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Raphaël Fortin regarde la caméra entouré d'arbres.

Le chef du NPDQ, Raphaël Fortin, nous a accordé une entrevue en gravissant le mont Royal.

Photo : Radio-Canada / Daniel Blanchette Pelletier

Daniel Blanchette Pelletier

Élevé au sein d'une famille souverainiste, Raphaël Fortin a trouvé sa voie au Nouveau Parti démocratique. Il a tenté de se faire élire au fédéral, avant de devenir chef de la version québécoise du parti. Rencontre.

« Je viens d’une famille politisée, d’un milieu de gauche très souverainiste », lance d’entrée de jeu Raphaël Fortin.

C’est pourtant au NPD qu’il a fait ses classes, d’abord bénévole pour la campagne de Thomas Mulcair, quand celui-ci a quitté le Parti libéral du Québec et fait le saut chez les néo-démocrates.

« Le NPD respecte le droit à l’autodétermination du Québec », dit-il, pour expliquer en partie ce qu'il a trouvé au sein de cette formation politique fédérale.

Il a à son tour défendu les couleurs du parti comme candidat l’année d’après, en 2008, dans la circonscription de Verchères–Les Patriotes, en Montérégie. Sans surprise, la circonscription traditionnellement bloquiste a été ravie par le candidat du Bloc québécois.

Il n’y avait alors que quatre membres du NPD dans cette circonscription, dont son père et sa mère, qu’il avait convertis, et lui.

Ironiquement, la circonscription a été emportée trois ans plus tard par la vague orange, alors que Raphaël Fortin avait choisi de ne pas s’y représenter. Et quand il a retenté sa chance en 2015, le NPD s’effondrait à quelques semaines du scrutin.

Nous avons proposé aux trois partis qui n'étaient pas représentés à l’Assemblée nationale avant sa dissolution et qui présentent le plus de candidats lors du scrutin du 1er octobre de mettre de côté leurs événements de campagne le temps de nous rencontrer. Ils ont tous opté pour une activité en plein air.

Faire le saut au provincial

Les discussions en vue de la création d’un Nouveau Parti démocratique au Québec se sont amorcées à peine un an plus tard.

Et ça tombait à point pour Raphaël Fortin. « J’avais l’impression qu’aucun parti ne me parlait », confie-t-il à propos de la scène électorale québécoise. Il tente même sa chance à la chefferie du NPDQ et est élu le 21 janvier 2018.

J’aime le Canada, mais avant tout je suis Québécois, fier de ma langue française.

Raphaël Fortin

Depuis, le chef de 38 ans – pratiquement le même âge que les chefs Jagmeet Singh (NPD) et Andrew Scheer (PCC) au fédéral, prend-il soin de souligner – n’a plus de revenu.

Après être devenu chef, il a contracté un emprunt personnel pour se consacrer à temps plein au NPDQ jusqu’au lendemain de l’élection. « C’est un choix de vouloir me consacrer entièrement au développement de ce parti-là parce que j’y crois, assure-t-il. C’est par conviction. » Le diplômé en administration des affaires travaillait dans le milieu hôtelier avant de prendre ce congé sans solde.

Une affiche électorale en face d'un métro.

Raphaël Fortin se présente dans la circonscription montréalaise de Verdun.

Photo : Radio-Canada / Daniel Blanchette Pelletier

Il fait campagne dans Verdun contre la ministre sortante Isabelle Melançon. Cette circonscription montréalaise est un choix logique, estime-t-il. « Verdun est un quartier central, qui offre une diversité culturelle, économique et sociale, qui est exactement l’électorat qui peut être intéressé de facto à notre parti », explique le jeune chef.

Son expérience avec le service à la clientèle l’aide à mener sa campagne. « Je suis quelqu’un de terrain. J’aime le monde foncièrement. Je prends plaisir à rencontrer des gens, à prendre le temps. J’aime mieux voir moins de personnes, mais les voir de qualité. »

C’est ça, faire de la politique autrement. C’est d’être là pour vrai, pour les gens, être présent.

Raphaël Fortin

Parmi les propositions du NPDQ :

  • réviser et renégocier les ententes récentes sur la rémunération des médecins;
  • embaucher des infirmières et éliminer les heures supplémentaires obligatoires;
  • inclure les soins dentaires dans la couverture de l’assurance maladie;
  • instaurer la gratuité scolaire réelle à tous les niveaux d’études;
  • hausser le salaire minimum à 15 $ l’heure;
  • éliminer l’utilisation des produits combustibles pour chauffer les bâtiments résidentiels, commerciaux et industriels;
  • abolir la vente des véhicules utilisant uniquement des hydrocarbures d’ici 2030;
  • réformer le mode de scrutin en misant sur une représentation proportionnelle.

Le NPDQ partage des propositions communes avec les autres partis, notamment Québec solidaire. « C’est clair que si on a fondé le NPDQ, c’est parce qu’on ne partage pas l’ensemble des valeurs du Parti libéral, de la CAQ, de QS, du PQ, mais il y a de bonnes idées dans chaque parti », soutient-il.

Il faut s’inspirer de ce qui se fait bien ailleurs, de ce que proposent les autres partis. Nous, c’est ça qu’on incarne. Si c’est une bonne idée, on va la prendre et on va essayer de l’améliorer selon nos valeurs.

Raphaël Fortin

Se faire connaître

Il reste encore beaucoup de travail à faire pour le NPDQ afin de se faire connaître et de se distinguer des quatre principaux partis.

Selon Raphaël Fortin, les néo-démocrates fédéraux devraient s’y retrouver au sein de l’équivalent québécois, qui partage une « idéologie de gauche » et même certains membres. La Boussole électorale (Nouvelle fenêtre) a aussi mis un peu de lumière sur le parti, révèle-t-il.

« Voter pour nous, ce n’est pas gaspiller votre vote, assure le candidat. C’est aider à faire développer le parti le plus vite possible, parce que chaque vote rapporte un appui financier. »

À sa première élection générale, le Nouveau Parti démocratique du Québec présente d’ailleurs un nombre non négligeable de 59 candidats partout dans la province, principalement dans les régions de Montréal et de Québec.

Sa plus grande faiblesse, d'après Raphaël Fortin : le nombre de femmes, soit 18 candidates contre 41 candidats. « C’est plus difficile d’attirer les femmes quand tu es un parti naissant », note-t-il. La formation a tout de même réussi à recruter plusieurs jeunes candidats et représente la « diversité sexuelle et culturelle ». Raphaël Fortin est particulièrement fier d’avoir recruté une femme inuite.

« La prochaine tâche après l’élection, ça va être de se développer ailleurs que dans les grands centres », affirme-t-il.

Son objectif le 1er octobre? Faire élire au moins un candidat. « Mais je ne calculerai pas la réussite de cette campagne-là à l’élection d’un député. Pour moi, c’est de sentir que les gens ont découvert qu’il existait une nouvelle option positive, de gauche, non souverainiste et pragmatique au Québec. »


Ces petits partis : nombreux candidats

En tout, 22 partis ont été autorisés en vue de la campagne électorale. Seuls les quatre principaux partis présentent des candidats dans toutes les circonscriptions de la province. Quatre partis ne présentent aucun candidat. Au total, 940 personnes tenteront de se faire élire le 1er octobre.

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