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CISSS de l'Outaouais : des préposés à bout de souffle lancent un nouveau cri du coeur

Judith Daoust répond aux questions d'une journaliste.
Judith Daoust, directrice du Programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées au CISSS de l’Outaouais Photo: Radio-Canada

Les préposés aux bénéficiaires du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais sont à bout de souffle. C'est ce qui ressort d'une vingtaine de rencontres dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de la région, effectués par le CISSS.

Judith Daoust, directrice du programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées au CISSS de l’Outaouais, affirme qu'elle vient de conclure une tournée des CHSLD. Au terme des 23 rencontres, le message est clair. Ce que j’entends, c’est ce qu’on m’a rapporté, c’est ce cri du coeur là que le personnel nous a fait lors de notre tournée, raconte-t-elle.

La situation en Outaouais n’est pas différente de la situation ailleurs en province, selon Mme Daoust, qui reconnaît que l’été a été difficile pour les préposés, qui n'ont pas toujours été en mesure d'offrir un deuxième bain aux bénéficiaires, notamment.

Elle reconnaît que la pénurie de personnel au CISSS est réelle et qu'elle a un impact sur les services. Elle soutient toutefois que l'organisme travaille à recruter du personnel. À pareille date l’an passé, on était à 129 préposés recrutés, nous en sommes à 237. Donc, on est dans la bonne direction, dit-elle.

On tente d'outiller [les préposés] pour mieux gérer cette pression-là.

Judith Daoust, directrice du programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées au CISSS de l’Outaouais

À son avis, il ne s'agit pas d'une question de manque de financement. Les fonds sont là; l’enjeu, c’est d’avoir de la main-d’oeuvre pour bien les desservir, explique-t-elle.

On veut tous travailler avec des structures pleines de ressources humaines, mais ce n’est pas le cas, malheureusement, de la réalité, reconnaît la directrice.

Le syndicat pas surpris

Pour sa part, Michel Quijada, président du Conseil central des syndicats nationaux de l'Outaouais–CSN, n'est pas surpris. Quand on rencontre les préposés, la première chose qu’ils nous disent, ils nous témoignent de leur épuisement. Ce n’est pas la première fois qu’on en parle, on en parle souvent, mais il n’y a rien qui se règle, déplore-t-il.

Alors, les travailleurs deviennent épuisés, il n’y a pas de rétention du personnel, les gens finissent par quitter, explique-t-il. Et ceux qui ne quittent pas, souvent, ils sont malheureux au travail, parce qu’ils sentent très bien qu’ils n’arrivent pas à faire ce pour quoi ils sont là, c’est-à-dire soigner les patients.

Nous, on trouve ça épeurant, on trouve ça désastreux. On est devant un désarroi dans ce temps-là.

Michel Quijada, président du Conseil central des syndicats nationaux de l'Outaouais–CSN

M. Quijada explique que son syndicat tente de négocier de meilleurs horaires pour les travailleurs et d’établir des politiques à l’intérieur du CISSS pour que celui-ci soit capable de retenir la main-d’oeuvre, entre autres.

C’est toujours difficile d’entendre des gens qui aiment leur travail, qui veulent faire du bon boulot auprès des bénéficiaires qu’ils ont et qui se sentent démunis par rapport à la somme de travail qu’ils ont, dit-il. Parfois, c’est nos préposés qui ont besoin d’aide.

Le patient qui est obligé d’attendre pour avoir un bain ou pour des médicaments […] c’est inacceptable, ça n’a pas de bon sens. Il faut trouver des solutions, conclut M. Quijada.

Avec les informations de Yasmine Mehdi

Ottawa-Gatineau

Établissement de santé