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Des solutions pour améliorer la sécurité sur l'A-50

La photo prise d'un viaduc montre les deux voies de l'autoroute et des bretelles d'accès et de sortie.
L'autoroute 50 à la hauteur de Thurso, en Outaouais. Photo: Radio-Canada / Christian Milette
Radio-Canada

En attendant que les diverses promesses de dédoublement des voies de l'autoroute 50 dans la région se concrétisent, certains experts affirment que des moyens à court terme pourraient améliorer la sécurité du tronçon qui ne comporte qu'une voie dans chaque direction.

Le ministère des Transports du Québec prétend avoir tout fait pour sécuriser l'autoroute 50, notamment en ajoutant des lampadaires et plus de signalisation. Or, il pourrait faire mieux pour éviter des face à face, selon l’ingénieur Érick Abraham, de l’École polytechnique de Montréal. Il suggère l'installation de murets de béton entre les deux voies opposées.

On pourrait utiliser les barrières de type ''Jersey''. Ce sont des gros blocs de béton qui peuvent être emboîtés les uns dans les autres. Alors si un véhicule va pour traverser vers les voies opposées, il va percuter la barrière et être redirigé vers sa voie, a-t-il fait valoir.

Le député sortant de Papineau, Alexandre Iracà, est sceptique. Ce qui pourrait être plus dangereux, selon lui, serait d'installer des murets et de garder la même limite de vitesse. Les gens pourraient frapper le muret. Le muret se tasse et pourrait provoquer d'autres accidents encore plus dommageables, selon lui.

Un homme en entrevue en bordure d'une autoroute.Érick Abraham, de l’École polytechnique de Montréal, devant une barrière de béton Photo : Radio-Canada

Or, pour Érick Abraham, les murets pourraient tout de même éviter d’aggraver certains accidents. C'est sûr que si vous avez un véhicule lourd, un camion de 53 pieds, qui décide de le frapper, oui, les barrières vont se déplacer. Mais ça va quand même éviter que le camion aille dans la voie opposée et percute une automobile, explique l’ingénieur.

L’ingénieur est d'avis que les murets occuperaient à peine plus d'espace que les bandes rugueuses actuelles. Peut-être faudrait-il aussi réduire la taille de l'accotement, selon lui.

S'inspirer de l'Europe

Pour Ilham Benyahia, professeure au Département d’informatique et d’ingénierie de l’Université du Québec en Outaouais, l'idée, c'est d’avoir une infrastructure qui interagit avec les conducteurs.

On pourrait également miser sur un système de transport intelligent, un peu à l'image de ce que l'on retrouve aux abords des chantiers. Une infrastructure numérique permanente, afin de rendre la vitesse permise variable, comme ça existe en Europe, explique-t-elle.

C’est en évaluant en temps réel la densité de voitures sur un tronçon ainsi que les conditions météorologiques que le ministère pourrait ajuster la limite de vitesse, selon elle.

Mesures temporaires adéquates

Le ministère rétorque que les mesures temporaires adoptées à certains endroits le long de l'autoroute 50 sont adéquates.

Selon Karine Sauvé, une porte-parole du ministère des Transports en Outaouais, il faut aussi comprendre que ce segment-là va être élargi et dans pas si longtemps. Alors temporairement, le ministère a jugé que c'était suffisant pour ce secteur-là.

Une autre solution est plutôt inhérente à la construction même des automobiles. Certains constructeurs installent à l'intérieur des pare-chocs des dispositifs qui ont pour effet d'éviter que les voitures ne s'emboîtent lors d'une collision frontale et plutôt qu'elles se repoussent.

Mais en attendant que tous les véhicules soient conçus ainsi, le facteur humain demeure l'élément clé. Rien ne remplace l'extrême prudence.

Avec les informations de Martin Robert

Ottawa-Gatineau

Réseau routier