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La réflexion sur la création d'une épicerie coopérative commence dans un village nord-ontarien

Des rayons d'épicerie.

Un comité d'action de 12 personnes a été formé afin d'étudier la mise sur pied d'une coopérative alimentaire à Earlton, dans le Témiscamingue ontarien.

Photo : Courtoisie Michel Maurice

Radio-Canada

Trois mois après la fermeture de l'unique épicerie du village d'Earlton, dans le Témiscamingue ontarien, un comité chargé d'étudier les modalités de la création d'une coopérative alimentaire a été créé. Par contre, selon la présidente du groupe, Shannon Wittmaack, la tâche ne sera pas de tout repos.

Un texte de Bienvenu Senga

L'enseignante de profession, qui réside à Earlton depuis près de 15 ans, a l'impression que certains résidents de la localité de 1200 habitants sont sceptiques quant à la réussite d'une coopérative éventuelle.

Les gens regrettent de ne plus avoir d’endroit où aller acheter des ingrédients dont on pourrait avoir besoin de manière urgente, mais en même temps, je n’entends pas de plaintes à propos du coût élevé, ce qui était le cas avant, pour l’ancienne épicerie.

Shannon Wittmaack, présidente du comité d’action
Une femme avec des lunettesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'enseignante Shannon Wittmaack d'Earlton

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Les habitants d’Earlton ont comme alternative, notamment, de faire leurs achats au Walmart de New Liskeard, à 25 kilomètres au sud.

Mme Wittmaack estime que même si l’épicerie leur manque, les gens deviennent plus stratégiques et font des listes pour ne rien oublier lors de leurs déplacements en ville.

Le comité d’action doit également tenir compte de la démographie dans ses travaux, ajoute-t-elle.

Il est très évident que comparativement au moment où l’ancienne épicerie se portait bien financièrement, la population a beaucoup changé. On a des mineurs qui viennent à Earlton pour deux semaines à la fois, des enseignants qui travaillent en dehors du village. L’accessibilité et le grand nombre de personnes qui conduisent ont accru les possibilités en termes de lieux où l'on peut aller faire ses courses.

Shannon Wittmaack

La diversification de l'offre, clé du succès?

À l’issue de la réunion publique tenue vers la fin juin par le conseil municipal du canton d’Armstrong afin de présenter le modèle coopératif à la population, Mme Wittmaack avait l’impression que certaines questions étaient restées sans réponses, comme le modèle de commerce dont Earlton a besoin.

L’enseignante croit que l’échec des anciens propriétaires d'Earlton Grocery King, qui a fermé ses portes en juin, démontre que l'inventaire du nouvel établissement devrait même s'étendre à des produits qu’on ne trouve pas habituellement dans des épiceries.

Nous avons une population qui est majoritairement issue de la classe moyenne. Peut-être qu’on pourrait avoir un endroit où acheter des vêtements de seconde main, des choses plus spécifiques aux besoins de notre communauté, fait-elle savoir.

La diversification de l’offre d’une coopérative est impérative à son succès, selon l’ancien trésorier de l’Épicerie coopérative de Moonbeam, André Filion.

L’établissement a été créé en 2012 pour prendre la relève de l’Épicerie Léonard qui battait de l’aile. Au terme de sa première année d’existence, le chiffre d’affaires est toutefois resté inchangé, à la valeur de 1,2 million de dollars, malgré le fait que la coopérative avait recruté 500 membres.

L’expansion des départements de viandes et de fruits et légumes a eu pour effet d’accroître les ventes de près de 150 000 dollars en une année.

Le monde s’attendait à un changement et nous, on n’avait pas pensé à ça. Créer une coopérative prend une nouvelle vision et le support des membres de la communauté à 100 %.

André Filion, ancien trésorier de l’Épicerie coopérative de Moonbeam
Vue extérieure de l'Épicerie coopérative à Moonbeam.

L’Épicerie coopérative de Moonbeam est au nombre des quelque 200 coopératives qui ont été formées dans le Nord de l’Ontario.

Photo : Radio-Canada / Martine Laberge

Mme Wittmaack compte miser sur les avantages économiques du modèle coopératif pour stimuler le soutien des habitants d'Earlton.

Il s'agira de leur faire comprendre que c'est un modèle d'affaires et que le succès du commerce veut dire qu'ils obtiendront plus d'argent dans leur poche également, conclut-elle.

Les autres membres du comité d'action sont :

  • Samara Cull - vice-présidente
  • Melissa Cliche - secrétaire
  • Maryse Reinhardt - trésorière
  • Jean-Marc Boileau
  • Daniel Dallaire
  • Josée Gauthier
  • Luc Grzela
  • Lesha Lalonde
  • Mathieu Rivard
  • Reynald Rivard
  • Gen Skelling

Les membres du comité recevront une formation en gestion de projets et se réuniront deux fois le mois.

Nord de l'Ontario

Économie