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Couillard à Val-d'Or pour enfoncer le clou de la pénurie de main-d'oeuvre

Philippe Couillard, devant un micro, dans un studio de radio.

Philippe Couillard, en entrevue mardi matin à l'émission Daybreak, à CBC Montreal.

Photo : Radio-Canada / Dany Pilote

Radio-Canada

Le chef libéral Philippe Couillard continuera d'attaquer l'engagement de son adversaire caquiste François Legault à réduire temporairement d'environ 20 % le seuil d'immigration en se rendant mardi soir dans un restaurant Subway de Val-d'Or, en Abitibi, qui vient de fermer ses portes en raison d'un manque d'employés.

Un texte de François Messier

« M. Legault parle d’emplois à 25 $/heure. Il y a un Subway qui vient juste de fermer parce qu’il n’y a pas de travailleurs là-bas. Il y a un McDonald's qui vient de fermer aussi », a-t-il souligné lors d’une entrevue accordée en matinée à Daybreak, l’émission radiophonique matinale de CBC Montreal. « Comment va-t-il s’attaquer à ça? »

Les propriétaires d’un Subway situé sur la 3e avenue ont décidé de mettre temporairement la clef sous la porte samedi, faute de main-d’œuvre pour pourvoir l’ensemble des quarts de travail. Le personnel a été rapatrié vers un second restaurant, situé sur la même rue, mais plus près du centre-ville.

En entrevue à Radio-Canada, un des copropriétaires des deux restaurants en question, Yanick Bolduc, a indiqué qu'il lui faudrait au moins 12 employés pour que son restaurant rouvre ses portes.

Un McDonald's du centre-ville de Val-d'Or a dû fermer ses portes pour les mêmes raisons l’été dernier.

Tous ces restaurants sont situés dans la circonscription d’Abitibi-Est, où les candidats libéral et caquiste, Guy Bourgeois et Pierre Dufour, sont considérés à égalité selon les modèles informatiques des projectionnistes les plus suivis, Qc125 et Too Close to Call.

L’enjeu dans cette circonscription est d’autant plus important que les deux sites avancent maintenant que la Coalition avenir Québec, toujours en tête dans les sondages, se dirige vers un gouvernement minoritaire.

De nouvelles données qui confortent le chef libéral

M. Couillard a profité de l’entrevue pour accuser M. Legault de dire des faussetés en affirmant que 26 % des immigrants quittent le Québec au profit d’autres provinces. Il en tient pour preuve un nouveau rapport publié lundi par l’Institut du Québec (IdQ) à ce sujet.

L’étude conclut que le taux de rétention des immigrants arrivés au Québec depuis 10 ans était de 81,8 % en 2017. L’IdQ, qui est affilié à HEC Montréal, conclut ainsi que le Québec se classe derrière l’Ontario, la Colombie-Britannique et l’Alberta, mais devant les Maritimes, Terre-Neuve-et-Labrador, le Manitoba et la Saskatchewan.

« Alors 82 % des immigrants restent au Québec et on est quatrième parmi les provinces en ce qui concerne la rétention des immigrants », a noté le premier ministre sortant à Daybreak. « Alors encore une fois, c’est un portrait faussement négatif qui est projeté. »

Dans un discours prononcé subséquemment devant des membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), M. Couillard a poursuivi dans la même veine, en soulignant que la même étude conclut que les immigrants de 25 à 54 ans présents ici depuis 5 ans travaillent autant que ceux de l’Ontario, et que leur taux de chômage est passé de 13 % en 2010 à 6 % cet été.

« Bien sûr, on peut faire mieux, mais il ne faut pas déformer les faits », a commenté le chef libéral.

« Comment prétendre vouloir retenir plus de gens tout en les menaçant? », a-t-il enchaîné. « Avec son déni, la CAQ propose d’affaiblir notre économie. Elle propose de rajouter un fardeau sur les épaules de nos travailleurs, de nos entreprises et de nos services publics. »

Contrairement à ce qui est véhiculé, le taux de chômage des immigrants baisse, même rapidement, et leur taux de participation au marché du travail se compare maintenant à celui de la population d’accueil. Alors les vieilles histoires des immigrants chômeurs et des immigrants qui viennent prendre des jobs, c’est fini.

Philippe Couillard, chef du Parti libéral, après son discours à la CCMM

Une proposition « aussi mauvaise que la charte des valeurs »

Le chef libéral a par ailleurs continué de vilipender les propositions en immigration de la CAQ, qui souhaite accorder des certificats de sélection temporaire aux nouveaux arrivants, avant de s’assurer qu’ils puissent réussir des tests de français et de connaissances des valeurs québécoises trois ans après leur arrivée.

Cette politique est « aussi mauvaise que la charte des valeurs l'était en 2014 », a-t-il asséné lors de son entrevue à Daybreak, en référence à la charte de la laïcité que défendait à l'époque le gouvernement péquiste de Pauline Marois. Le projet est mort lorsque le Parti québécois a perdu l'élection d'avril 2014.

« Avec la charte des valeurs, les gens se faisaient dire : "si vous êtes habillés de telle façon, vous n’aurez pas accès à des emplois dans le service public". C’était mauvais », a précisé Philippe Couillard après son discours devant la CCMM.

« Maintenant, ça va plus loin […] On dit aux gens, vous devez passer des tests – sans savoir sur quoi les tests vont porter – et après, vous serez expulsés [en cas d’échec]. C’est assez significatif », a-t-il ajouté.

François Legault reconnaît en fait que le Québec n'a pas le pouvoir d'expulser quiconque, cette responsabilité revenant au gouvernement fédéral. Le chef de la CAQ a déjà dit qu'il aviserait Ottawa de la situation le cas échéant, sans plus.

Depuis quelques jours, M. Legault cherche à adoucir sa position sur la question. Après avoir indiqué la semaine dernière que « tous les gens de bonne foi » vont réussir les deux tests, il a fait savoir mardi matin que les nouveaux arrivants pourraient recommencer ces examens « autant de fois qu’ils le veulent » à tout moment lors de leurs trois premières années au Québec.

Le CAQ compte également offrir un délai d’un an supplémentaire pour réussir ces tests, si un candidat multiplie les échecs.

Avec la collaboration de Gabrielle Proulx

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