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Comment les oiseaux nous informent sur l’état de la planète

Un carouge à épaulette se tient en équilibre sur une quenouille

Le carouge à épaulette, un des oiseaux migrateurs qu'on trouve au Manitoba.

Photo : Jacques Bouvier

Radio-Canada

Comment les oiseaux peuvent-il nous en apprendre davantage, sur nous et notre environnement? Alors que l'automne arrive et que les oiseaux migrateurs préparent leur grande traversée, les scientifiques observent de près ces espèces et leurs comportements.

Un texte de Julien Sahuquillo

Christian Artuso est ornithologue pour l’organisme Bird Studies Canada. Il observe la population des oiseaux du Manitoba. « Quand on a fait l'Atlas des oiseaux nicheurs du Manitoba, il y avait presque 300 espèces qui nichaient ici entre 2010 et 2014 », explique-t-il.

Étudier ces espèces nous en apprend beaucoup, dit-il. « C’est justement en notant les changements de comportements qu’on peut vraiment comprendre l’impact des changements climatiques ou d’autres choses », explique-t-il.

Pour les biologistes comme Ron Bazin, il faut néanmoins faire une distinction. « Les études démontrent qu’il y a deux différents groupes d’oiseaux. Ceux qui ont un trajet migratoire plus court et ceux qui ont un trajet plus long. Il semble y avoir une différence sur leur façon de s’adapter aux changements climatiques », précise-t-il.

Ron Bazin explique que les grands migrateurs offrent davantage d’informations sur les changements climatiques. « Ils semblent ne pas pouvoir bénéficier des printemps anticipés, en partie parce qu’ils ont une plus grande distance à parcourir. Et c’est dans ce groupe-là que l’on voit des réductions de population plus alarmantes », précise-t-il.

Le biologiste note également que des études montrent un impact du réchauffement climatique sur les comportements migratoires de certaines espèces. « Certains groupes d'oiseaux arrivaient jusqu'à 13 jours plus tôt qu'auparavant, dit-il. Ils peuvent avoir des tendances à migrer plus vite vers le Sud également. »

D’autres indices inquiètent les chercheurs. « Par exemple les mésangeais du Canada [...] cachent la nourriture derrière des morceaux d’écorces ou sous le lichens [en hiver]. Des études ont montré qu’avec les changements climatiques, c’est plus difficile pour eux de cacher la nourriture, parce qu’il fait moins froid qu’avant. »

Mais selon les chercheurs, le comportement des oiseaux migrateurs nous renseignent surtout sur notre propre impact environnemental. « Le problème le plus grand pour les oiseaux, c'est la destruction des habitats. On dit que c'est le facteur numéro un. C'est ce qui explique la diminution des populations d’oiseaux », explique Christian Artuso.

Avec les changements climatiques, l’implantation de l’humain dans certaines régions menace un équilibre nécessaire à certaines espèces. Ron Bazin explique qu’à leur retour, les oiseaux migrateurs ne « peuvent pas nécessairement trouver d'autres endroits qui sont aussi bien que ceux qu'ils avaient avant ».

Les chercheurs soulignent néanmoins que des études à plus long terme sont nécessaires pour confirmer ces premières observations.

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