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La Ville de Sherbrooke abandonne la lutte contre l'agrile du frêne

L'agrile du frêne sur une feuille.

L'agrile du frêne.

Photo : iStock / yod67

Radio-Canada

Infestée depuis plus longtemps qu'elle ne le pensait par l'agrile du frêne, la Ville de Sherbrooke rend les armes et tentera de préserver son couvert forestier plutôt que de faire la lutte à l'insecte ravageur.

Un texte de Charles Beaudoin

Le conseil municipal a modifié le règlement lundi afin de ne plus obliger les propriétaires de frênes à abattre leurs arbres ou à les traiter dans un délai précis. Celui-ci entrera en vigueur à compter du 4 octobre prochain.

Alors que la Ville souhaitait au départ limiter la propagation de l'insecte, 14 nouveaux foyers d'infestation ont été découverts depuis mai, faisant passer leur nombre à 22. Auparavant concentrées dans le secteur du parc Olivier-Chauveau, dans le district du Carrefour, des zones infestées ont été recensées également dans les secteurs Fleurimont et Bromptonville, où l'agrile se trouverait depuis plus de cinq ans.

Ce sont les observations faites cet été qui permettent de dire qu’on est plutôt à l’année cinq de l’infestation. Le premier foyer découvert en 2017 nous laissait croire qu’on se trouvait au début de l’infestation. À ce moment-là, la stratégie était bonne, mais maintenant on doit la revoir.

Roger-Pier Mercier, chef de la division des parcs et espaces verts

Notre règlement initial visait à ralentir la multiplication et la propagation de l'insecte ravageur, mais nous constatons maintenant que l'agrile du frêne est présent à plusieurs endroits sur le territoire, mentionne la conseillère municipale et présidente du comité de l'environnement, Karine Godbout.

Avec le nouveau règlement, les propriétaires pourront choisir entre traiter leurs frênes tous les deux ans à l'insecticide, attendre qu'ils soient infestés avant de les couper ou les abattre immédiatement et les remplacer par de nouveaux arbres.

Tous les frênes vont y passer, parce qu'un coup que l'agrile a fini de dévaster un frêne, elle va s'attaquer au frêne à côté s'il n'a pas été traité. Inévitablement, à moins que la science amène des solutions différentes, tous les frênes non traités vont y passer, souligne M. Mercier.

La Ville se dit toujours en attente du rapport du fournisseur en lien avec un champignon qui pourrait s'attaquer à l'agrile du frêne. Aucun dédommagement n'est prévu pour les citoyens qui ont déjà fait abattre des frênes sains sur leur terrain.

L’agrile du frêne avait été recensé pour la première fois en octobre 2017 sur le territoire de Sherbrooke. Depuis, la Ville avait adopté un plan d’action estimé à 5,7 millions de dollars dans le but de freiner la propagation de l'insecte, un budget qui demeure inchangé La Ville estime à 2500 le nombre de frênes public sur son territoire et à plus de 12500 ceux qui se trouvent sur des terrains privés.

Ce qu'on veut faire, c'est de mettre la majorité des sommes en plantations et en accompagnement des citoyens pour les informer le plus tôt possible, explique Guylaine Boutin, directrice du Service de l'entretien et de la voirie.

Auparavant, le règlement stipulait que les propriétaires de frênes se trouvant à l'intérieur de 300 mètres d'un arbre infesté par l’agrile avaient 30 jours pour décider s’ils traitaient leurs frênes au TreeAzin ou s’ils les abattaient. Après une levée de boucliers de citoyens alarmés d'être contraints à payer des milliers de dollars en un court laps de temps, la Ville avait de nouveau modifié son règlement, permettant aux citoyens comptant plusieurs frênes sur leur terrain de les traiter sur 10 ans.

Une séance d'informations publique est prévue au début du mois d'octobre.

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