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Un projet pilote fédéral relocalise des demandeurs d'asile dans une petite ville ontarienne

Des demandeurs d'asile aux Services frontaliers du Canada à Lacolle
Des demandeurs d'asile aux Services frontaliers du Canada à Lacolle Photo: Reuters / Christinne Muschi
Radio-Canada

Cinq familles de demandeurs d'asile ont posé leurs valises à Chatham-Kent dans le cadre d'un projet pilote du gouvernement fédéral visant à rediriger certains nouveaux arrivants vers de plus petites communautés.

Le projet pilote vise à essayer de remédier à l'afflux de demandeurs d’asile dans les grandes villes du Canada, selon Albert Rwamihigo, le coordonnateur d'attrait au programme des nouveaux arrivants de Chatham-Kent.

Ces familles sont arrivées au Canada après un passage par les États-Unis. Initialement, ils ont franchi la frontière de manière illégale à Lacolle, près de Montréal, souligne M. Rwamihigo.

M. Rwamihigo soutient que le gouvernement fédéral a retenu la candidature de la municipalité de Chatham-Kent pour accueillir ces nouveaux arrivants.

Une délégation de la municipalité du Sud-Ouest de l'Ontario s'est rendue au Québec pour rencontrer quelques demandeurs d'asile, souligne M. Rwamihigo.

Ensuite, explique le coordonnateur, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a sélectionné des familles pour être relocalisée à Chatham-Kent.

C'est nous qui avons fait les premiers pas pour aider ces gens, nous nous sommes proposés pour les accueillir. 

April Rietdyk, directrice de la santé publique à Chatham-Kent

Les cinq familles, qui comptent en tout 20 personnes, attendent toujours une décision de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada. Il s'agit de cette instance qui doit statuer sur leur demande d'asile.

April Rietdyk, la directrice municipale de la santé publique de Chatham-Kent, note que cela peut prendre une vingtaine de mois.

Depuis la fin avril, environ 5500 migrants ont traversé la frontière canadienne illégalement. Il s'agit d'une hausse considérable par rapport aux 2000 personnes qui sont arrivés de la même manière en 2017.

Pendant l'attente d'approbation de leur statut de réfugié, le gouvernement fédéral paie à ces familles une chambre d'hôtel, et ce, durant huit semaines.

La municipalité de Chatham-Kent, quant à elle, se charge d'aider les familles à se trouver des logis permanents.

Les migrants sont également toujours en attente d'un visa de travail, ce qui peut prendre environ 30 jours.

Mme Rietdyk affirme que les parents vont bientôt chercher des emplois et que lorsqu'ils seront mieux ancrés, ils paieront eux-mêmes leur loyer.

Elle ajoute que le centre local d'apprentissage linguistique pour adultes aidera ces familles à s'intégrer en les référant à des organismes sociaux de la communauté.

C'est enrichissant en tant que communauté d'être capable de regarder le travail qu'on a fait et de se dire qu'on a accueilli ces familles, selon Mme Rietdyk. Cette dernière espère que la petite part que la municipalité a jouée dans cette histoire sera somme toute positive.

Des négociations entre le fédéral et la municipalité

La municipalité de Chatham-Kent était déjà en discussion avec Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada afin de faire venir des demandeurs d'asile à Chatham-Kent.

Le maire, Randy Hope, a témoigné devant le Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration à Ottawa cet été. Il se disait alors prêt à accueillir des réfugiés dans la ville du Sud-Ouest de l'Ontario. Selon lui, le processus serait bénéfique face à la pénurie de main-d'oeuvre à laquelle doit faire face sa ville.

Il pourrait sembler curieux qu'un gouvernement municipal soit en lien direct avec un gouvernement fédéral, selon Joseph Lyons, professeur adjoint en science politique à l'Université Western en Ontario, car les municipalités sont des créatures qui relèvent du provincial, dit-il.

Caroline Andrew, professeure à l'Université d'Ottawa, abonde dans le même sens. Toutefois, elle note que l'immigration est généralement une compétence du gouvernement fédéral.

Le maire fait bien de demander de l'aide à Ottawa, et j'ai l'impression que toutes les batailles politiques entre l'Ontario et le fédéral incitent les représentants du gouvernement du Canada à vouloir parler directement avec les maires.

Caroline Andrew, professeure en science politique à l'Université d'Ottawa

La professeure estime que l'initiative prise par Randy Hope est conforme au règlement, mais tout de même atypique pour le maire d'une municipalité.

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