•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Gestion de l’offre et ALENA : une épreuve pour la solidarité du monde agricole

Des vaches laitières à la ferme Oscar Daigle et Fils, au Nouveau-Brunswick.
En 2016, l'Alberta comptait 784 fermes produisant du lait, des oeufs ou de la volaille. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Pendant que se poursuivent de difficiles négociations entre le Canada, les États-Unis et le Mexique en vue de la renégociation de l'ALENA, les éleveurs de vaches à lait et les producteurs de blé craignent tous deux d'être sacrifiés au profit d'un autre secteur de l'industrie agricole.

Le président de Alberta Cattle Feeders Association, Bryan Walton, affirme ne pas vouloir créer de rivalité entre les agriculteurs. Il croit tout de même qu’il est essentiel de défendre les intérêts des producteurs canadiens de boeuf, dont la majorité est en Alberta.

Comme de nombreux acteurs du monde agricole, il regarde avec anxiété le déroulement du bras de fer qui oppose la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, à ses homologues américain et mexicain.

Au coeur du blocage se trouve le système de gestion de l’offre, qui encadre les niveaux de production et les prix de la volaille, des oeufs et de certains produits laitiers, dont le lait. Pour être efficace, la gestion de l’offre doit également considérablement limiter les importations de ces produits.

Le président américain, Donald Trump, n’a pas caché son désir de voir ce système aboli. Il menace d’exclure le Canada du nouvel accord s’il n’est pas abandonné.

Devant la volonté du gouvernement Trudeau de ne pas céder sur la question de la gestion de l’offre, les agriculteurs dont la production n’est pas réglementée craignent de devoir faire eux-mêmes des concessions afin de protéger les secteurs du lait, des oeufs et de la volaille.

« La gestion de l’offre a ses partisans et ses opposants. Nous nous situons au milieu, affirme Bryan Walton. C’est lorsque la gestion de l’offre empêche la signature d’accords de libre-échange que ça devient un problème. »

De gros et de petits joueurs

L’industrie du boeuf dépend largement des exportations vers les États-Unis, dont la valeur s’élevait à 1,7 milliard de dollars en 2017. Elle est aussi beaucoup plus importante en Alberta que celles encadrées par la gestion de l’offre. En 2016, la province comptait 784 fermes produisant du lait, des oeufs ou de la volaille. C’est bien moins que les 2984 fermes de blé et les 12 282 fermes d’élevage de boeuf.

Cela ne calme toutefois en rien les craintes de Jason Blair, qui préside l’Association des producteurs de poulet de l’Alberta. « Notre mode de vie et nos fermes sont en jeu, dit-il. Je ne veux pas être inutilement mélodramatique, mais c’est la réalité. »

« Tous les producteurs encadrés par la gestion de l’offre sont concernés », ajoute Susan Schafers, de l’Association des producteurs d’oeufs de l’Alberta.

Des poules en hiver.Des poules Photo : iStock

Au total, l’industrie agroalimentaire albertaine a exporté l'équivalent de 11,2 milliards de dollars en produits l’an dernier.

« Il est donc primordial de préserver les secteurs qui dépendent des marchés internationaux », affirme Tom Steve, qui dirige la Commission albertaine du blé. Selon lui, des concessions semblables à celles qui ont été faites dans le cadre de l'Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne représenteraient une bonne solution de compromis. Cet accord avait permis l’entrée au Canada de plus de fromages européens.

« Les secteurs encadrés par la gestion de l’offre représentent un petit pourcentage de l’industrie dans l’Ouest, ajoute Tom Steve. L’accès aux marchés internationaux est donc la voie du succès pour nous. »

Colère chez des producteurs

« Les producteurs de boeuf sont furieux en ce moment parce que, si l’ALENA implose, ils pourraient perdre une part importante de leur accès au marché américain », affirme pour sa part la présidente de la Canada West Foundation, Martha Hall Findlay. L’organisme milite depuis plusieurs années pour l’abolition de la gestion de l’offre.

« Ils ne sont pas contents de voir cela se produire en raison du soutien des politiciens à leurs collègues producteurs de lait », ajoute-t-elle.

Avec les informations de Bryan Labby, CBC News

Alberta

Agro-industrie