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analyse

Avarie à la Station spatiale internationale : David Saint-Jacques ne croit pas au sabotage

 La capsule Soyouz

Une capsule Soyouz utilisée pour l'entraînement de l'astronaute David Saint-Jacques, à la Cité des étoiles

Photo : Radio-Canada / Alexey Sergeyev

Tamara Alteresco

L'astronaute canadien David Saint-Jacques ne croit pas que la microfissure découverte il y a deux semaines sur le vaisseau russe Soyouz soit le résultat d'un sabotage.

Le tout petit trou de deux millimètres, une microfissure à peine visible, aurait pu causer un désastre pour les occupants de la Station spatiale internationale (SSI) si la fuite d’oxygène n’avait pas été détectée et colmatée rapidement. Depuis qu’elle a été découverte il y a deux semaines, sur le vaisseau russe Soyouz arrimé à la station spatiale, cette fissure alimente la controverse et les rumeurs, y compris celle d’un sabotage à bord.

« Bien sûr, physiquement, c’est possible. C’est pour ça que c’est une des nombreuses hypothèses qui sont sur la table, mais personnellement, je n’y crois pas », a déclaré lundi l’astronaute canadien David Saint-Jacques lors d’une conférence de presse à la Cité des étoiles de Moscou, où il s’entraîne pour sa mission dans l’espace, qui doit s'amorcer dans trois mois.

La semaine dernière, le journal russe Kommersant a rapporté que le trou aurait pu être percé par un des deux astronautes américains qui occupent actuellement la SSI.

Le journal cite des sources anonymes proches de l’enquête selon lesquelles le présumé saboteur aurait voulu provoquer et justifier un retour anticipé sur Terre pour son collègue malade.

Le grand responsable de l’agence spatiale russe, Dmitri Rogozine, a qualifié ces propos d’irresponsables parce qu’ils minent selon lui la confiance entre les membres de l’équipage. Il a pourtant été le tout premier à évoquer la thèse du sabotage il y a deux semaines.

« C'est un point d'honneur que de trouver le responsable et de savoir s'il s'agissait d'une erreur ou d'un geste volontaire, et s’il a été fait sur Terre ou dans l'espace », avait-il déclaré le 3 septembre.

Depuis, une commission d’enquête a été mise sur pied par la Russie. Dans un communiqué commun publié la fin de semaine dernière, la NASA et l’agence russe Roscosmos ont annoncé qu’aucune conclusion préliminaire ne sera communiquée avant que l’enquête finale ne soit terminée.

L'erreur humaine envisagée

David Saint-Jacques en veston cravate.

L'astronaute canadien David Saint-Jacques en conférence de presse à la Cité des Étoiles, à Moscou.

Photo : Radio-Canada / Tamara Alteresco

Parmi les causes qu’explore la commission russe, il y a l’erreur humaine, soit celle d’un employé au sol qui aurait fait le trou par accident, et qui aurait ensuite camouflé son erreur.

Cela ne serait pas la première faille technique à toucher Roscosmos. Les analystes de l’industrie spatiale évoquent une fois de plus cette semaine les problèmes de financement du programme spatial de la Russie.

« J’ai entièrement confiance en la commission d’enquête mise sur pied par Roscosmos. Nos collègues russes ont un historique de grand succès dans l’espace –
et pour la sécurité aussi – parce qu’ils vont toujours au fond des problèmes », a affirmé David Saint-Jacques.

Cette affaire qui se passe à des centaines de kilomètres dans l’espace en dit long sur les tensions qui règnent sur Terre entre les partenaires de la SSI. Mais de toute évidence, David Saint-Jacques refuse de se laisser distraire. Il attend avec impatience son départ à bord d’un vaisseau Soyouz prévu pour le 20 décembre au Kazakhstan.

« L’aspect international de la station spatiale me tient à coeur. C’est une source de grande fierté professionnelle, pour nous les astronautes, de servir d’exemple et de prouver que nous pouvons travailler tous ensemble quand nous choisissons de le faire », a-t-il conclu.

Tamara Alteresco est correspondante pour Radio-Canada en Russie.

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