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Allégation d’agression sexuelle : l’accusatrice du juge Kavanaugh dévoile son identité

Brett Kavanaugh devant le comité judiciaire du Sénat.
Depuis sa publication mercredi, une lettre anonyme incriminant le candidat au poste de juge de la Cour suprême des États-Unis Brett Kavanaugh sème le trouble à la Maison-Blanche. Photo: Reuters / Chris Wattie

La femme derrière la lettre anonyme qui accuse le candidat à la Cour suprême américaine Brett Kavanaugh d'agression sexuelle a décidé de lever le voile sur son identité. En entrevue avec le Washington Post dimanche, Christine Blasey Ford, une Californienne de 51 ans, a fourni de nouveaux détails sur cette « tentative de viol », qui aurait eu lieu dans les années 1980.

Christine Blasey Ford est chercheuse en psychologie de l'Université Palo Alto. En juillet dernier, la quinquagénaire a fait parvenir une lettre confidentielle à un membre démocrate du Sénat alléguant que le juge Brett Kavanaugh, qui figure sur la liste des candidats au poste de juge de la Cour suprême des États-Unis, avait abusé d’elle lorsqu'elle était au secondaire dans le Maryland.

Nommé quelques semaines plus tard par Donald Trump, M. Kavanaugh est en attente de l’approbation de cette nomination par le Sénat.

La lettre de Christine Blasey Ford rendue publique mercredi, sans son nom ni son consentement, a causé des remous au sein du Sénat.

Les démocrates, qui dénonçaient déjà cette candidature controversée en raison des positions antiavortement de Kavanaugh, ont demandé le report de sa nomination. De son côté, le juge n’a pas tardé à nier catégoriquement ces accusations lors de déclarations faites par l'intermédiaire de la Maison-Blanche.

Dans ce contexte trouble, Christine Blasey Ford a accepté de sortir de l’anonymat et de raconter son histoire.

« J'ai pensé qu'il pourrait me tuer par inadvertance »

S'exprimant publiquement pour la première fois, la psychologue a raconté au Washington Post qu'un été au début des années 1980, « Kavanaugh et un ami, tous deux en état d'ébriété, » l'ont conduite dans une chambre à coucher lors d’un rassemblement d'adolescents dans une maison du comté de Montgomery.

Tandis que son ami la regardait, le jeune Kavanaugh l'a plaquée sur le lit et l’a immobilisée sur le dos, raconte-t-elle. Il l'aurait ensuite pelotée et aurait frotté son corps contre le sien en essayant d'arracher le maillot de bain une pièce qu'elle portait en dessous de ses vêtements. Lorsqu'elle a essayé de crier, dit-elle, il lui a mis la main sur la bouche.

« J'ai pensé qu'il pourrait me tuer par inadvertance, a-t-elle déclaré au journal américain. Il essayait de m'agresser et d'enlever mes vêtements. »

Elle explique ensuite qu’elle a réussi à s'échapper lorsque deux camarades de classe de Kavanaugh ont sauté sur eux. Elle a ensuite fui la chambre, s'est enfermée brièvement dans une salle de bain et s’est enfuie de la maison.

Christine Blasey Ford n’avait pas raconté cette histoire avant 2012, année où elle a suivi une thérapie de couple. Les notes de la thérapeute, dont certains passages ont été fournis par sa patiente et revus par le Washington Post, mentionnent effectivement « une tentative de viol » et indiquent qu'elle a été attaquée par des étudiants « d'une école élitiste de garçons », qui sont devenus « des membres très respectés et haut placés de la société à Washington ».

La pression monte au Sénat

Ces nouvelles révélations devraient intensifier la pression des démocrates pour retarder le vote de confirmation du juge Kavanaugh au Sénat, rapporte le New York Times.

Si le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, a déclaré que les républicains iraient de l'avant avec la nomination et qu'il aimerait une confirmation dès le 1er octobre, le chef démocrate du Sénat Chuck Schumer a quant à lui demandé à ce que le vote soit reporté « jusqu'à ce que la lumière soit faite sur ces allégations graves et crédibles ».

La sénatrice démocrate Dianne Feinstein a également demandé dimanche au Sénat de donner au FBI le temps d'enquêter, et a déclaré qu'elle appuyait la décision de Mme Ford de partager son histoire.

Par ailleurs, un porte-parole du président du Comité sénatorial de la magistrature a mentionné au Washington Post l’aspect « troublant et non corroboré de ces allégations, remontant à plus de 35 ans et refaisant surface à la veille d'un vote en comité ».

Par l'intermédiaire d'un porte-parole de la Maison-Blanche, l'intéressé a refusé de commenter davantage l'allégation de Mme Ford et n'a pas répondu aux questions des journalistes à savoir s'il connaissait son accusatrice au secondaire. La Maison-Blanche n'avait pas non plus de commentaires à faire, selon le New York Times.

Un vote en péril?

Le sénateur républicain Jeff Flake a indiqué dimanche qu'il « n'était pas à l'aise » avec l'idée de voter en faveur de M. Kavanaugh avant d'obtenir plus de détails sur ces allégations.

Dans des entrevues accordées dimanche à Politico et au Washington Post, M. Flake a affirmé que le comité sénatorial, très étroitement divisé entre démocrates et républicains, devait entendre le témoignage de Mme Ford avant de se prononcer.

M. Flake est l'un des 11 républicains siégeant à ce comité, qui doit voter jeudi sur le renvoi, ou non, de la candidature de M. Kavanaugh à l'ensemble du Sénat.

La perspective de l'octroi d'un feu vert à cette candidature est toutefois potentiellement remise en question sans l'appui de M. Flake, puisque les 10 démocrates qui siègent au comité s'opposent à la nomination du juge Kavanaugh.

Avec les informations de New York Times, et Washington Post

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