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Comprendre ce qui fonctionne pour intégrer les réfugiés francophones

Plusieurs demandeurs d'asile somaliens traversent au Canada en provenance des États-Unis, dimanche matin, en marchant sur les voies ferrées dans la ville d'Emerson, au Manitoba.
Ces demandeurs d'asile en provenance des États-Unis marchaient sur les voies ferrées pour entrer au Canada, à Emerson, au Manitoba, au début de 2017. (John Woods / La Presse Canadienne) Photo: La Presse canadienne / (John Woods / La Presse Canadienne)

Une étude sur les défis que doivent surmonter les réfugiés d'expression française au Manitoba préconise la mise sur pied de centres de formation capables d'offrir une vaste gamme de services aux réfugiés et davantage de logements abordables.

Les auteurs du rapport ont interrogé 41 réfugiés d'expression française établis à Winnipeg et à Saint-Boniface de 2006 à 2016, ainsi que 17 intervenants d'organismes d'aide aux nouveaux arrivants.

Intitulé Étude sur les réfugiés d’expression française de Winnipeg et Saint-Boniface, le rapport de 70 pages dresse un profil des réfugiés. Ainsi, 41 % sont des chômeurs, 30 % sont des travailleurs salariés, 5 % sont des travailleurs autonomes ou indépendants, et 7 % font des études.

Commandée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada en 2016, la recherche vise à comprendre les besoins de cette catégorie d'immigrants, ce qu'ils vivent et quelles améliorations sont à apporter aux services existants pour faciliter leur intégration.

Le document révèle que l'expérience qu'ils ont vécue avant leur arrivée au Canada a une incidence sur leur établissement et leur intégration.

Celle-ci est même déterminante, selon l'étude. « Soit ils sont restés pendant plusieurs années dans des camps de réfugiés, soit ils sont passés par un pays transitoire, note Faïcal Zellama, professeur à l'Université de Saint-Boniface et l'un des auteurs de l'étude. Donc, les délais d'attente pour le traitement de leurs dossiers a un impact direct sur leur processus d'intégration. »

L’intégration dans les communautés francophones

Le rapport indique que 50 % des participants disent se sentir intégrés dans leur communauté d'accueil et participent à des activités communautaires. Cela va de la participation au Festival du Voyageur aux visites culturelles et exploratoires dans les municipalités rurales.

En ce qui concerne l'intégration économique, le rapport fait état de difficultés financières rencontrées par les réfugiés quelque temps après leur arrivée, parce qu'ils n'avaient pas encore trouvé de travail et que l'aide financière du gouvernement ne leur permettait pas de joindre les deux bouts. Pour améliorer leur quotidien, 72 % d'entre eux disent d'ailleurs vouloir retourner aux études, qu’ils soient chômeurs ou détenteurs d’un emploi.

De nombreux défis à relever

L'étude révèle aussi que les réfugiés, quel que soit leur âge, font face au même défi lorsqu'il s'agit de trouver un emploi.

Autre obstacle : la discrimination, selon les auteurs du rapport, fait partie du quotidien des réfugiés. Ils la vivent dans différents lieux, par exemple dans les moyens de transport, dans leur lieu de travail et dans leur quartier.

Faiçal Zellama, professeur à l'Université de Saint-Boniface.Faiçal Zellema, un des auteurs de l'étude, dit que pour ce qui est de l'intégration économique, il y a du chemin à faire pour faciliter l'intégration des réfugiés d'expression française. Photo : Radio-Canada

La langue constitue aussi un frein à l'intégration de certains. Par rapport au français, l'étude montre que, même si la plupart des répondants habitent à Saint-Boniface, l’un des quartiers francophones de Winnipeg, ils disent avoir de la difficulté à rencontrer des francophones et à trouver des services où ils peuvent parler en français.

Enfin, l'absence de reconnaissance de leurs compétences quand ils cherchent un emploi ou qu'ils veulent retourner aux études, reste un frein à leur intégration.

Une série de recommandations

Dans le domaine de l'emploi et de la formation, les auteurs préconisent la mise sur pied de centres de formation. « On ne parle pas seulement de comment rédiger un curriculum vitae ou comment faire la recherche d'emploi, explique Faïçal Zellama. Il faut faire en sorte que ces centres facilitent la mobilité des réfugiés parce qu'ils ont des compétences et la volonté. »

Les auteurs de l'étude recommandent aussi d'augmenter le nombre de logements de transition. Car trouver un logement n'est pas toujours chose aisée, notamment à Saint-Boniface. « Il n'y a pas assez de logements disponibles à Saint-Boniface et, des fois, quand il y en a, ils ne sont pas abordables pour les réfugiés. C'est pourquoi nous les encourageons à chercher dans des quartiers comme Saint-Vital, Transcona ou le parc Windsor », explique Boris Ntambwe, responsable du programme d'aide à la réinstallation des réfugiés et au logement à l'Accueil francophone, un organisme de Saint-Boniface qui appuie les nouveaux arrivants.

Dans le domaine de la santé, certains organismes sociaux qui participent à l'intégration sociale des réfugiés pourraient également être mieux financés, estiment les auteurs du rapport.

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