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Des problèmes pour les élèves témoins de violence, comme pour les victimes

Des étudiants du secondaire marchent dans un corridor d'école.

Des étudiants

Photo : iStock

Radio-Canada

Le fait d'être témoin de violence à l'école à l'âge de 13 ans a le même impact que d'en faire l'expérience directe, montre une étude québécoise.

Dans leurs travaux, le Pr Michel Janosz et son équipe de l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal ont analysé une cohorte de près de 4000 élèves québécois suivis tout au long de leurs études secondaires.

Les chercheurs ont testé la relation entre le fait d’être témoin de violence à l’école en deuxième secondaire et les comportements antisociaux tels que la consommation de drogues, la délinquance, la détresse émotionnelle (anxiété sociale, symptômes dépressifs) et le fonctionnement scolaire (rendement scolaire, engagement) en quatrième secondaire.

Ils ont aussi examiné l’effet de différentes formes de violence dont les élèves peuvent être témoins, et ils les ont comparées avec le fait d’être directement victimes de violence.

Le saviez-vous?

En 2012, le gouvernement du Québec adoptait la Loi visant à combattre l'intimidation et la violence à l'école. En vertu de celle-ci, tous les établissements d'enseignement, publics comme privés, ont notamment été tenus d'adopter un plan de lutte contre l'intimidation et la violence.

Résultats

  • Être témoin de violences graves (agressions physiques, port d’arme) est associé à une augmentation, deux ans plus tard, de la consommation de drogues et de la délinquance.
  • L’effet est semblable pour la violence cachée ou voilée (vol et vandalisme).
  • Être témoin de violences mineures (menaces et insultes) donne lieu à une augmentation de la consommation de drogues, de l’anxiété sociale et des symptômes dépressifs, et une diminution de l’engagement et de la participation à l’école.

D’autres recherches avaient montré que les adolescents témoins de violence sont à risque de vivre des séquelles psychologiques ou scolaires. Cependant, ces études ne permettaient pas d'exclure la possibilité que ces élèves aient peut-être déjà des problèmes de la sorte avant d’être témoins de violence.

Cela fait une grande différence en termes de rigueur scientifique. Il y avait moins d’interférences [dans la présente étude] associées à des variables confondantes ou d’autres explications plausibles. En outre, nous étions capables de faire un suivi auprès des élèves quelques années plus tard, un avantage énorme.

Pr Michel Janosz

Selon la Pre Linda Pagani, de l’École de psychoéducation et coauteure de l’étude, ces nouvelles données comportent deux messages importants à retenir.

Premièrement, être témoin de violence à l’école en deuxième secondaire est annonciateur de difficultés scolaires et psychosociales en quatrième secondaire. Deuxièmement, les conséquences vécues par ces témoins sont très analogues à celles vécues par les élèves qui sont victimes de violence directe.

Pre Linda Pagani

Faire face à la violence

Les auteurs de l’étude affirment que la plupart des élèves ont déclaré avoir été témoins de violence, à différents niveaux. Ils notent aussi que des relations familiales et sociales solides représentent des ressources importantes pour faciliter des stratégies d’adaptation chez les élèves exposés à des événements qui entraînent des dommages psychologiques ou physiques.

Des liens qui permettent aussi de prévenir une désensibilisation émotionnelle à la violence, un élément susceptible d’engendrer des comportements agressifs chez les jeunes.

Il est évident que les approches en matière de prévention et d’intervention devraient inclure les témoins aussi bien que les victimes et les agresseurs.

Pr Michel Janosz

De l'importance d'en parler

Le Pr Janosz explique que ces travaux montrent toute l'importance des programmes d’intervention qui encouragent le souci et le respect des autres.

Les écoles doivent amener les élèves témoins de violence dans leurs murs à réagir et à ne pas se sentir impuissants devant de telles situations.

Pr Michel Janosz

« Non seulement le fait de se taire peut s’avérer néfaste pour l’élève lui-même, mais, de plus, cette attitude risque d’encourager les agresseurs », poursuit le Pr Janosz.

Le détail de ces travaux est publié dans le Journal of Epidemiology and Community Health (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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