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Un débat électoral : des heures d'entraînement

Megan Mitton et Sabine Dietz, assise côte à côte, révisent des notes et des documents à l'ordinateur.
Les deux femmes font équipe pour le débat. L'une pose les questions à l'autre qui s'entraîne alors à répondre avec assurance. Photo: Radio-Canada / Alix Villeneuve

La période des débats électoraux est maintenant terminée pour les chefs de parti en campagne électorale au Nouveau-Brunswick. Mais les débats électoraux et le stress qui les accompagne ne sont pas exclusifs aux chefs. Nous avons suivi l'équipe du Parti vert de Memramcook et Sackville dans sa préparation pour un débat local.

Un texte d'Alix Villeneuve

Combien de temps faut-il prendre pour se préparer à un débat? Megan Mitton répond que cela prend une bonne journée et même plus. Elle est candidate pour le Parti vert dans la circonscription de Memramcook-Tantramar.

Avec sa directrice de campagne, Sabine Dietz, qui fait office d’entraîneuse, la candidate révise un à un tous les dossiers susceptibles d’être évoqués lors d’un débat local à Memramcook organisé par la chambre de commerce.

Dans le local électoral, quatre militants et la candidate discutent et travaillent autour d'une table. La circonscription de Memramcook-Tantramar est ciblée par le Parti vert, qui y a déployé davantage de ressources pendant la campagne. Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

« C’est moi la patronne, écoutez-moi. »

Sabine est une habituée de la gestion. Lorsqu'elle n'est pas organisatrice électorale, elle dirige un regroupement d’organismes sans but lucratif.

Et gérer une campagne électorale, c’est plus simple? C’est vraiment différent. Wow, ça roule!, lance-t-elle avec un brin d’humour. Il y a toujours quelque chose qui bouge.

C’est vraiment pour l’appuyer, elle a besoin d’être avec les électeurs. Mon rôle c’est de gérer les autres choses.

Sabine Dietz, directrice de campagne pour Megan Mitton

Parmi ces autres choses, il y a la gestion de l’horaire, des publicités, du local électoral et le matériel promotionnel.

Je n’ai pas de pouvoir avec l’horaire! lui lance Megan Mitton, assise à ses côtés.

Sa directrice de campagne lui brandit alors avec humour un macaron où il est écrit en anglais : C’est moi la patronne, écoutez-moi.

Tu vois? Voilà.

Une photo du débat. Quatre candidats sont près l'un de l'autre dans un auditorium.Le débat était organisé par la Chambre de commerce de Memramcook. Photo : Chambre de commerce de Memramcook

Anticiper les questions

La patronne doit aider sa candidate à être prête pour un débat. Son rôle est de préparer des questions, de réviser les sujets, de faire de la recherche pour s’assurer que les faits soient justes, d'habituer la candidate à fournir des réponses convaincantes aux questions.

Les thèmes du débat sont connus. Toutefois, les questions, elles, ne le sont pas.

La clé, c’est de parler avec les gens, lance la directrice de campagne. Plus un candidat discute avec les gens, plus il sera en mesure de connaître les enjeux d’une communauté, et donc, d’anticiper les questions posées, affirme-t-elle.

Le porte-à-porte, c'est comme ça que tu sais ce qui va sortir.

Sabine Dietz, directrice de campagne de Megan Mitton
Le local électoral du Parti vert vu de l'extérieur. Des affiches de la candidate sont posées près d'un buisson aux couleurs du parti politique.À l'intérieur comme à l'extérieur, le local électoral comporte quelques touches de vert bien placées. Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Place à l'entraînement

Assises côte à côte, les deux femmes révisent les dossiers de la petite enfance.

On sait que ces centres ont été établis par le gouvernement, et ça donne des avantages aux garderies qui sont définies, alors comment est-ce que tu vas appuyer nos garderies, demande Sabine Dietz qui se place dans la peau d’un citoyen l'interpellant.

J’ai parlé avec des propriétaires de garderies et ce que j’ai entendu, c’est qu’on a besoin d’être plus flexibles avec ces désignations, répond Megan Mitton. Elle prend une pause, hésite un peu et poursuit. Et les coûts sont trop élevés pour beaucoup de parents, alors c’est un autre enjeu pour les gens.

Et alors la plateforme du Parti vert, elle suggère quoi? relance la directrice de campagne. Elle suggère que la désignation soit plus flexible et elle dit aussi qu’on devrait mettre les centres de la petite enfance dans les écoles quand c’est possible, répond la candidate telle une personne faisant un exposé oral.

Je vais regarder si l’école Abbey-Landry a une garderie, ajoute la directrice, quand sa candidate a terminé.

Quelques pages de notes écrites à l'ordinateur avec des ajouts faits à la main. Les notes de la candidate en vue de la préparation de son débat Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Les notes

Sous ses yeux, la candidate verte dispose de plusieurs feuilles de notes écrites à l’ordinateur. Elle y ajoute des éléments à la main au fur et à mesure que la discussion avance.

Je ne prépare pas exactement ce que je vais dire, j’ai comme des bullet points.

Megan Mitton, candidate pour le Parti vert dans la circonscription de Memramcook-Tantramar

Dans ses notes, on trouve des statistiques, des détails sur les promesses du Parti vert, des thèmes qu’elle souhaite aborder et un résumé de ses positions.

On trouve tout de même des déclarations préparées d'avance, dont une sur l’état des routes dans la circonscription.

En tant que conseillère à la Ville de Sackville, je comprends que le gouvernement provincial doit donner sa part dans l’amélioration de nos routes, peut-on lire dans les notes de Mme Mitton.

Sur une carte de Memramcook, quelques punaises sont placées. Les murs du local électoral sont tapissés d'affiches et de cartes. Ici, des punaises indiquent les endroits où des affiches électorales ont été posées. Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Est-ce stressant un débat? La candidate acquiesce.

Si je n’étais pas stressée, ça voudrait dire que je ne prendrais pas les débats sérieusement.

Megan Mitton, candidate pour le Parti vert dans la circonscription de Memramcook-Tantramar

Dans les débats, j’ai l’occasion de parler avec des centaines de personnes, alors oui, c’est vraiment important!

Robin Marty et Eryn Sylvester travaillent côte à côte sur leur ordinateur.Robin Marty et Eryn Sylvester sont des bénévoles pour le Parti vert. Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Les bénévoles y croient

Plus loin dans le local, quelques bénévoles demeurent actifs devant leur ordinateur. L’un d'eux, Robin Marty, est un bénévole de Montréal.

Militant du Parti vert au fédéral, il s’est déplacé jusqu’au Nouveau-Brunswick pour donner un coup de main à la campagne, particulièrement à Memramcook, une communauté francophone.

Le Parti vert a-t-il des chances de faire une percée dans la circonscription? Le jeune adulte n’en doute pas un instant. Je pense qu’il y a une lutte à trois. [...] C’est vraiment depuis deux ou trois jours, on voit que ça monte.

Sa prédiction : les verts vont l’emporter par un ou deux points de pourcentages seulement sur le Parti libéral dans la circonscription. Ça va être serré.

Un tableau indique plusieurs données selon le pourcentage obtenu qui est prédit pour chaque formation politique. Les bénévoles ont fait un « pool » pour tenter de prédire quel pourcentage de vote le Parti vert va obtenir dans la circonscription. Tous les membres de l'équipe ont donné les verts gagnants. Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Plus tard, une autre bénévole interrompt la séance d'entraînement des deux femmes pour apporter un peu de nourriture.

Avant de partir, elle se tourne vers Megan Mitton et lui donne une tape sur l’épaule.

Bonne chance ce soir, je vais penser à toi.

Pendant la campagne, les quatre principales formations politiques ont accepté d'accueillir un journaliste pour lever le voile sur un aspect du fonctionnement interne d'une campagne électorale. Nous avons aussi suivi le NPD lors d'une opération de porte-à-porte.

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