•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les cinq élus dissidents du Bloc québécois rentrent au bercail

Le chef intérimaire du Bloc québécois, Mario Beaulieu

Le chef intérimaire du Bloc québécois, Mario Beaulieu

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le Bloc québécois pourra finalement compter sur 10 élus pour sa rentrée parlementaire. Les cinq députés dissidents, qui avaient un temps envisagé l'option de fonder leur propre parti, Québec debout, ont finalement décidé de revenir vers leurs ex-collègues.

Le chef intérimaire du Bloc québécois, Mario Beaulieu, en a fait l'annonce lundi matin en conférence de presse aux côtés du cofondateur du parti, Louis Plamondon, qui faisait lui-même partie des dissidents.

Les députés Gabriel Ste-Marie, Luc Thériault, Rhéal Fortin, Louis Plamondon et Monique Pauzé, qui avaient claqué la porte en février, ont finalement accepté de revenir au terme de plusieurs semaines de pourparlers avec les instances du parti, ce qui est venu mettre fin à un conflit qui secouait le Bloc depuis près d'un an.

Le retour de ces cinq députés implique divers changements dans les hautes instances de la formation, à commencer par la succession de Mario Beaulieu qui occupe la direction du parti par intérim. Ce dernier sera en poste jusqu’en mars prochain, date à laquelle les membres choisiront un autre chef qui mènera le Bloc jusqu’à l’élection fédérale de 2019.

Les fonctions de leader parlementaire en Chambre seront quant à elles désormais assumées par Luc Thériault, alors que Simon Marcil hérite des fonctions de whip (responsable de la discipline au sein du caucus des députés).

Louis Plamondon reprend les commandes du caucus

Le doyen du Bloc québécois, le député de Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon

Le doyen du Bloc québécois, le député de Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon,

Photo : Radio-Canada

Les députés bloquistes ont également convenu de confier à nouveau la présidence de leur caucus au député Louis Plamondon, figure de proue des dissidents et doyen des députés du Bloc.

Xavier Barsalou-Duval aura quant à lui pour mission de représenter le caucus au bureau national du parti.

Visiblement heureux de retrouver ses anciens collègues, Louis Plamondon a salué les efforts de Mario Beaulieu et des membres du Bloc qui ont « créé des circonstances dans lesquelles le dialogue a de nouveau été possible ».

« Nous demeurons convaincus que les Québécois méritent que leurs élus fassent front commun devant un gouvernement fédéral déconnecté de nos priorités », a ajouté Louis Plamondon.

Nous avons reçu tous les signaux indiquant que nous pouvons et que nous pourrons à nouveau le faire ensemble au Bloc dans la discussion et l’ouverture.

Louis Plamondon, député bloquiste de Bécancour-Nicolet-Saurel

L'épisode Ouellet se referme

Reconnaissant avoir connu une année très difficile, Mario Beaulieu a salué l'unité restaurée de son parti qui pourra ainsi continuer de servir les intérêts du Québec à Ottawa.

« Est-ce qu'on est mieux de servir le Québec unis ou divisés? Poser la question, c'est y répondre », a déclaré Mario Beaulieu avant d'annoncer officiellement « la réunification du Bloc québécois ».

Après des mois de tensions entre Martine Ouellet, alors chef du Bloc, et la majorité des élus bloquistes, la crise avait éclaté en février dernier avec le départ de 7 des 10 députés du caucus, dénonçant publiquement l’intransigeance de leur chef.

Le 9 mai, ces députés, qui continuaient à siéger aux Communes à titre d'indépendants, s’étaient rassemblés pour fonder un nouveau parti souverainiste baptisé Québec debout.

Une femme en conférence de presse.

Après avoir perdu son vote de confiance, Martine Ouellet quittera ses fonctions de chef du Bloc québécois le 11 juin prochain.

Photo : Radio-Canada

Pendant ce temps, la situation n’avait cessé de se détériorer au Bloc québécois. En juin, Martine Ouellet, contrainte de se soumettre à un vote de confiance, n'avait réussi à récolter que 32 % d’appuis auprès des membres du parti.

La chef bloquiste avait alors accepté de quitter ses fonctions, non sans régler ses comptes, lors d'une conférence de presse, avec les députés démissionnaires, mais également avec le président de la formation, Mario Beaulieu, un des seuls élus à être restés au Bloc durant la crise et qu'elle accusait d’avoir délibérément torpillé son leadership.

Peu de temps après son départ, les députés Michel Boudrias (Terrebonne) et Simon Marcil (Mirabel) annonçaient qu’ils réintégraient les rangs du Bloc québécois.

Les cinq députés restants avaient quant à eux décidé de demeurer en marge du Bloc et de poursuivre la mise sur pied de leur nouveau parti, Québec debout.

Dans un ultime effort pour rapatrier les cinq dissidents, le président du Bloc, Mario Beaulieu, a cédé sa place à Yves Perron, qui avait mené la fronde contre Martine Ouellet au sein du parti. Ce dernier a négocié pendant des semaines avec les cinq députés en vue d’un retour au bercail.

En août, les instances du Bloc avaient également proposé un projet de refondation du parti pour faciliter le retour de la moitié manquante de ses députés.

Lisée satisfait de la situation

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, s’est dit heureux du dénouement de la crise au sein du Bloc. « Pour moi, aujourd’hui, c’est une très, très belle journée », a déclaré M. Lisée lors d’une annonce faite devant la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).

« Le fait que l’unité des indépendantistes à Ottawa se fasse aujourd’hui, c’est un signe supplémentaire, je pense, dans l’élan que reprend le mouvement indépendantiste au Québec », a-t-il poursuivi.

Le chef du PQ n’a pas caché qu’il avait eu un rôle à jouer dans la réunification du Bloc.

« J’ai été en contact avec les deux groupes dans les dernières semaines, a-t-il dit. Évidemment, le Bloc est indépendant, mais […] évidemment, ce serait très positif que les indépendantistes à Ottawa ne parlent que d’une seule voix. »

L'aile jeunesse du Bloc prête à repartir sur de nouvelles bases

Le Forum jeunesse du Bloc québécois (FJBQ) s’est également réjoui de la réunification du parti et du retour de l’ensemble des députés souverainistes à Ottawa sous la bannière bloquiste.

« Alors que les conservateurs et les néo-démocrates connaissent des divisions, le Bloc québécois, lui, choisit le rassemblement et le renouveau. Les jeunes du Bloc québécois voient dans cette nouvelle le début d’une nouvelle époque pour notre parti », a déclaré la présidente du FJBQ, Camille Goyette-Gingras, dans un communiqué.

L’aile jeunesse du parti, qui reconnaît par ailleurs « avoir été dure à l’égard des démissionnaires » lorsqu’ils ont quitté la formation, espère maintenant « repartir sur de nouvelles bases » avec ces derniers.

Avec les informations de La Presse canadienne

Politique fédérale

Politique