxford Frozen Food a construit, à Bois-Gagnon, une immense usine de transformation du bleuet, avec l'aide de l'ancien gouvernement conservateur, puis du gouvernement libéral qui lui a succédé.

Le néo-démocrate estime que cette usine a causé plus de tort que de bien à l'ensemble de l'industrie du bleuet de la région, dont il fait partie en tant que producteur.

J'ai réalisé qu'on était confrontés à un problème de volonté politique en ce qui a trait à certains dossiers du Nord. Des dizaines de millions de dollars en fonds publics n'ont pas rempli les promesses de création d'emploi et créent une situation de monopole.

Pour sa part, le libéral Denis Landry indique que son adversaire politique est « un peu borné ».

Jean-Maurice était président de l'Association des producteurs de bleuets sauvages du Nord-Est et il voulait avoir un office régional de commercialisation. Là, il est viré à l'envers un peu. Il n'est pas content parce que le gouvernement n'a pas voulu accepter de créer cet office.

Jean-Maurice Landry a installé un de ses deux quartiers généraux dans la cabane de la patinoire de Duguayville.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jean-Maurice Landry a installé un de ses deux quartiers généraux dans la cabane de la patinoire de Duguayvile

Photo : René Landry

Le libéral rappelle qu'il est un peu critique de la manière dont les choses se sont faites avant son arrivée au pouvoir en 2014.

Il y avait déjà eu des ententes entre l'entreprise et l'ancien gouvernement conservateur. L'échange pour les terres, je n'étais pas pour ça. Il y a des choses avec lesquelles je n'étais pas d'accord et je ne le suis pas plus aujourd'hui. Mais c'est fait et je vis avec.

Victoire facile ou heure du jugement?

La candidate progressiste-conservatrice est Michelle Branch, une directrice de magasin qui a déjà été conseillère municipale de Bathurst.

Ses pancartes sont plutôt rares dans la partie péninsulaire de Bathurst Est-Nepisiguit-St-Isidore. Elle a refusé de participer au débat des candidats à la radio communautaire sans donner d'explication.

Le candidat du Parti vert, Robert Kryszko, un diplômé en administration des affaires du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, est un chef de file au sein de la Première Nation Pabineau.

Denis Landry en est à sa septième campagne électorale. Il les a toutes remportées sauf une.

Je ne veux pas paraître prétentieux. Mais je sens que je n'ai pas de concurrence. J'ai dit à ma conjointe l'autre jour que j'ai toujours voulu avoir une campagne électorale facile.

D'après moi, celle-ci, c'est la facile. Mais, je déteste ça parce que je n'ai pas de défi.

Denis Landry, candidat libéral dans la circonscription de Bathurst-Est-Nepisiguit-Saint-Isidore

Son opposant néo-démocrate est moins affirmatif sur l'issue de la course, mais il pense pouvoir créer une surprise.

Oui, la possibilité est très forte. Je pense que les gens ont apprécié Denis Landry, l'homme, mais pour ce qui est de sa performance, c'est un peu l'heure du jugement.

En 2014, le candidat libéral a remporté l'élection avec plus de 60 % des voix. Le NPD a recueilli un peu moins de 8 % des suffrages.

Sondage sur les élections provinciales 2018

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