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Pierre américaine pour la Citadelle : Labeaume dénonce l'inaction d'Ottawa

Le maire Régis Labeaume

Le maire Régis Labeaume

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

« Qu'il fasse sa job! » Régis Labeaume ne se montre pas tendre à l'égard du ministre fédéral Jean-Yves-Duclos. Le maire de Québec lui reproche son inaction au moment où la Citadelle de Québec est sur le point d'être rénovée avec une pierre autre que celle d'origine.

Un texte de Maxime Corneau

Lors d'une conférence de presse, lundi matin, Régis Labeaume a pesté contre le projet de la Défense nationale d'utiliser une pierre américaine pour restaurer la Citadelle, alors que la pierre d'origine est disponible de l'autre côté du fleuve, dans une carrière de Lévis.

Le maire souhaite que Jean-Yves Duclos interpelle le ministère de la Défense pour qu’il révise sa décision pour ce contrat estimé à 16,5 millions de dollars.

Régis Labeaume remet sérieusement en question le processus d’appel d’offres qui s’est soldé par l’octroi du contrat à un soumissionnaire qui n’utilise pas la pierre d’origine, le grès vert de Sillery, mais plutôt la Pennsylvania bluestone.

Cette dernière, de l’avis de plusieurs experts, ne respecte ni le caractère patrimonial ni les caractéristiques physiques inscrites au devis d’appel d’offres.

« On se demande comment on peut en arriver à un résultat comme ça. C’est assez incroyable », s'étonne Régis Labeaume.

Il y a un producteur qui produit le genre de pierre dont ils ont besoin pour respecter, puis ils réussissent à aller en chercher une autre aux États-Unis.

Régis Labeaume, maire de Québec
Le Bastion du roi de la Citadelle de Québec a été construit à l'époque avec du grès vert de Sillery. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Bastion du roi de la Citadelle de Québec a été construit à l'époque avec du Grès vert de Sillery.

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Le maire remet toutefois en question le fait que le fournisseur de cette pierre, l’entreprise Ansa, de Lévis, soit la seule source de ce type de pierre patrimoniale.

Il se demande si cette exclusivité ne crée pas une situation de monopole susceptible de causer une hausse de prix.

Or, le soumissionnaire arrivé deuxième dans l’appel d’offres avait un prix 3 % supérieur à celui de son concurrent en utilisant le grès vert de Sillery de l’entreprise Ansa.

« Ça menace le bâtiment »

François Dufaux, professeur agrégé d’architecture à l’Université Laval, a sursauté à la lecture du dossier de Radio-Canada. Selon lui, en utilisant un matériau qui n’est pas celui d’origine, la Défense menace l’intégrité du bâtiment.

« C’est très dangereux de remplacer un matériau par un autre. Vous créez une réaction chimique qui est très imprévisible […] Souvent, on a rénové comme ça en ne faisant pas attention au mortier et aux pierres, puis les murs ont éclaté quelques années plus tard », explique l’architecte.

Selon lui, la Défense fait preuve d'un manque de respect envers le caractère historique du bâtiment. « La Défense canadienne est plus préoccupée par d’autres enjeux que par la gestion de son patrimoine historique », déplore-t-il.

L’architecte se demande d’ailleurs quels sont les enjeux qui ont guidé leur décision. « À qui profite cette décision-là? Ce n’est pas clair. Ce n’est pas vraiment une question d’argent parce que les différences d’argent entre les soumissions sont marginales. À qui ça bénéficie? » s'interroge-t-il.

Le ministre fédéral responsable de Québec, Jean-Yves Duclos, a réagi en après-midi, lundi.

« Je suis interpellé par ce qui se passe effectivement. Et je vais en parler avec mon collègue de la Défense nationale. Des informations plus claires sont de toute évidence nécessaires », a déclaré Jean-Yves Duclos.

La Défense nationale maintient pour sa part que la pierre choisie « rencontre toutes les exigences du contrat ».

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