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Réduction des déchets : le rôle clé des gouvernements

Un véhicule repousse des piles de déchets dans un dépotoir.

Une montagne de déchets dans une décharge municipale

Photo : iStock

Radio-Canada

Le nouveau gouvernement de Doug Ford n'a pas encore présenté de stratégie environnementale. Et comme le taux de réacheminement des déchets est demeuré stable en Ontario au cours des 10 dernières années, des municipalités mettent de l'avant différentes initiatives pour remédier au problème.

Un texte de Marie-Hélène Ratel

Or, le gouvernement de Kathleen Wynne avait, en 2016, établi une stratégie de réduction des déchets dans laquelle la province s'engageait à réacheminer 80 % des déchets d'ici 2050.

Selon les données de la province, le taux de réacheminement des déchets est demeuré stable depuis 2008 en Ontario, soit à environ 25 %.

Il s’agit là des déchets qui sont réutilisés ou envoyés aux recyclage et compostage.

Les déchets résidentiels

La Ville de Markham, en banlieue de Toronto, est une figure de proue dans la réduction des déchets dans la province. Selon les données de la Municipalité, son taux de réacheminement se situe à 81 % pour la cueillette résidentielle.

En 2017, Markham a mis en place un programme de récupération des textiles, une pratique de plus en plus populaire en Amérique du Nord.

Mais selon la responsable de la gestion des déchets pour la Ville de Markham, Claudia Marsales, l’adoption d’un règlement en 2013 obligeant les résidents à déposer leurs ordures dans des sacs transparents a réellement changé les choses.

Les données de l’Office de la productivité et de la récupération des ressources montrent une idée globale des efforts entrepris par les municipalités quant au recyclage et au compostage dans les résidences, mais ne prennent toutefois pas en considération certains programmes de récupération, comme celui pour le textile.

Ces statistiques n’incluent pas non plus les données des compagnies privées qui s’occupent de la cueillette dans les immeubles de logements et qui ne font pas partie du réseau de la municipalité. À Toronto, par exemple, cela touche environ 39 % des immeubles d’habitation.

La Ville d’Ottawa fait exception à la règle. Elle se charge de toute la cueillette résidentielle, ce qui est essentiel pour traiter le problème, selon la directrice des services de gestion de déchets solides de la Municipalité, Marilyn Journeaux.

« À Ottawa, environ le quart de la population vit dans des appartements et c’est important d’avoir des programmes pour ces résidents », explique Mme Journeaux.

Des sacs transparents aux côtés de bacs de recyclage.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les sacs transparents sont obligatoires à Markham depuis 2013.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Les sacs d’ordures transparents

À Markham, les éboueurs ne ramassent pas les sacs dans lesquels se trouvent des effets bannis de la cueillette des ordures à domicile, comme les textiles, les produits domestiques dangereux et les produits électroniques.

Comment pouvons-nous contrôler les déchets sans savoir ce qui s’y trouve? Dès que nous savons ce qui est jeté à la poubelle, il devient plus facile de mettre des politiques en place.

Claudia Marsales, responsable de la gestion des déchets, Ville de Markham

Mme Marsales dit avoir constaté une réduction significative du nombre de tonnes de déchets annuels dès la mise en place du programme. En un an seulement, ce nombre est passé de 21 000 à 17 000, et continue de diminuer depuis 2013, malgré la croissance démographique.

Cette initiative municipale est aussi en place à Kawartha Lakes et dans le comté de Dufferin, ainsi qu’en Nouvelle-Écosse.

Une réticence envers des changements draconiens

Si cette politique est aussi efficace, pourquoi les autres municipalités ne mettent-elles pas le même programme en place?

Plusieurs enjeux entrent en ligne de compte, dont la protection de la vie privée, qui préoccupe certains résidents. Les municipalités autorisent toutefois les résidents à déposer des articles de petite taille dans un sac de couleur opaque, à l’intérieur du plus grand sac.

Le maire d’Aurora, Geoffrey Dawe, a constaté que des résidents s’opposaient fermement à ce projet en 2015, alors que sa municipalité se préparait à suivre l’exemple de Markham. Le vote final n’a pas passé au conseil municipal.

Il espère explorer à nouveau le sujet s’il est réélu aux élections municipales du 22 octobre prochain.

Cibler la Ville comme pollueur

Là où Toronto semble se démarquer dans la province, c’est par sa stratégie d’économie circulaire et d’approvisionnement écologique. La Ville se cible elle-même en tant qu’institution qui doit réduire ses déchets.

Avec un approvisionnement écologique, Toronto cherche entre autres à prioriser des fournisseurs dans l’ensemble de ses services qui évitent le gaspillage.

Le Conseil de recyclage de l’Ontario y voit là une approche innovante et tente de motiver d’autres municipalités à aller dans la même direction.

C’est un concept assez récent en Ontario. [...] Nous pensons que c’est l’une des choses les plus importantes que les municipalités peuvent faire.

Jo-Anne St. Godard, directrice générale, Conseil de recyclage de l’Ontario
Un immeuble à TorontoAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Radio-Canada / Lyne-Francoise Pelletier

Le comité de gestion gouvernementale de Toronto a approuvé en juin dernier un plan de travail pour la mise en place progressive de cette stratégie.

Des consultations publiques doivent être lancées cet automne dans le but d’identifier des solutions pour réduire le nombre d’articles à usage unique, comme les pailles et les contenants jetables.

À la lumière des consultations, des projets pilotes seront lancés où les principes de l’économie circulaire seront mis de l’avant dans différents départements municipaux. L’achat de biens et services doit notamment être repensé pour encourager la récupération et la réutilisation.

Toronto vise à atteindre d’ici 2026 un taux de réacheminement des déchets de 70 %, un objectif qu’elle s’était fixé en 2003 et qu’elle comptait atteindre en 2010.

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