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True North pourrait s’éviter l’obligation d’offrir du logement abordable

Deux hommes en vêtements de construction observent par la fenêtre le squelette d'un gratte-ciel.

Le projet immobilier True North Square comprendra des immeubles résidentiels, des bureaux et une place publique.

Photo : Radio-Canada / Gary Solilak

Radio-Canada

Différents groupes s'insurgent contre l'idée d'exempter deux tours d'habitations du True North Square de l'obligation d'inclure du logement abordable.

L’une des propositions qui seront débattues jeudi au conseil municipal libérerait les entreprises Northland Properties et True North Real Estate Development de l’obligation, liée à des incitatifs municipaux et provinciaux, d’accorder 10 % de leurs nouveaux appartements au logement abordable.

Cette mesure fait partie d’un plan qui apporterait plusieurs changements à l’aide financière apportée au projet immobilier de 400 millions de dollars comprenant 4 immeubles et 1 place publique couvrant deux parcelles de terrain au sud de l’avenue Graham.

Le plan a été approuvé à l’unanimité la semaine dernière par le comité exécutif de ville et n’attend plus que l’assentiment du conseil municipal.

« Un précédent », au mauvais moment

Le moment est toutefois mal choisi, selon la présidente du groupe de travail provincial de la coalition Right to Housing, Kristen Bernas.

Elle déplore cette nouvelle perte potentielle des locataires, qui survient quelques mois après que Manitoba Housing ait vendu un gratte-ciel de 373 logements du centre-ville à une entreprise immobilière.

La professeure associée en études urbaines à l’Université de Winnipeg et membre de la coalition Right to Housing, Shauna MacKinnon, dénonce, quant à elle, la non-application du règlement.

« Ça crée un précédent… À quoi ça sert d’avoir des règles quand c’est aussi facile de les contourner? », se demande-t-elle.

Selon les règles en vigueur, les locataires de la partie du projet considérée comme logement abordable devraient payer un loyer mensuel égal ou inférieur au loyer médian du marché. Cette obligation est assortie de crédits d’impôt.

Quant à savoir s’il s’agit bien d’un précédent, le maire de Winnipeg, Brian Bowman, se montre évasif. Questionné par les journalistes mercredi dernier, il a refusé de dire s’il accepterait de surseoir à l’obligation d’inclure du logement abordable pour de prochains projets immobiliers au centre-ville.

Qui doit payer?

La question des crédits d’impôts ou de taxes fait sourciller la Fédération canadienne des contribuables, qui n’hésite pas à qualifier les mesures « d’aide sociale corporative ».

Selon son directeur pour les prairies, Todd MacKay, « les contribuables ne devraient pas remplir les poches » d’entreprises comme True North sous prétexte que leur projet est bon pour le centre-ville de Winnipeg.

Il se demande « qui paiera pour la police, les routes et tout le reste », alors que les promoteurs immobiliers ne paient aucune taxe.

Un projet avancé

True North Real Estate Development, une entreprise appartenant aux propriétaires des Jets de Winnipeg, et son associée, l’entreprise Northland Properties ont déjà pratiquement terminé la construction de deux des tours du projet.

La première est un immeuble résidentiel de 25 étages, alors que les 17 étages de la seconde seront occupés par des bureaux. La place publique à l’est de la rue Carlton doit ouvrir le 27 septembre.

Avec les informations d’Austin Grabish et Bartley Kives

Manitoba

Immobilier