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Sans école pour la rentrée, des élèves autochtones font pression sur Ottawa

Des enfants tiennent des écriteaux en carton réclamant une nouvelle école.
Ces enfants ne peuvent pas aller à l'école depuis la rentrée puisque les classes modulaires sont trop insalubres. Photo: Charlie Angus

Des élèves de la Première Nation de Kashechewan étaient sur la colline du Parlement lundi pour tenter de convaincre le gouvernement fédéral de reconstruire leur école élémentaire.

La rentrée à Kashechewan a dû être reportée en raison des conditions sanitaires des classes modulaires de l’école élémentaire. Les fondations des structures seraient moisies et détériorées par endroits.

En attendant, les 400 élèves commenceront leurs classes la semaine prochaine à l’école secondaire. Celle-ci accueille déjà 200 adolescents dans 12 salles de classe. Six cents élèves devront dorénavant se partager ces lieux.

Le chef de la communauté, Leo Friday, a rencontré lundi plusieurs officiels du gouvernement, y compris la ministre des Services aux Autochtones, Jane Philpott.

Il réclame une nouvelle école, mais croit qu’une solution temporaire pourrait fonctionner pour l’automne. De nouvelles fondations pourraient être creusées la saison prochaine, à temps pour une rentrée en hiver, selon lui.

Toutefois, il faudra pour cela que Services aux Autochtones Canada se mobilise rapidement, dit-il.

C’est possible s’ils y travaillent très fort. Ça devrait être traité comme une urgence, car c’est une urgence.

Leo Friday, chef de la Première Nation de Kashechewan

La ministre Philpott s'est adressée à la foule sur la colline du Parlement lundi après-midi, sous les cris des protestataires.

Nous avons établi une solution temporaire pour cette année scolaire. Je vais faire tout en mon pouvoir pour m’assurer que votre communauté soit construite de la façon dont vous voulez qu’elle soit construite. Si vous voulez déménager votre communauté, je vais faire tout en mon pouvoir pour que cela arrive le plus rapidement possible, a-t-elle affirmé.

Le chef de la Première Nation de Kashechewan, Leo FridayLe chef de la Première Nation de Kashechewan, Leo Friday Photo : Radio-Canada / Joël Ashak

Le chef espère qu’il n’aura pas à faire pression sur le gouvernement aussi longtemps que la Première Nation d’Attawapiskat. Celle-ci a dû patienter près d’une quinzaine d’années avant d’obtenir une nouvelle école élémentaire en 2014.

Je ne veux pas attendre longtemps, car nous attendons déjà depuis longtemps d’être réinstallés et le gouvernement ne veut pas mettre d’argent dans la communauté en raison de la zone d’inondation , dit le chef Friday.

Une réinstallation qui se fait attendre

Le chef Leo Friday compte également aborder la question de l’emplacement de sa communauté lors des rencontres ministérielles. Des centaines de résidents doivent être évacués d’urgence chaque année à cause des crues printanières de la rivière Albany.

Le gouvernement libéral de Paul Martin avait accepté en 2006 de déménager la communauté un peu plus loin le long de la rivière, mais ce plan a été rejeté lorsque les conservateurs de Stephen Harper sont arrivés au pouvoir.

Le dessin d'un enfant de Kashechewan sur lequel est écrit : « We want to move to higher grounds! » (Nous voulons déménager sur des terres plus élevées NDLR)La communauté demande de pouvoir déménager dans un lieu qui reste au sec. Photo : Radio-Canada

Le gouvernement de Justin Trudeau a signé l’année dernière avec Kashechewan une entente incluant la possibilité de déménager la communauté vers des terres plus hautes.

Mais les travaux n’avancent pas vite, selon le chef. Le gouvernement a lancé une étude sur la compatibilité de l'emplacement proposé, connu comme le « site 5 », mentionne-t-il. L’étude doit être terminée en septembre.

En conférence de presse lundi, le député néo-démocrate de Timmins-Baie James, Charlie Angus, a dénoncé l'inaction du gouvernement.

Quel pays regarde le désespoir des enfants et ne fait rien? Nous sommes ici pour déclarer que les bonnes paroles de Justin Trudeau ne suffisent pas, c’est nécessaire de mettre en place un plan pour la relocalisation et pour l’avenir des enfants de Kashechewan , a-t-il dit.

Avec les renseignements de CBC

Nord de l'Ontario

Autochtones